@Ficanas84

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Archives : avril 2009

Dernier ajout : 1er avril 2009.

Paraît que c’est le furoncle en personne qui en a décidé ainsi : Johnny Halliday chantera sous la tour Eiffel pour le 14 juillet. Coût de l’opération pour le contribuable : 1 million d’euros dont la moitié pour l’aimable rockeur désintéressé. De quoi ravir les salariés de Continental et autres boites en cours de torpillage qui, eux, même en chantant en chœur, ne toucheront pas un kopeck de plus que leurs pauvres indemnités de chômage.

Tant qu’à faire chanter la momie du rock français derrière de gros barreaux de fer, j’aurais été plutôt partisan que ce soit dans « une cage à Medrano », comme le suggérait déjà Antoine dans les années Soixante. C’est vrai que les gesticulations si viriles du rockeur d’opérette m’ont toujours davantage fait songer à des numéros de cirque, assez médiocres dans l’ensemble, qu’à l’effrayante révolte d’un mauvais garçon. En cela, d’ailleurs, les deux font la paire. Sarko est bien pareil : que de la gueule et des postures mais rien de bien efficace. Mais il y a peu de chances que notre émigré Belgo-helvète, tant vénéré par Son Insignifiance le président Sarko 1er [1] le Petit, aille croupir dans les geôles de la République, malgré sa propension très ostensible à vouloir soustraire au fisc ses malheureux revenus. A se demander si le fameux « bouclier fiscal », dont le nabot est si fier, ne lui aurait pas été inspiré par le brillant esprit de not’ Johnny qui aurait pu, pour l’occasion, créer un chant révolutionnaire afin de fustiger la boulimie du Trésor français, tout en menaçant de fuir cette ingrate Mère Patrie qui le réduisait à la misère. Comme le dit désormais le nouveau riche Dany Boon, depuis que le bon peuple l’a fait millionnaire en transformant le plutôt banal « Bienvenue chez les Cht’is » en champion du box-office national : « 50 %, c’est bien suffisant ». C’est bien vrai, d’ailleurs : j’en connais plus d’un, à commencer par moi, qui ne verrait pas d’un si mauvais œil d’être imposé à 50 %. Ce serait déjà un signe encourageant que tout ne va pas si mal. Mais bon…

C’est dire si le choix du crooneur croulant, pour célébrer le souvenir et les vertus de la Révolution Française, a quelque chose d’émouvant et, pour tout dire, d’édifiant. Déjà, le nain des jardins élyséens n’a pas pris beaucoup de risques. En prend-il jamais, d’ailleurs ? L’affreux Jojo est une valeur sûre du chobize et il y aura toujours un bon petit nombre de benêts ravis de se faire enfler en allant écouter le grand copain du petit président. Succès garanti, donc. Avouons qu’il aurait été dommage de risquer le bide avec des chanteurs de la nouvelle génération. Ça, c’est de la politique culturelle !

En plus, Johnny, lui, il fait des « B.A » : il adopte des pauvres petits enfants de pauvres. C’est que ça coûte un œil, la générosité. C’est bien normal que l’État fasse preuve de la sienne à l’égard de ce grand nécessiteux. Car ça bouffe, un lardon affamé. Faut bien compter sur les 50 % qui restent et sur un bon coup de pouce du copain président, pour y arriver. Et puis ça plait au bon peuple, ça. Johnny, c’est un peu not’ Madonna à nous, en somme. Voilà de quoi faire oublier que l’ahuri du rock n’ roll yaourt a bâti sa fortune avec le pognon de ses fans. Qu’il paie des impôts à la mesure de ses gains et de sa fortune devient ainsi très secondaire. Faut pas faire chier Johnny avec ça, ok ?

Finalement, tout cela est bien dans l’air du temps de la Sarkosye : tape-à-l’œil, bling-bling et fait du prince ; la charité plutôt que la solidarité. Bref, c’est pas la crise pour tout le monde. Quant aux valeurs de la Révolution, on repassera. Encore une fois.

Notes

[1] et dernier

Chine superbe

mardi 21 avril 2009, par Marc Leblanc

Je ne résiste pas au plaisir de partager ce lien que la Rouquette m’a fait passer avec ce commentaire :

Ceci est une célèbre peinture chinoise peinte autour des années 1085-1145 durant la dynastie des Song du nord appelée "Le long de la rivière". Considérée comme un des grands trésors artistiques de la Chine.

L’original mesure 5,28 mètres de large sur 24,8 cm de haut !

Il y a un luxe de détails très fin. On n’ose imaginer le temps qu’il a fallu pour réaliser une telle œuvre.

… laissez le temps au fichier de se charger.

La position du curseur de la souris (à droite ou à gauche de l’écran) permet de se déplacer sur la la toile (vers la droite ou vers la gauche). Plus la souris est loin du centre et plus le déplacement est rapide.

Vous allez voir, dans la toile 3 carrés blancs. Cliquez sur un des carrés et vous ouvrez une petite vidéo d’animation sonore sur la vie sur le fleuve, la ville ou le palais. Il y a 3 miniatures sous la toile qui permettent d’aller directement sur chacun des carrés.

http://www.npm.gov.tw/exh96/orientation/flash_4/index.html

Tout simplement extraordinaire et… superbe !

Merci à la Rouquette pour ce cadeau magnifique.

Brunehilde

vendredi 24 avril 2009, par Marc Leblanc

C’est décidé et c’est définitif : ce sera BRUNEHILDE (à la française).

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Brunehilde 1

Et c’est vrai qu’elle est belle !

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Brunehilde 2

Y a des élections ou quoi ?

vendredi 24 avril 2009, par Marc Leblanc

L’actualité, la vraie, semble être bien calme ces derniers jours : pas le moindre battage médiatique sur « l’enlèvement » d’un enfant par un de ses parents, avec passage à tabac de l’autre, conférences de presse et tout ça. C’est d’un triste ! Être obligés de se peler la colère de ces salariés de Continental qui mettent à sac une pauvre sous-préfecture au motif que la justice les prend pour des zozos ! Comme si ça pouvait être le genre de la justice, ça !

Heureusement, les médias sont là pour immortaliser la scène. Ils attendaient que ça, on dirait. Des gens à bout, désespérés, c’est un beau sujet, bien sensationnel comme il faut. Ces salauds d’ouvriers qui pètent les plombs, inacceptable et scandaleux, forcément. Ça vous fait un beau débat bien philosophique comme on aime : « la violence peut-elle être légitime » ? Et tout ce beau monde de répondre la bouche en cul de poule : « Ah bé non, alors ! C’est trop pas beau ! »

Pour relever le niveau, on a cette pauvre MAM - dont l’existence médiatique est si souvent compromise par l’agité de l’Elysée - et le comique Fillon qui parlent de poursuites à l’encontre des « casseurs ». C’est qu’ils en sont bien capables, ces enfoirés. Envoyer au trou des prolos qui se font promener par ces si sympathiques et irréprochables patrons, ce ne serait que justice. Au moins, ça donnerait l’impression que l’ordre républicain règne dans notre beau pays. C’est vrai, depuis que les escrocs de la finance se paient notre tête en pompant le généreux argent public et sans même avoir été inquiétés, on se demandait s’il y avait encore des gens pour gouverner le pays. Ben voilà, on le sait. C’est plus facile d’envoyer la troupe contre les futurs chômeurs. Les bourges, eux, on leur fait juste les gros yeux, et encore ! Entre requins, on se bouffe pas le foie, quand même !

Et puis, ça fait oublier ce débat plombé sur le soi-disant retour de Vichy. Délit de solidarité, pensez un peu ! Comme si Besson, un ancien socialiste quand même, pouvait tremper dans un tel cloaque. C’est vrai que, nous autres, on avait pas bien compris combien tous ces immigrés clandestins, qui font rien qu’à venir chez nous pour profiter de nos largesses, sont dangereux. Alors Besson, il insiste bien : ce sont des délinquants, non mais ! Et il faut leur montrer qui c’est qui fait la loi, non mais !

Pour ça, on sait !

Alors, bien sûr, on fait des lois pour remplir le journal officiel et on dit qu’on va pas les appliquer. Faut dire qu’envoyer en taule un citoyen français (enfin, l’est-il vraiment ?) qui s’est un peu égaré en aidant un de ces salauds d’étrangers, c’est chaud. C’est juste histoire de leur faire peur, de les dissuader d’appliquer ces cons de principes humanistes qui empoisonnent les bien-pensants qui ont peur de tout. C’est vrai, quoi, la Sarkosye, c’est tout de même pas Vichy. Si ?

Et puis, comme on vit dans un monde de périls insoupçonnables et innombrables, le furoncle nous en remet une couche. Voire deux :

  • Désormais, il est interdit de manifester avec une cagoule. Pour l’instant, manifester n’est pas interdit mais si vous êtes pas sages, ça viendra. Alors, il nous dit « cagoule » mais on peut penser que ce sera plus large, comme définition. Y a pas de raison. Un col qui masque trop le visage, peut-être ? Des lunettes de soleil ? Après tout, c’est quoi ce besoin de manifester ? On n’est pas heureux en France ?
  • Désormais, interdit d’appartenir à une bande. Là aussi, ça va être coton à définir comme concept. Bon, on n’est pas si cons qu’on en a l’air : on sait bien que ça s’adresse aux jeunes pas très clairs des cités. Les petits bourges des grands lycées et autres grandes écoles qui font leurs charivaris, eux ne devraient rien risquer. Mais comme ça peut pas se dire comme ça, va falloir tourner la loi pour que la sagacité des flics chargés de la faire appliquer ne provoque pas de disjonction de leurs quelques neurones valides. Pas gagné !

La sarkosade habituelle, en somme. Tout de même, ça fait 7 ans que ce triste pitre nous fait le coup. Ben oui, 7 ans. C’était qui le ministre de l’Intérieur à la grande gueule et aux résultats piteux, sous Chichi, depuis 2002 ? Le mec qui a supprimé la police « socialiste » de proximité (pour vouloir la rétablir maintenant) et qui prétendait nettoyer les cités au Kärcher ? Hein, dites un peu…

C’est vrai, ça a marché puisqu’il a été élu (mais pas par moi, je le jure). Alors, il doit se dire que ça marchera encore. C’est pas forcément faux, malheureusement. C’est le seul moyen qu’il a, le pauvre, pour faire oublier son incompétence, sa vulgarité et son manque total d’envergure politique. Faut comprendre, donc. Et c’est aussi la seule rengaine qu’il sache entonner sans se prendre les pieds dans le tapis. Une rengaine bien droitière, tellement usée qu’on pourrait penser que les Français la connaissent pas cœur. Manque plus qu’un air de musette pour accompagner et ça ferait presque folklore. Sauf que c’est aussi lassant quand on connait la suite. Gesticulations et empilage de loi inutiles et liberticides.

Et inquiétant : notre insignifiant président veut traiter les victimes aussi bien que les délinquants. C’est pas rassurant. On va leur faire des fouilles à corps, à elles aussi ? Un doigt dans le cul et tout ça ? Bon, c’est vrai qu’il mélange un peu les genres mais, après tout, c’est aussi un autre moyen de faire baisser les statistiques de la délinquance.

Bref, ça doit aller vraiment mal pour Sarko et la droite. Si ça se trouve, pour le pays aussi. Alors, faut allumer des contre-feux et revenir aux fondamentaux.

Heureusement, on a Mââme Ségolène. Elle viendra de nouveau s’excuser des conneries sarkosyennes. Comme si on lui avait demandé quelque chose à la vouivre des marais ! Elle se prend pour qui, au juste ? Elle s’imagine qu’on est trop cons pour le voir venir l’autre ? Elle va s’immoler pour sauver l’âme de la France ? Tiens, c’est pas con, ça ! Ségo, immole-toi une bonne fois pour toutes et fiche-nous la paix. On a déjà assez du furoncle et de sa bande de débiles sans qu’il soit besoin d’y ajouter tes crétineries.

Adieu Macha...

dimanche 26 avril 2009, par Marc Leblanc

C’était à la fin des années 70 et au début des années 80. En ce temps-là, nous vivions en région parisienne [1] et chaque fois que nous le pouvions, nous rompions avec cet exil professionnel pour « redescendre » en Provence, retrouver la famille et les amis.

A l’époque, nous avions une 2CV4. Pour ne rien perdre de ce précieux temps de vacance, nous prenions la route en début de soirée. C’était aussi pour une raison pratique : notre bébé « ferait sa nuit » tranquillement, bercée par le ronronnement du flat. C’était un ange, notre petite puce, que rien ne perturbait. Et puis, à l’époque, j’aimais bien rouler de nuit sur les routes désertes et traverser tous ces villages endormis, parfois même pas éclairés. C’était une sensation étrange que d’être seuls au monde au milieu de nulle part.

Nous roulions donc la nuit, par la Nationale 6, puis par la 7, après Lyon, bien sûr. On arrivait ainsi au petit matin, à l’heure du premier biberon. Avec la deux-pattes, l’autoroute ne nous aurait de toute façon pas fait « gagner » beaucoup de temps, et puis, nous étions contre le principe de payer une seconde fois ce que nos impôts avaient contribué à construire. Et puis, fallait aussi compter les sous et l’autoroute, ça n’a jamais été donné !

Pendant que mon trésor dormait à l’arrière, dans son couffin, la radio nous accompagnait. Ce n’était d’ailleurs pas un autoradio mais bel et bien un poste portatif, assez encombrant tout de même, que nous bourrions de grosses piles et que nous coincions sous la planche de bord. Nous écoutions France Inter dont les programmes du soir et de la nuit étaient riches de diversité.

C’est ainsi que j’ai découvert Macha Béranger. Après les informations de minuit, sa voix grave et douce, si particulière, emplissait l’habitacle et elle y apportait une sorte de sérénité. Écouter la voix de Macha, c’était comme faire une cure de relaxation. De plus, elle entamait, avec les auditeurs qui l’appelaient, des conversations que je trouvais passionnantes. Ils parlaient de toutes sortes de choses, souvent de problèmes personnels et elles les y poussait sans rien imposer, sur un ton calme ou enjoué qui n’était jamais sentencieux. Elle redonnait aux plus pessimistes un peu de sa flamme de vie, les encourageait à reprendre le dessus, sans donner de leçon, en les poussant à l’introspection, à aller puiser en eux-mêmes la force de remonter.

Il y avait des « habitués ». Des gens qui rappelaient plusieurs jours ou plusieurs semaines après pour donner des nouvelles et pour lui dire combien elle leur avait fait de bien, par ses simples paroles et par son écoute. Car c’était des silences aussi, ces conversations. Étonnamment, même à la radio, cela n’était pas saugrenu.

Et puis, elle envoyait un disque, toujours une musique excellente, pour passer d’un auditeur (homme ou femme) à l’autre. Parfois même, le morceau choisi servait d’introduction à la conversation suivante ou de relance à celle en cours.

Il y avait beaucoup de délicatesse chez Macha, dans l’ambiance qu’elle créait et qui favorisait une complicité étonnante. On écoutait, sans faire aucun commentaire, comme on aurait écouté deux amis échanger devant soi.

Je n’ai jamais été réellement assidu aux émissions de Macha. Et pour cause : en général, la nuit, je dors. Mais j’ai eu de nombreuses occasions de l’écouter, de loin en loin, toujours avec un plaisir immense, comme on retrouve une vieille amie. Ce que d’autres disaient, parfois, j’aurais pu le dire. C’est donc un peu à moi aussi qu’elle parlait.

Elle a joué dans des films aussi. C’était également une belle femme qui portait sur elle ce raffinement qu’on ressentait en l’écoutant. Mais, surtout, elle avait ce talent subtil de provoquer la confidence. Et sa voix… Et son écoute…

Voilà. C’est fini. Macha Béranger s’est éteinte aujourd’hui, 26 avril 2009. C’est une immense dame de la radio qui s’en va ainsi, sans faire de bruit. Une amie qu’on aurait aimé garder pour soi et dont on aimerait que l’hommage qui lui est dû soit à la hauteur de son talent.

Adieu donc, Macha, et merci pour tous ces moments si chaleureux que vous nous avez offerts.

Notes

[1] Evry, dans l’Essonne, puis St Fargeau-Ponthierry, en Seine-et-Marne

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