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Motardie

Ce qui touche au monde moto

Articles

    Avant de tomber dans le piège médiatique et moralisateur mis en place par les thuriféraires du tout répressif - l’inénarrable Got et la LCVR en tête comme d’habitude, rejoints pour l’occasion par le CNPA [1] - et par les habituels contempteurs d’un gouvernement si peu de gauche soit-il mais toujours suffisamment à leurs yeux pour être coupable de laxisme [2] quoi qu’il propose en termes de justice, et sans même parler du marigot nauséabond de tous ceux qui persistent à ne voir en Christiane Taubira qu’une infâme guenon simplement parce que : un, c’est une femme ; deux, c’est une femme noire, qui ne s’en laisse pas compter, qui n’a pas sa langue dans sa poche, et qui a osé porter et défendre l’égalité des droits de tous sans faiblir face à la chienlit réactionnaire et rétrograde, je pensais très sincèrement qu’il y aurait quelques voix pour évaluer l’enjeu avec un peu de recul afin de nourrir la réflexion. Mais il faut croire que cet air, venu du Sahara surchauffer notre été, liquéfie les cerveaux. Et puis, il faut reconnaître que ce n’est pas non plus une spécialité de nos médias « mainstream », comme on dit, le recul et la réflexion.

    En France, on nous inculque depuis plus de 40 ans que la seule politique de sécurité routière qui vaille repose sur trois principes fondamentaux, complémentaires et intangibles : un, la répression ; deux, la répression ; et trois, la répression. Il n’est pas impossible que dans un avenir proche, on y ajoute aussi la répression, histoire de garder sa cohérence à l’édifice. Le postulat de départ est donc très simple : tous des criminels. Ou peu s’en faut…
    Alors tu penses : quand une ministre - déjà frappée du sceau infamant du soupçon de laxisme car elle ose dire que le rôle de la justice ne se réduit pas à emplir les prisons - se met en devoir de s’intéresser à la sécurité routière, oulà, scandale ! Non seulement elle se prend des volées de bois vert de la part de ses habituels contempteurs, lesquels enragent de la voir survivre à leurs messes noires et de leur tenir tête, mais, en plus, elle s’attire les foudres du clergé de la sainte chapelle, chargé du respect sourcilleux du dogme sécuritaire en même temps que routier. Déjà qu’en temps normal, le moindre haussement de sourcil dubitatif pouvant signifier un début de manque de conviction dans l’acceptation sans condition du dogme provoque, dans le quart de seconde qui suit, le démarrage d’une harangue fébrile et vindicative de la part de la Grande Prêtresse Perrichon, tu t’imagines bien que sur un coup comme celui-là, on a droit à un prêche digne de l’apocalypse, pour ne pas dire de fin du monde. Ou les deux. C’est un truc à faire claquer tata Chantal d’un infarctus, ça. Au moins ! En plus, avec cette chaleur, je te jure, c’est des choses à pas faire…

    Mais qui a vraiment lu ce projet de loi ? La version intégrale est là. Et voici ce que dit plus précisément ce fameux article qui cristallise les phantasmes les plus hystériques.

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    Notes

    [1] Conseil national des professions de l’automobile

    [2] Oh que c’est vilain, ça !

    Ainsi donc, le Conseil National de la Sécurité Routière (dites CNSR, c’est plus chic), cette sorte de comité Théodule censé délivrer de puissants conseils, s’est réuni le 29 novembre (donc hier) et a décidé de proposer au gouvernement, ça :

    • Instaurer une journée nationale des victimes de la route le 22 février, qui sera un jour de commémoration des personnes et des familles dont le destin a, un jour, sur une route, brutalement basculé dans le drame. Cette journée permettra également de lancer des travaux pour faire progresser la prise en charge des victimes et de leurs familles.

    Sûr que ça a dû phosphorer dur pour y arriver. Je me demande même si on n’a pas frôlé la surchauffe voire la fusion du cœur du réacteur pour arriver à cette quintessence de la pensée sécuritaire. Avouez qu’il aurait été dommage de perdre tant de personnes indispensables dans un stupide accident, juste par manque de ventilation.

    Ici, disons-le tout net, on frise le grandiose, le génie, que dis-je ? le sublime. Les victimes de la route vont enfin avoir leur journée commémorative. Non mais vous réalisez ? Une journée rien qu’à elles, c’est hyper cool, ça ! Bien sûr, trouver une date n’a pas été si simple car des « Journée » de ceci ou de cela, il y en a en pagaille. A une époque où on aime se donner bonne conscience à peu de frais, il est de bon ton d’initier une petite journée qui en jette même si, dans le fond, tout le monde s’en tape.

    Nous avions déjà la journée sans voiture, l’autre sans tabac, celle de la courtoisie (un grand succès, paraît-il), une autre de l’Europe (passée totalement inaperçue, hélas heureusement !), celle de la Femme, bien sûr avec dans la foulée, celle de l’andouille de Vire ou du cassoulet de Castelnajac, la journée du Patrimoine, et patin et couffin. Avec un calendrier qui limite mesquinement le nombre annuel de journées à 365 voire 366 de temps à autres, c’est réellement un sacré exercice que d’en caser une nouvelle sans rien déranger.

    Les victimes de la route auront donc leur journée, coincée, si j’ai bien compris, entre la Journée du Topinambour et celle du Mimosa, en plein dans la période des carnavals, ce qui doit avoir sa signification, certainement.

    D’aucuns s’étonneront que la Toussaint ne suffise pas à honorer ces morts-là. C’est que d’abord la Toussaint (en fait, le 2 novembre, jour des morts) est estampillée « chrétienté » même si ce sont des païens qui en ont eu l’idée les premiers, il y a déjà un bail. Une République laïque ne peut évidemment pas se permettre une telle limitation religieuse. Et puis, franchement, créer une journée spéciale pour les victimes de la route, c’est bien dans l’air d’une époque où le premier blaireau et la première pétasse venus ne rêvent que de leur quart d’heure de gloire et ne craignent pas d’étaler l’insignifiance de leurs vies sur les chaînes de la TNT où la vulgarité la plus crasse le dispute à une empathie bien poisseuse. Il aurait été regrettable de se priver de la perspective de ces témoignages qu’on nous concoctera bien larmoyants à souhait et ourlés d’une morale au ras du bitume comme on l’aime chez les associations de victimes, LCVR en tête, où les rôles sont toujours très manichéens : fautif = chauffard, victime = innocent. Pas de demi-mesure, pas de nuance. Les bons morts d’un côté, les autres à la fosse commune.

    Le Point allait même jusqu’à titrer : le 11-novembre des victimes. Faut pas se gêner surtout ! Toujours cette surenchère dans l’exploitation de l’émotion qui finit par donner la nausée. Oser comparer la mort brutale sur la route, aussi douloureuse et injuste qu’elle puisse être pour les proches, à celle des soldats de cette guerre atroce, au sacrifice de ces hommes pour leur pays, notre pays et notre liberté, mais quelle infamie ! Quel manque de retenue et de discernement, quel manque de pudeur et de respect, quelle bêtise confondante ! Voilà où nous en serions, alors ? A reléguer le sacrifice suprême de nos grand-pères au rang de simple fait-divers ?

    J’entends déjà les gémissements d’horreur des oiseaux de malheur. Car oser ne pas se pâmer devant une idée aussi géniale, c’est forcément manquer de cœur, c’est obligatoirement mépriser ces victimes et leurs familles, c’est se ranger délibérément du côté des méchants, des chauffards. Hélas, je ne méprise personne hormis ceux qui, sous prétexte de défendre les victimes, ne font qu’exploiter leur douleur.

    Et qu’on ne me dise surtout pas que je ne suis pas concerné.

    Sinon, le CNSR a aussi décidé de proposer au gouvernement l’expérimentation de la circulation inter-files, c’est à dire une pratique que les motards expérimentent grandeur nature depuis plusieurs dizaines d’années dans toutes les grandes villes de France et que la FFMC revendique depuis plus de 30 ans. Mais attention, l’expérimentation « officielle » ne concernera que 4 villes-tests. L’expérimentation officieuse continuera donc comme avant. Ils sont vraiment trop forts, au CNSR. Quelle audace ! Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ?

    Franchement, quand on voit ce cinéma, on envie nos cousins belges chez qui la même décision n’a pas nécessité tant de chichis sans qu’on note la moindre aggravation de l’accidentalité. Et pour cause !

    Pas facile à comprendre pour une élite française, ça…

    Permis de tuer ?

    dimanche 9 septembre 2012, par Marc Leblanc

    Ce soir, dans le cadre de son émission "Zone interdite", M6 s’intéressera à l’épineuse question "Conduire avec ou sans permis de conduire : enquête sur ces Français prêts à tout !", avec point d’exclamation et tout ça. « Alors que cet été 2012 a été plus meurtrier que l’an dernier sur les routes de France, (+ 3,6% de décès par rapport à juillet 2011), plusieurs des conducteurs impliqués dans ces accidents mortels roulaient sans permis. Qui sont ces Français qui osent prendre des risques avec leur vie et celles des autres sur la route ? Quelles sont leurs combines pour ne pas se faire prendre ? Pourquoi est-il si difficile de décrocher cet examen en France ? », annonce même le site de la chaine.

    Je sais ce que vous allez me dire : "On s’en fout !" et sans doute aurez-vous raison. M6, comme la plupart des autres chaines de télé, d’ailleurs, hélas, donne assez peu souvent dans la finesse, est plutôt adepte de l’enfoncement de portes ouvertes et de la sécurité routière à grand spectacle et sait manipuler avec un talent certain tous les poncifs les plus éculés énoncés sur le sujet depuis l’invention de la roue. Il y a donc peu de chance que l’émission de ce soir diffère beaucoup des précédentes.

    Derrière la présentation toujours très aguicheuse du sujet, il y a aussi cette affirmation selon laquelle rouler sans permis serait quasiment une tentative d’homicide plus ou moins volontaire. Raccourci simpliste, bien sûr, que la plupart des journaux n’ont pas manqué d’utiliser lorsque ces faits-divers sont venus défrayer la chronique. Conduire sans permis = assassin ! Si ça c’est pas de la rigueur journalistique, pas vrai ?

    Pourtant, le sujet est intéressant. Il aborde un phénomène qui, apparemment, tend à se développer ou, peut-être, à être plus visible. Se poser la question est donc pertinent. Mais pourquoi, encore une fois, ces raccourcis stupides et ces amalgames ?

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    Vous savez comme moi comment ils sont les minots, toujours à fanfaronner, à se croire invincibles, immortels et à prétendre savoir toujours tout mieux que personne. Ils n’ont forcément aucun besoin d’un conseil et encore moins d’une quelconque mise en garde puisque rien ne peut leur arriver. Et si jamais ça arrive quand même, ils se gardent bien d’aller se vanter de leur mésaventure, des fois qu’on abimerait un peu plus leur petit ego cabossé d’un "je t’avais prévenu" qui signerait l’humiliation suprême. C’est déjà bien assez de devoir passer sous les fourches caudines des vieux, toujours à s’inquiéter d’un rien et à faire perdre leur précieux temps aux jeunes aventuriers.

    Celui-là, il était bien à point. Je ne sais pas depuis combien de temps il poussait son brêlon sous le cagnard impitoyable et par 32°C au bas mot mais s’il avait jamais été arrogant et suffisant dans sa vie antérieure, il n’en gardait plus aucun vestige visible. Cramoisi, qu’il était le gamin. Et humble. Nous, on croisait tranquilles comme Baptiste sur la route D66 qui monte au col Saint-Sébastien, en direction de Mens. C’était vers les 17h30. Je me suis arrêté à son côté pour savoir de quoi il retournait. Il devait avoir dans les 16 ou 18 ans et il ruisselait toute l’eau de son corps à pousser une sorte de trail 125 cc. Nous, on n’avait plus de flotte, malheureusement, et il nous tardait justement d’arriver à Mens pour boire un bon coup. Lui, il s’était vautré, qu’il nous a dit, et depuis plus moyen de faire démarrer son bourrin. Mais besoin de rien. Personne à prévenir à Mens qui était sa destination, soi-disant. Et puis têtu comme une mule, le jeunot. Il ne voulait rien savoir, rien dire, un peu méfiant peut-être ou incrédule de voir que deux adultes veuillent l’aider. Ou trop timide pour accepter, allez savoir. Il était à deux doigts de défaillir mais tout allait bien, promis, juré.

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    Je relisais ce billetde mon petit (quoique) camarade Fred narrant, avec le talent qu’on lui connaît, son dilemme pour choisir entre la carte papier et le GPS. On y trouve aussi une fort belle contribution de ce cher Komar, poétique et sensuelle à souhait dans son évocation des multiples et insoupçonnés plaisirs procurés par une carte routière savamment manipulée. On pourrait penser, à la lecture de ce texte et des commentaires qui l’accompagnent, à une réédition des fameuses batailles entre les anciens et les modernes qui m’ont tant ravi au temps désormais lointain où de méritants professeurs tentaient d’ouvrir mon esprit aux beautés de la littérature. Peut-être. Il est sans doute normal de se poser la question de mesurer les avantages comparés de l’une ou l’autre méthode.

    Je mentirais effrontément si je prétendais ne pas aimer les cartes. J’en conserve beaucoup, parfois d’assez vieilles, dans un meuble réservé à cet usage dans mon petit bureau. Comme il m’est souvent reproché de trop garder, il m’est arrivé d’en jeter qui étaient usées jusqu’à la quasi-décomposition. Mais finalement, on ne se refait pas, j’aime bien ouvrir une vieille carte et regarder comment le pays qu’elle renferme a évolué.

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    Un petit coup pour la route

    samedi 7 juillet 2012, par Marc Leblanc

    Alors, voilà. Il paraît que depuis le 1er juillet dernier on doit avoir par devers soi un éthylotest dès lors qu’on est au volant d’une caisse ou au guidon d’une bécane de plus de 50 cm3. C’est dingue tout ce qu’on fait pour la sécurité routière dans ce pays, quand on y pense. J’en suis tout ébaudi, parole !

    Mes pensées émues et admiratives vont vers les auteurs de cette initiative si géniale, n’ayons pas peur des mots. Fallait oser, non ? Allez, ne dites pas le contraire. Vous n’y auriez pas pensé. Sauf, évidemment, si vous êtes VRP en éthylotests ou si vous pédégez une entreprise qui en fabrique. Mais à part ces cas extrêmes, que dalle ! Personne d’un peu sensé n’y aurait pensé. Et c’est là qu’on voit affleurer tout le génie de nos technocrates. C’est payé combien avec nos impôts un (haut) fonctionnaire de la DSCR ? Un max, non ? Sûrement. Il doit y en avoir eu une belle palanquée qui de réunions de service en réunions de secouement de neurones, avec l’aide des pédégés cités précédemment, en est arrivé à cette évidence : "pour lutter contre l’alcoolisme - surtout au volant - chaque citoyen de ce pays devrait posséder un éthylotest. Allez, zou ! Ça s’arrose, tiens !" C’est dire si un truc de rien du tout qui est censé être vendu entre 1 et 2 €, nous a déjà coûté bonbon, rien que là !

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    Cons et la vue basse

    samedi 10 mars 2012, par Marc Leblanc

    Comme on le sait, la sécurité routière en France, c’est beaucoup de fumée et surtout de répression, beaucoup de déclarations stupides et de vent de la part de ceux qui sont censés la … euh… comment dire ?… penser (Non, quoi, rigolez pas, c’est avec votre argent !). Surtout en ce qui concerne celle des motards, bien sûr. Je ne reviendrai pas sur le désormais célèbre brassard fluo ni sur la taille de nos plaques qui valent ses plus riches heures à celui qu’on devrait appeler "M. Moto National" mais qui n’est finalement que l’avatar le plus misérable d’une politique qui prétend vouloir notre bien. Voilà un gus qui voulait certainement se faire mousser devant les copains et qui se couvre de ridicule chaque fois que son patron ouvre la bouche. Quelle belle constance !

    Tout cela nous conduit donc à donner de la voix les 24 et 25 mars prochain pour affirmer qu’une autre politique de sécurité routière est possible.

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    Une histoire de tolérances

    vendredi 14 octobre 2011, par Marc Leblanc

    Je lisais dernièrement, dans un récent numéro d’Auto Plus, le courrier d’un lecteur un poil ronchon et sentencieux qui disait en substance ceci : « Si l’on est verbalisé avec une vitesse retenue de 131 km/h, compte tenu des marges d’erreur, c’est qu’on roulait à plus de 145 km/h. Inacceptable ! »

    A mon avis, ce qui est inacceptable, c’est plutôt ce genre de raccourci à deux balles qui traduit au mieux l’ignorance de celui qui le profère, au pire son extrême mauvaise foi. En effet, cette affirmation contient sa propre contradiction : s’il y a des marges d’erreur, c’est que les mesures ne sont pas exactes. CQFD. Par conséquent, la vitesse à laquelle on roule ne peut pas être 145 km/h ou plus.

    Il faut se faire une raison : il n’existe aucun appareil de mesure capable de donner la valeur exacte de la grandeur mesurée. Aussi précis soient-ils, tous les appareils de mesure commettent une erreur. Plus ou moins grande. D’ailleurs, si on parle de précision, c’est bien que la valeur qu’ils indiquent est une valeur approchante sinon on ne se poserait même pas la question.

    De plus, la mesure d’une grandeur est également affectée d’autres erreurs, plus ou moins importantes, qui tiennent à la méthode utilisée et à ses interactions éventuelles avec l’élément à mesurer, aux conditions dans lesquelles est réalisée la mesure (température, pression, etc.) et à l’opérateur lui-même. A bien y regarder, ça fait beaucoup d’erreurs qui s’accumulent.

    Tout l’art de la mesure va donc consister à estimer cette erreur et à donner la valeur approchante. On dira qu’on a mesuré « n unités à plus ou moins x pour-cents près. » C’est à dire que la valeur exacte se trouve dans une fourchette qu’on va tenter de rendre la plus étroite possible, pour autant qu’on ait besoin d’une grande précision.

    C’est ce qu’on appelle « les tolérances » et ça s’applique à tous les domaines, aussi bien la mécanique, que l’électricité ou que l’épicerie.

    Dans la vie courante, la précision ne revêt pas forcément une importance capitale. La plupart du temps, on se contentera d’avoir la certitude que la grandeur mesurée ne nous vole pas. Si mon compteur d’électricité m’annonce 150 kWh de consommation, je veux avoir la certitude que la valeur réelle est plus proche de 151 que de 149. Pareil si j’achète 500 g de fraises : le poids réel de ma barquette devra être légèrement supérieur pour ne pas payer du vent.

    Dans le cas de la vitesse, deux logiques entrent en compte. D’une part, celle de l’usager qui veut avoir la garantie que sa vitesse réelle ne sera pas supérieure à celle qu’annonce son compteur. Sinon, c’est la prune à tous les coups. De l’autre, la maréchaussée qui, elle, veut que la vitesse qu’elle a mesurée soit à coup sûr inférieure à la vitesse réelle du véhicule contrôlé, pour éviter les contestations et les injustices. Oui, un peu quand même !…

    Dans un cas, on a besoin d’un compteur qui donne des valeurs par excès et de l’autre d’un cinémomètre qui donne des valeurs par défaut.

    On retrouve cette préoccupation dans beaucoup de magazines spécialisés qui étalonnent les compteurs des voitures aux vitesses standards (130, 90 et 50 km/h). On y découvre ainsi que lorsque telle voiture annonce 130 km/h, elle roule en fait à 120 mais que telle moto roule à 128.

    Quant aux radars, leur marge d’erreur est paraît-il de 3 % mais pour tenir compte de toutes les incertitudes liées à la mesure, le code de la route admet une tolérance de 5 km/h jusqu’à 100 km/h et de 5 % au-dessus.

    Pour une vitesse réelle autorisée de 130 km/h, la valeur limite de la mesure est donc 136,5 km/h. Personne ne peut donc affirmer que je roulais à plus de 130 si je suis chronométré à 135. Et si mon compteur, à ce moment-là, affichait 145, soit une erreur assez fréquente de 10 km/h par excès, cela n’a donc rien d’épouvantable : en réalité je roulais dans la fourchette de vitesse autorisée. Rien de plus, rien de moins.

    Et si par hasard, je reçois un PV à 131 km/h « retenus », cela signifiera que j’ai été mesuré à 138 km/h, soit 1 km/h au-dessus de la limite légale et rien de plus car les 148 km/h que mon compteur était censé indiquer ne reflètent aucune réalité physique. Ils n’existent tout simplement pas.

    Et pis, c’est tout ! Nanmého !

    L’âme du chasseur

    Deon Meyer – Éditions Points Policier

    mardi 2 août 2011, par Marc Leblanc

    Voilà un livre dont l’action se situe dans l’Afrique-du-Sud d’aujourd’hui mais renvoie à l’époque de l’apartheid, à la lutte de libération de l’ANC et de ses alliés, aux compromissions et aux trahisons qui semblent inévitables dans ce genre de contextes. C’est l’histoire d’un homme tranquille, un géant Noir, un Xhosa, imperturbable conducteur d’une lymphatique Honda 200 cm3 Benly, que son passé sanguinaire va rattraper et qui va abandonner femme et enfant par amitié et fidélité à d’anciens compagnons de lutte.

    Il aura fallu un simple coup de fil pour que sa vie bascule inexorablement, que le passé revienne à la surface et que les vieux réflexes réinvestissent son corps vieillissant. Le voici à nouveau Umzingeli, le chasseur. Le voilà jeté sur les routes de son pays, pour une ultime mission, dans un jeu de dupes dont il ignore tout et dans lequel il n’est qu’un pion improbable et inattendu. Inattendu, en tout cas, par ceux qui se lancent à sa poursuite et qui, peu à peu, découvrent l’homme auquel ils ont affaire. On assiste à leur lente prise de conscience, au doute qui s’installe au fur et à mesure qu’ils perdent de leur superbe et leurs arrogantes certitudes. Il ne fallait pas réveiller Umzingeli.

    L’autre héros de ce thriller palpitant est le véhicule qu’il s’est choisi pour traverser l’Afrique-du-Sud. On imagine qu’il aurait pu partir en gros 4x4 fumant mais il n’en fait rien. Cet homme est la délicatesse même, il a une classe innée et un goût infaillible. Il choisit une BMW R1150 GS, « empruntée » dans la concession où il travaille comme factotum. Selon Moto Magazine, la prise en main du super-trail est facile. Selon Deon Meyer aussi. Son géant Xhosa va nous la jouer baroudeur des grands chemins avec une aisance prodigieuse et un peu surprenante mais on va aimer finalement qu’il se soit lancé dans l’aventure à moto. Et on ne sera pas les seuls : de fil en aiguille, tandis que le projet initial foire gentiment, l’ex-tueur à gages de l’ANC et du KGB va devenir un héros en mission dont les aventures sont relatées dans la presse comme dans un feuilleton. Il n’en fallait pas plus pour que la « communauté motarde » s’en mêle, au nom de la solidarité, bien sûr. Ce qui n’empêchera pas les « bikers » et les « béhèmistes » de se fritter pour savoir lesquels sont les plus solidaires, évidemment. Disons donc que l’entrée en scène des motards sud-africains – qui ne sont pas dépeints sous leur jour le plus flatteur, à vrai dire – est à peine indispensable et devient tout juste par la suite un élément un peu cocasse en raison de la confusion qu’ils provoquent.

    Mais le récit est prenant, bien découpé, à la manière des films d’action américains, en une succession de scènes parfois brèves par lesquelles on suit les différents protagonistes, avec pour toile de fond la chasse à l’homme à la moto. Il n’y a pratiquement pas de temps mort même si toutes les scènes n’ont ni le même rythme ni la même intensité. Le suspense monte peu à peu, en un long crescendo qui emporte le lecteur vers la révélation finale, tandis que se brouillent les masques en même temps que les pistes.

    Finalement, il y a assez peu de sang et de morts violentes. Car l’homme au passé sanguinaire dont ses poursuivants apprennent à redouter l’imprévisibilité, le chasseur chassé, est aussi un homme désabusé. Lui, le descendant des anciens princes xhosas, le guerrier qui voulait lutter noblement pour la liberté de son peuple, n’a été finalement qu’un assassin rémunéré, un pion dans une guerre sale, abandonné et oublié par ceux de ses anciens compagnons de lutte qui sont parvenus au pouvoir dans l’ombre de Mandela.

    Tu sais ce qu’est la vie ? Un lent processus de désillusion. Elle te libère de tes illusions sur les autres… 

    Cette longue traque à travers le veld sud-africain est donc aussi un chemin de rédemption pour l’ancien tueur à gage pourchassé. Tandis que, tel un chien fou dans un jeu de quille, il anéantit sans le savoir le bel échafaudage de pièges et de traquenards dressé pour faire tomber d’autres têtes que la sienne, c’est de toute sa vie de tueur qu’il dresse, lui, le bilan. Et la R1150 GS devient un peu la métaphore de la renaissance �� laquelle il aspire. Par son agilité et sa disponibilité, cette moto le tire de nombreux faux-pas, comme du cloaque sanguinolent de son passé, pour le porter vers des routes plus sereines, la lumière et le véritable oubli. C’est pour un petit garçon de 6 ans que brillera désormais cette lumière sous la protection du géant xhosa, le guerrier meurtri, fatigué mais apaisé. La dernière scène du livre, en même temps qu’elle annonce cette vie nouvelle, semble aussi tirer le rideau en nous disant : « Oubliez-le maintenant ! »

    Ainsi soit-il !

    Si donc cet été, au détour d’une étape ou d’un long après-midi de farniente ensoleillé, il vous prend l’envie de lire un excellent polar, n’hésitez pas à vous procurer « l’âme du chasseur » ou un autre titre de Deon Meyer, aux Editions du Seuil (ou Points Policier). Car s’ils sont tous aussi bien écrits que celui-ci, il y a peu de risque de faire un mauvais choix.

    Et puis, n’oubliez pas ce message que semble nous adresser Deon Meyer à nous, motards : Les motos BMW sont comme l’âme des guerriers africains, nobles et indestructibles !

    Bonne route et bonne lecture.

    Et merci à Jean-Louis de la FFMC 84 pour cette découverte.

    Voilà, c’est dit, ami motard : si tu as une bécane d’avant 2004, il ne faudra peut-être bientôt plus espérer te rendre dans un centre-ville. Parce que Madame Nathalie Kociusco-Morizet (NKM), ci-devant Secrétaire d’État à l’Écologie, en a décidé ainsi : une moto d’avant 2004, c’est sale. Beurk ! C’est une vieille moto bien crade et, c’est maintenant officiel, une vieille salope l’air que respirent les gentilles gens de la ville.

    Cherche pas, c’est comme ça.

    Pourquoi 2004 ? Ben, euh… Parce que ! Et pis c’est tout !

    Avançons tout de même une explication : on dit que le rythme de renouvèlement du parc des 2-roues motorisés (DRM) français est de 7 ans. Fais le calcul, on y est. Mais ça peut aussi bien être une autre raison. Sauf qu’on ne la connaît pas. Nous autres, crétins de citoyens tout juste bons à mettre un bulletin dans une urne de temps en temps, on n’est pas assez intelligents pour comprendre. Bien sûr. Alors, quand un ministre décide un truc, on est juste priés de le croire sur parole, de dire merci — car c’est pour notre bien — et, même, si c’est pas trop demander, d’applaudir.

    Dans cette histoire, il y a forcément des persifleurs qui osent rappeler que jamais, ô grand jamais, pas une seule fois, un quelconque plan d’incitation au renouvèlement du parc DRM n’a germé dans le cerveau d’un ministre. Tu sais, comme pour les bagnoles, quoi ! Tu as une vieille bécane, tu la mets à la casse et tu en achètes une neuve. Et, paf ! l’État verse une prime à la casse, genre « jupette », « balladurette » et, dernièrement, « fillonnette ».

    C’est que, vois-tu, en France, on n’a pas trop de constructeurs de motos, scooters et autres cyclos. Le dernier, on l’a laissé crever. Libre entreprise oblige. Alors, filer des ronds pour que ces salauds de motards achètent des brèles même pas françaises, faut pas rêver. Tandis que des caisses, c’est pas pareil. On a des marques bien d’cheu nous. Bon, elles n’y fabriquent plus trop, mais on ne va pas chipoter pour si peu.

    Et puis, les vieilles bécanes, ça coûte forcément moins cher que des neuves. Ça joue, au moment du choix, quand on n’a pas le porte-feuille à l’ami Bolloré (ou Rothschild, comme tu veux). Et, en ce moment, il y en a quand même un petit peu qui comptent leurs sous. Des fois, même, des gens qui se mettent au 125cc pour échapper aux embouteillages interminables des grandes villes et qui ne veulent pas se ruiner. Sans même parler du fait que pour se loger pas loin du boulot, aujourd’hui, ce n’est pas toujours une sinécure. Alors, tu penses bien qu’on ne va pas s’arrêter à de tels détails aussi mesquins : si t’as pas les moyens de loger en centre-ville et de payer un loyer exorbitant, t’es qu’un gagne petit et un pollueur. Allez, ouste ! Dehors !

    Et je ne parle même pas de ceux qui chevauchent des anciennes parce qu’ils aiment ça, tout simplement. Eux, c’est bien fait pour leur gueule ! Feraient mieux d’acheter des bécanes en plastoc estampillées « Euro6 » au lieu de nous la faire à l’esbroufe façon Monnet-Goyon. Non, mais !…

    Bref, t’as une bécane d’avant 2004, tu dégages et en silence, encore.

    Ça s’appelle de la pédagogie.

    D’accord ! C’est assez nouveau dans la bouche des gens de ce gouvernement. Alors, ils tâtonnent un peu, c’est compréhensible. Quand on est mal équipé question imagination, faut pas non plus s’attendre à des décisions lumineuses toutes les cinq minutes. Dire qu’on est à l’abri d’une usure prématurée de la rétine est un euphémisme : on est encore loin du feu d’artifice.

    Sauf pour la connerie : là, ils ont gagné le pompon !

    A preuve : Messieurs Fillon et Guéant ne devaient pas être au courant que, depuis deux ans, une palanquée de gens concernés par la pratique du DRM — au premier rang desquels la FFMC et son Mouvement — se réunissaient régulièrement avec les services de l’État pour mettre à plat l’ensemble des problématiques liées à ce mode de déplacement. Et là, plein d’idées saugrenues ont été battues en brèche. S’ils l’avaient su, je pense qu’ils auraient puisé dans les propositions faites pour améliorer vraiment la sécurité de ces usagers. Encore que j’ai un doute : on y parlait trop de formation et d’éducation, de pratique raisonnée, bref d’intelligence et de partage. Ça ne pouvait pas coller avec le goût du grand spectacle qu’on affectionne tant en haut lieu. Pas assez de mesures à deux balles, pas assez de répression qui fait entrer plein de sous dans les caisses vides.

    Alors, nos deux beaux sires ont voulu faire les intéressants et entrer dans l’histoire de la moto, comme le fit jadis le peu regretté Christian Gérondeau, pourfendeur de la moto assassine et des motards délinquants.

    Des plaques spéciales « malvoyants » et des trucs « rétro-réfléchissants » (autrement dit, des gilets fluorescents), voilà tout ce qu’ils ont réussi à pondre. Ça valait la peine de discuter pendant deux ans pour en arriver là, vraiment !

    Pour ce qui est d’améliorer la sécurité des usagers de DRM, ça fait un peu pitié, quand même. Des grandes plaques, c’est génial : ça peut servir d’aérofreins et limiter l’usure des plaquettes. Pas bon pour la consommation mais comme ce sont le Premier ministre et son copain de l’Intérieur qui disent que c’est bien, on applaudit bien fort.

    Après avoir voulu nous retirer la seule originalité qui pouvait contribuer un peu à notre sécurité, en voulant imposer l’allumage des feux de croisement le jour à tout le monde et après que l’Europe les a imposés au travers des feux diurnes — qui sont un pis aller à peine plus acceptable — voilà qu’ils se lamentent maintenant de notre peu de visibilité. Y a pas : c’est cohérent !

    On attend pour la prochaine fois l’obligation du port, au-dessus du casque, d’une grande pancarte « Attention j’arrive ! » ou d’un gyrophare ou de guirlandes de Noël lumineuses. Là, on aura fait un grand pas vers la sécurité car on nous verra enfin vraiment.

    Sauf que tout cela est pitoyable et indigne de gens qui se disent préoccupés par la sécurité routière.

    Comprends-moi bien : que, pour toi, le port de larges bandes réfléchissantes ou de gilet « de haute sécurité » soit un élément rassurant, pourquoi pas ? Mais ce n’est que l’illusion de la sécurité. Et si tu te fies à ta panoplie étincelante pour croire que tu seras vu, je crains que tu n’aies rapidement de très douloureuses désillusions. Nous faire croire que l’on résoudra le problème de la faible perception des DRM par un tel procédé est tout simplement irresponsable et assassin.

    Car ce problème est lié à l’incapacité physiologique de notre cerveau à percevoir dans un temps relativement bref un petit objet en mouvement. Ce qui est le cas de l’automobiliste qui ne voit pas la moto arriver ou la voit trop tard. En fait, son cerveau ne la perçoit pas car il ne sait pas interpréter le signal envoyé par ses yeux. Or, pour cela, il faut être sensibilisé à l’éventualité de cette présence sur la route, c’est à dire penser qu’une moto peut arriver et prendre le temps de s’assurer que ce n’est pas le cas. De fait, les automobilistes qui conduisent des DRM sont bien moins impliqués que ceux qui n’en conduisent pas dans les accidents avec les DRM. C’est simple : ils pensent moto.

    Par conséquent, MM Fillon, Guéant et consorts, lorsqu’ils nous imposent le port du gilet jaune comme solution à notre problème de perception, nous prennent tout simplement pour des cons. Leur décision est tout bonnement criminelle. Ils insinuent l’idée que ce minable gilet améliorera la sécurité et prennent le risque que ceux qui les croiront se dispensent de toute autre mesure d’anticipation. Et l’on sait que, sur un DRM peut-être plus que pour tout autre véhicule, trop de certitude et de confiance est facteur de danger.

    Pour ma part, je préfère être mal vu par les autres usagers — même avec mon feu allumé en permanence — et chercher à comprendre et à anticiper leurs réactions, à attirer raisonnablement leur attention. Car finalement, c’est l’insécurité générée par l’incertitude qui m’oblige à être attentif en permanence et à adopter les comportements les plus à même de me mettre en sécurité sur ma moto. Un gilet n’y changera de toute façon rien. C’est d’ailleurs le non sens des feux de jour : ce n’est pas aux automobilistes d’être vus et d’en avoir la certitude, c’est à eux d’être suffisamment attentifs aux autres.

    Je considère donc que c’est faire acte de civisme que de refuser de me plier à un diktat qui met en danger les utilisateurs de DRM. Et s’il fallait une autre raison encore plus motivée, je dirais qu’accepter de se plier à cette décision imbécile, ce serait passer par pertes et profits deux années durant lesquelles nous, militants du DRM, avons bataillé pour proposer des solutions basées sur l’expérience, la pratique et le bon sens. Solutions dont la pertinence a été reconnue par l’ensemble des acteurs de la moto mais dont ceux qui nous gouvernent (ou qui prétendent le faire un jour) n’ont pas le courage politique de les mettre en œuvre.

    Or, au train où vont les choses, c’est notre droit à circuler à bord du véhicule de notre choix, qui est remis en cause. C’est l’existence même des deux-roues à moteur qui est attaquée de façon insidieuse et hypocrite.

    Que notre personnel politique ne comprenne rien, dans sa grande majorité, à nos préoccupations et à nos problématique est une chose. Mais, plutôt que de céder aux sirènes de la démagogie et de l’empathie lacrymale, ils seraient mieux inspirés de nous écouter, nous, citoyens. Nous avons des choses intelligentes à leur dire. Ça devrait leur faire du bien.

    Tu crois pas ?

    Je t’invite à lire ceci.

    Et pis, c’est tout !

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