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    Non merci, sans façon !

    dimanche 13 décembre 2015, par Marc Leblanc

    Demain, je ne choisirai pas entre la Le Pen et l’Estrosi. Inutile d’insister, mais NON !

    Malgré la profonde aversion que j’éprouve à l’égard du parti qui se dit encore "socialiste", j’aurais voté, sans trop traîner des pieds, pour une liste de fusion au second tour qui aurait comporté des représentants du Front de Gauche, dans les conditions qu’explique ici Corinne Morel Darleux. C’est le mode de scrutin débile de ces élections qui l’impose pour permettre la représentation, même insignifiante, d’une partie de l’électorat. Et qu’on ne vienne pas surtout pas me dire que faire cela, c’est aller à la soupe pour préserver des places qui sont bonnes, évidemment. Les tenants du "tous pourris", en l’occurrence, me gonflent.

    Mais en PACA, nous n’aurons même pas cette option puisque, dès avant le premier tour, le (triste) sire Valls avait décrété que la liste P"S" annoncée en troisième position se retirerait. On n’allait quand même pas se compromettre avec la gauche ! C’est sans doute la raison pour laquelle la liste était conduite par un sous-fifre sans grande envergure pour succéder à un calibre comme Michel Vauzelles dont le bilan de mandature, je pense, n’était pas franchement mauvais. Il faut donc reconnaître qu’il y a des arguments plus enthousiasmants pour mobiliser un électorat hésitant… pour le moins.

    Alors, dans ces conditions, entendre "monsieur 5 %" appeler à voter pour la droite contre l’extrême-droite, au nom d’un prétendu "front républicain" qui fait se tordre de rire à la limite de la suffocation le marigot sarkozyste, honnêtement, ça ne passe pas.

    C’est que, même si Estrosi n’est pas seul sur sa liste, franchement, on a souvent du mal à discerner ce qui sépare ses idées de celles des fachistoïdes du FhaiNe. On est là dans le domaine de la nuance subtile, si tant est qu’on puisse appliquer cet adjectif aux effluves de latrines.

    Prenons un simple exemple :

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    Profession de foi Estrosi, détail

    On nous parle de gens qui "méritent" la solidarité, ce qui, venant d’un parti qui ne manque jamais une occasion de fustiger ce qu’il appelle l’assistanat, par exemple, laisse un peu dubitatif. Mais si on creuse un peu, est-ce que, par exemple, accompagner des femmes qui veulent avorter est un engagement assez méritant aux yeux d’Estrosi et de ses amis, malgré ce qu’ils prétendent, pour bénéficier des financements publics ? On nous parle aussi de "discriminations entre Français" alors que l’idéologie pétaino-lepéniste va largement au-delà. Elle concerne les êtres humains dans leur ensemble, tout simplement, car elle est raciste, xénophobe, homophobe et tout plein d’autres gracieusetés phobiques. Se limiter aux Français est une simple pirouette sémantique pour se présenter sous un jour plus avenant mais Estrosi n’est peut-être pas tout à fait le mieux placé pour parler de tolérance lui qui est incapable de voir au-delà des étiquettes.

    Voir Estrosi emboucher le clairon du gaullisme (de la première heure, cela va sans dire) pour appeler le bon peuple provençal à l’esprit de résistance ne manque donc pas de piment. Et puis, une chose est sûre : il respectera certains de ses engagements qui ne devraient pas provoquer trop de nausée chez la Marionnette. S’engager à laisser s’exprimer librement toutes les forces politiques de PACA ne devrait donc pas trop lui coûter. Surtout dans l’enceinte de l’Hôtel de Région ! Mais penser qu’il aurait le pouvoir d’empêcher quiconque de s’exprimer est déjà le signe d’une conception peut-être un poil absolutiste et discrétionnaire de ses attributions. Encore un petit potentat qui se la pète !

    Et puis, on ne vote pas pour ses ennemis de classe. Le P"S" en fait aujourd’hui les frais et laisse le champ libre à la réaction et à la bourgeoisie qu’il sert sans vergogne. Mais il faudra un peu plus que les coups de menton d’un Clemenceau de contrefaçon pour montrer la voie à suivre. Puisque nous voilà condamnés à subir, ne tressons pas la corde qui doit servir à nous pendre.

    Et pour faire bonne mesure, on lira cette tribune de Philippe Torreton qui appelle le peuple de gauche à reprendre la main dès lundi. Il est plus que temps !

    Alors, voter Estrosi ? Non, merci, monsieur Valls, sans façon. Vous n’existez plus !

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    Profession de foi Estrosi recto
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    Profession de foi Estrosi verso

    On devrait écouter plus souvent les poètes. Ils ne se contentent pas de dire le monde dans une langue éblouissante, ils disent aussi la grandeur et les travers de l’humanité. Et chacun peut y trouver de solides nourritures de l’âme et de l’esprit.

    Le Festival Georges Brassens de Vaison-La-Romaine, dont j’espère vous parler sous peu, est un lieu qui confirme et affirme cette nécessité. Car Brassens, à lui seul imposant monument de la poésie et de la chanson populaires françaises, sans avoir jamais prétendu faire la leçon à quiconque, sait à merveille illustrer la grandeur de certaines âmes aussi bien que la petitesse de certaines autres.

    A une époque où nombre de nos concitoyens perdent les repères qui fondent pourtant les valeurs de notre pays et de la République, et notamment à Bédarrides où certains ont tendance à penser que notre village est la 8ème merveille du monde à protéger des hordes d’étrangers qui veulent la dénaturer, il est rafraichissant de se remettre en mémoire ce que Brassens éprouvait à l’égard de ce chauvinisme grossier.

    C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages,
    Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités,
    Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
    Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités,
    Et c’est d’être habités par des gens qui regardent
    Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
    La race des chauvins, des porteurs de cocardes :
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelques part. (Bis)
     
     
    Mon dieu, qu’il ferait bon sur la terre des hommes,
    Si l’on n’y rencontrait cette race incongrue,
    Cette race importune et qui partout foisonne,
    La race des gens du terroir, des gens du cru.
    Que la vie serait belle en toutes circonstances
    Si vous n’aviez tiré du néant ces jobards,
    Preuve peut-être bien de votre inexistence :
    Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. (Bis)
     
    La ballade des gens qui sont nés quelque part - Disque 11 - ©1972

    Par bonheur, cette année, s’est produit dans ce festival un autre grand poète qui a trainé ses pataugas dans tous les coins de la planète et qui a ramené de ces voyages un amour profond de l’humanité dans sa diversité. Il s’agit de Gilbert Laffaille dont la chanson « Dents d’ivoire et peau d’ébène » (©1996) illustre son aversion pour la vision étriquée du monde portée par le FHaine, à l’opposée de ses convictions.

    Pas la peine oh pas la peine
    De parler de celui-là
    De ce type qui sue la haine
    Et empeste le climat
    De Bâton-Rouge au Cap-Vert
    De la Mer Noire au Mont-Blanc
    Ma maison c’est l’univers
    Mon bateau c’est l’océan
     
     
    Tous nés de la même terre
    Du mystère et du chaos
    De l’ombre et de la lumière
    Du feu de l’air et de l’eau
    Les basanés les métisses
    Les Tziganes les Mexicains
    Musulmans de l’île Maurice
    Catholiques Sud-Africains
     
     
    Dents d’ivoire et peau d’ébène
    Antillaise au corps de feu
    Andalou d’Ille-et-Vilaine
    Arménien de Périgueux
    Jamaïcain d’Angleterre
    Marabout de Courbevoie
    Notre pays c’est la terre
    Chacun est ici chez soi
     

    Bien sûr, vous aurez reconnu dans « ce type qui sue la haine et empeste le climat », le patriarche Le Pen mais vous serez d’accord, j’en suis sûr, pour élargir cette définition au reste de la famille et de ses thuriféraires.

    J’entends d’ici vos protestations : « C’est trop beau. C’est comme donner de la confiture aux cochons ! » Je comprends cela et j’ai moi-même hésité. Si, si, je vous assure ! Pourtant je pense que, même s’il y a peu de chances pour que beaucoup de ces Bédarridais à l’âme pervertie lisent ces vers et remettent en question leur vision déformée de l’humanité, il ne faut pas renoncer à leur montrer cette forme de beauté ouverte à l’autre. Peut-être, un jour, le déclic se produira-t-il et certains se rendront compte que Bédarrides n’est pas le centre du monde et qu’ils ne risquent rien à s’ouvrir à lui.

    C’est pas gagné mais ça vaut la peine.

    Et pis, c’est tout !

    C’était donc aujourd’hui à 10 heures que se jouait, à Bédarrides, le dernier épisode de cette campagne électorale sanctionnée par le résultat que l’on sait.

    Les choses se sont déroulées dans une ambiance sinon chaleureuse, tout au moins courtoise, selon un protocole strictement encadré par la loi et sous l’autorité éphémère du doyen du Conseil municipal, Jean-Pierre Granger.

    Rien à dire donc. Tout fut sans véritable surprise.

    Tout au moins, jusqu’à la remise des écharpes tricolores où l’on a alors assisté à une scène que je trouve personnellement très significative et pour le moins surréaliste : monsieur André Tort, ancien maire de Bédarrides jusqu’en 2008, a remis l’écharpe de maire à son fils Christian, nouveau premier magistrat de la commune dans ce qui doit avoir été pour la nouvelle municipalité la « séquence émotion » de cet instant historique que, noun di dièou, on l’attendait depuis 6 ans ! Ceci devant la famille et les affidés du nouveau maire pour lesquels on avait réservé, pour l’occasion, une rangée entière (sur 2) des chaises destinées au public.

    Voilà donc comment les choses sont rentrées dans l’ordre à Bédarrides en ce jour du 30 mars 2014.

    Ainsi venait-on gommer la parenthèse des 6 années de la municipalité Sérafini. Le père pouvait enfin transmettre à son fils l’emblème de l’héritage familial : la mairie de Bédarrides. Et démentir du même coup cette affirmation du fils : « la fonction de maire ne nous appartient pas, nous n’en sommes que les dépositaires pour les 6 ans à venir. »

    On avait failli y croire tellement c’était beau.

    Ainsi était lavé l’affront de ces 6 années durant lesquelles ils ont été privés de ce bien dont ils se considèrent, ici et ailleurs, fidèles à l’arrogance emblématique et traditionnelle de la Droite, comme les détenteurs légitimes, tout autre n’en étant que l’usurpateur lorsqu’il les en prive : le pouvoir. Mieux, ils nous disent que ce pouvoir est, à Bédarrides, une propriété privée, une affaire de clan, une affaire de dynastie.

    Merci donc aux nouveaux détenteurs du pouvoir local pour cette somptueuse démonstration. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que commence à craquer le vernis de pseudo-bienveillance dont avaient voulu se parer les vainqueurs. Rendormez-vous, braves gens, nous dit-on, votre bon seigneur veille à nouveau sur vous !

    Quel pied !

    La bonne nouvelle, c’est qu’on a quand même échappé au sacre du nouveau seigneur en l’église paroissiale de notre bonne ville. Mais patience, ça viendra. A la prochaine génération, peut-être ?

    La déception était bien sûr immense dimanche dernier (23/03/2014) au terme du dépouillement de cet unique tour d’élection. L’émotion palpable. A la mesure des espoirs qu’avaient nourris ces six années de mandat dont le bilan était plus que flatteur, traduisant à la fois un sens presque tatillon de l’intérêt général, une belle vision prospective du village et une gestion rigoureuse et pertinente des ressources disponibles. Un bilan qui aurait rendu confiant n’importe quel maire sortant. Et ceci d’autant plus que la volonté de poursuivre le travail engagé s’appuyait à nouveau sur un projet étoffé et raisonnable, promesse de nouvelles belles réussites pour le bien vivre à Bédarrides que nous voulions.

    Et puis, la défaite. Nette, sans bavure. Incontestable.

    20142008
    Inscrits 4006 Inscrits 4109
    Votants 3277 81,8 % Votants 3098 71,49 %
    Blancs et nuls 90 Blancs et nuls 80
    Exprimés 3187 Exprimés 3018
    Joël Sérafini 1352 42,42 % Joël Sérafini 1547 51,26 %
    Christian Tort 1835 57,57 % Françoise Forment 1471 48,74 %

    L’écart de voix d’abord, 483, dans un contexte de participation très élevée (81,8 % de votants), supérieure à 2008 (179 votants de plus) et alors même que le nombre d’inscrits a diminué (- 103). La liste Sérafini perd 195 voix par rapport à 2008. Il est évident que la mobilisation des électeurs n’a pas profité à cette liste. Mais dans une commune où, lors des dernières cantonales en 2011, le FN avait obtenu 53 % des voix au second tour (pour une abstention de près de 43 %) et près de 41 % au premier tour de la Présidentielle de 2012 (avec une abstention de 13 % seulement, plus faible encore qu’à ces Municipales 2014), l’appel de Marionnette Maréchal-Lepen à battre Joël Sérafini ne peut pas bien sûr ne pas avoir été déterminant dans ce résultat. La présence de quelques personnes connues pour leur activisme pro-FhaiNe sur la liste Tort a naturellement contribué à cette issue, scellant un pacte qui ne peut que nourrir l’inquiétude.

    Du reste, le comportement de quelques petits nazillons surexcités à l’annonce d’un résultat qu’ils voulaient fêter en montant à l’étage de la mairie pour casser du pédé et du gauchiste ne surprend que ceux qui, face à la tentation fasciste d’une partie de nos concitoyens, se voilent encore la face en feignant d’ignorer les mœurs très peu démocratiques de l’extrême-droite. On souhaite bien du plaisir maintenant à Christian Tort pour garder la maitrise de ses chiens haineux à l’haleine de hyènes !

    Peu importe dès lors que la liste Tort ait été élue malgré un non-projet dont la substance n’était rien d’autre que le détricotage des réalisations de la municipalité sortante et un mépris à peine voilé pour la personne du maire. Démagogie, mensonge, falsification, mystification ont constitué une ligne de conduite masquant difficilement le vide sidéral d’une liste sans véritables idées ni propositions mais dont on comprend mieux désormais qu’elle n’ait pas eu à se triturer les neurones face à un public dont une grande partie considère la politique comme la seule expression de ses haines et de son rejet de l’autre. Pas très glorieux, en fait ! Pourquoi se fatiguer à réfléchir et à proposer, n’est-ce pas ?

    A contrario, défendre son bilan et ses projets a coûté beaucoup d’énergie à Joël Sérafini et à ses colistiers en vaines et longues explications, finalement inutiles puisque ce qui importait était de le « sortir », lui, quels que puissent être ses qualités et ses compétences.

    Toutefois, malgré une défaite amère, à l’évidence, il faut souligner un point positif : nous sommes 1352 bédarridais à avoir apprécié le travail de la municipalité sortante et à avoir voulu faire confiance à la nouvelle équipe conduite par Joël Sérafini. 1352 électeurs (dont beaucoup de jeunes) qui défendent une autre vision de l’intérêt et des services publics, du vivre ensemble et de l’accueil de nouveaux habitants, fiers de vivre dans un village au passé prestigieux, un village embelli qui peut être attractif et innovant et qui peut porter son regard avec confiance vers l’avenir, au-delà de son petit nombril autour duquel d’autres voudraient le limiter. 1352 individus dont le nombre est insuffisant pour assurer la réalisation de leurs ambitions pour Bédarrides mais tout de même assez pour constituer la base d’un nouveau projet gagnant.

    Il ne reste donc que 242 électeurs à convaincre et quelque chose me dit que c’est jouable d’ici 6 ans.

    En attendant, félicitations à Christian Tort pour sa victoire et bon courage pour la tâche qui l’attend. Il aura face à lui une opposition qui jouera loyalement son rôle, j’en suis certain. Mais, à la différence de ce qui a été pratiqué par l’ex-opposition pendant ces 6 dernières années, la nouvelle n’avancera pas masquée, à coups de lettres anonymes débilitantes, mais au grand jour et dans l’honneur car elle n’a pas à rougir, elle, de son action politique.

    A bientôt donc. L’espoir n’est pas mort à Bédarrides le 23 mars 2014. Nous le prouverons.

    Sauvons nos pauvres !

    Non au FhaiNe !

    lundi 23 décembre 2013, par Marc Leblanc

    On ne va pas se raconter d’histoires : être pauvre aujourd’hui en France n’est pas la situation inacceptable et indigne d’un pays riche comme le nôtre que certains se complaisent à dénoncer pour nous dénigrer. En effet, une bonne part de nos compatriotes a pris conscience de ce qui aurait pu devenir une succession de drames et a décidé d’agir avec vigueur.

    Ces braves gens ont su identifier les vraies causes de ce scandale humain comme le résume ce dessin qui dénonce l’anomalie avec une subtilité et une clairvoyance rarement égalées :

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    Etrangers contre SDF ?

    Parlons clair : contrairement à la propagande qu’une certaine gauche extrême et droitdelhommiste (suivez mon regard) tente de faire accroire afin de polluer les esprits faibles trop prompts à s’indigner contre les soi-disant méfaits d’un capitalisme prétendument sauvage — alors qu’il est reconnu par les gens bien éduqués pour être une loi naturelle dans l’ordre divin que nous impose le Ciel — la pauvreté et l’exclusion n’ont qu’une seule cause : la trop grande générosité de notre système de solidarité sociale qui attire comme un aimant des étrangers douteux dont le sort est souvent bien meilleur que celui de nos pauvres à nous — car ces gens, dans leurs pays d’origine, savent se contenter de très peu, parfois simplement de bananes ! — mais qui ne rêvent que de s’enrichir facilement sur le dos du généreux peuple français. C’est dire leur perversité, hélas !

    Pour les aspects plus techniques, on lira avec profit cet excellent billet de Rosaelle

    Si encore ces usurpateurs nous en savaient gré. Mais même pas : ils nous narguent en osant exiger des droits, leurs droits — un comble ! — soutenus en cela par de mauvais Français, suppôts de l’anti-France. Car, nous autres, nous aimons que le pauvre sache se tenir à sa place. D’abord qu’il s’adresse à nous avec déférence et respect — voire, si possible, qu’il s’en abstienne — et garde les yeux baissés dans une posture traduisant sa reconnaissance éperdue.

    C’est une certaine Roxane qui m’ouvrit les yeux un jour sur cette juste cause, dans un de ces échanges d’une haute tenue auxquels les amitiés « fessebouquiennes » sont propices. La petite dame se réjouissait de la mort de ce jeune délinquant niçois tué d’une balle dans le dos par le bijoutier qu’il venait de molester pour le dévaliser. La raison de ce bonheur ? C’est que, ainsi, l’État pouvait économiser l’entretien de cette racaille puisqu’il n’ira pas en prison et que cet argent pourrait servir à aider nos SDF. Imparable puisque mathématique ! Il faut dire aussi que ce jeune homme n’était pas vraiment Français puisque d’origine maghrébine et pour tout dire algérienne ou tunisienne. Force était donc à la gazelle de reconnaître que, « sans être raciste » (cela va sans dire), tous ces étrangers délinquants ça finissait par coûter cher et que cet argent serait bien mieux utilisé s’il servait à aider les vrais Français dans le besoin et, de surcroît, honnêtes. Sans compter que ces gens concurrencent nos pauvres à nous également sur le marché des allocations diverses et variées que notre beau et grand pays a créées pour alléger nos difficultés.

    Une Valérie de passage dans la discussion nous fit alors part de sa propre expérience, grandement édifiante, jugez-en : pendant longtemps elle a cru qu’il était possible d’aider ces étrangers à s’intégrer à notre civilisation avant de s’apercevoir que c’était peine perdue car ils ne disent jamais merci et quand ils se marient (entre eux, forcément), ils ne peuvent pas s’empêcher de sortir les drapeaux de leur pays tandis que la mairie ne fait rien pour l’interdire. C’est vrai que ça fait peur et j’en étais tout retourné, vous pensez bien ! Comment peut-on tolérer une telle ingratitude ?

    Titi et quelques autres abondaient, eux aussi, dans ce sens, rappelant non sans à propos que nous subissions une véritable invasion de clandestins pour lesquels l’État, notre État, notre République, était aux petits soins tandis qu’il laissait crever nos malheureux compatriotes frappés par l’adversité, souvent d’ailleurs à cause de ces mêmes étrangers qui viennent leur voler le travail, le pain et les allocations de chômage. Un vrai scandale.

    En fait, pendant un temps, jamais je n’ai croisé autant de gens aussi soucieux des exclus, des SDF, des clodos. Comme quoi, le peuple français n’est pas ce monstre d’égoïsme que certains se plaisent à calomnier au motif que son seul souci serait la sortie imminente du prochain « aïefone » ou de la dernière « péessecate. » Au contraire, voilà plein de gens prêts à s’engager pour lutter contre la pauvreté et ses effets délétères sur notre brillante civilisation qui surclasse en cela toutes les autres et de loin, notamment l’africaine, pas assez entrée dans l’histoire, et la musulmane, trop arriérée. A se demander, par conséquent, pourquoi on aperçoit encore des mendiants dans nos rues ou à nos carrefours après un tel engouement ?

    C’est que, voyez-vous, c’est quand même pas facile de reconnaître un SDF français d’un pas français. Essayez, pour voir ! Bon d’accord, des fois on a des indices : un négro, par exemple, c’est pas vraiment un Français, enfin, je veux dire « de souche ». On est d’accord. Même Dieudonné et ses quenelles indigestes, c’est limite pour le prendre pour un gaulois. Mais alors, quand il est Blanc, le SDF, c’est pas gagné. Ça peut être un Slave, un Turc, un Libanais ou un Algérien aussi bien qu’un vrai Français. On peut pas savoir. Je vous dis pas la galère. La seule solution, c’est de lui parler mais, honnêtement, qui a envie de causer à des gens qui puent la vinasse et l’urine et sont juste capables de grommeler des injures infectes en guise de remerciements ? En plus, aucune reconnaissance. Y a quand même pas marqué Patrick Pelloux, là ! Non mais ! Sans compter qu’il y en a aussi que c’est des vrais taiseux. Comme des tombes, qu’ils sont. Impossible de leur arracher un mot sauf si on est patients et formés à la psychologie de ces populations extrêmement fragilisées.

    En fait, vous voulez que je vous dise ? Tous ces guignols qui se retranchent derrière l’infamie de l’exclusion, pour vomir leurs insanités xénophobes, n’ont jamais rien tenté pour venir en aide à qui que ce soit et surtout pas aux sans-logis, aux clodos. Parce que, s’il y a une chose qui n’a rien de facile, c’est justement d’approcher des gens qui ont autant de raisons de se méfier de notre bonté d’âme qu’ils inspirent eux-mêmes de répulsion à la plupart d’entre nous. Et puis, il faut être de sacrés salauds pour être capable de refuser à une personne en détresse, là, devant soi, un minimum d’aide, un minimum de réconfort ?

    Sûr que c’est plus facile de s’agiter derrière un écran et un clavier en éructant sa haine des autres et en se pâmant d’aise à l’écoute des anathèmes de la Marine, de sa nièce et de ses gars. Ça évite d’avoir à se poser trop de questions dont les réponses demandent un peu plus de réflexion et de considération pour les êtres humains.

    Car s’il s’agissait seulement des étrangers, en situation régulière ou irrégulière, peu importe, à qui, sous prétexte que le pays est en crise et « ne pourrait donc accueillir toute la misère du monde », dixit Jospin, nous ne devrions même plus tendre la main. Curieux prétexte pour un pays qui se targue toujours d’être la patrie des « Droits de l’Homme » et s’enorgueillit de la générosité de son histoire coloniale à l’égard des peuples ainsi civilisés gratuitement par lui comme le croit dur comme fer l’inculte nièce de la Marine quand elle parle d’apartheid. Ce qui lui vaut la cinglante réponse de Farida Bemba Nabourema sur son blogue. Non, il y a aussi les resquilleurs, ces escrocs bien de chez nous qui profitent sournoisement du système, soit qu’ils n’y ont pas droit, soit qu’ils en abusent. Assurément de bien plus dangereux individus que nos banquiers et certains de nos politiques qui nous truandent à grand coup de milliards.

    Comme cette vieille dame rencontrée en Avignon l’autre jour et qui voulait se rendre aux « Restos du Cœur » d’Orange pour y retirer un colis de Noël qu’elle avait déjà touché auprès de ceux d’Avignon. Pour en avoir deux, disait-elle d’un petit air espiègle et gourmand et sans la moindre gêne car, après tout, elle avait aussi vécu à Orange et avait toujours la preuve de son ancienne adresse.

    Ne sont-ils pas terriblement inquiétants, ces gens qui en prennent plus que ce qu’on voudrait leur donner ? Voyez le scandale ! Bien sûr, ce n’est sans doute pas brillant mais quoi ? Qui sommes-nous pour juger avec nos ventres pleins et nos préjugés de merde ? Gardons nos leçons de morale et donnons-leur les moyens de vivre décemment si nous ne voulons pas qu’ils agissent ainsi !
    C’est peut-être pour cette raison que la ville d’Orange et son maire, un ancien pote à la délicieuse Marine, ont décidé de sucrer une subvention de 1000 € à l’antenne orangeoise des Restos du Cœur trop soucieuse de l’anonymat de ses bénéficiaires et à qui la ville reproche de ne pas vérifier leur (insuffisance de) ressource. Tu parles d’un crime de lèse-majesté ! Il ne manquerait plus qu’il y ait des étrangers parmi ces crève-la-faim ! Et puis, pour 1000 €, faut-il aussi que l’on baise les pieds du grand homme ? 1000 € pour 728 familles : non, c’est trop, arrêtez, on va vous accuser de dilapider l’argent public !

    Alors, je ne me fais pas d’illusion. Ce blogue a une diffusion plus que confidentielle et ne risque pas d’entrainer une grande révolution chez ceux à qui ce billet est le plus destiné. Quand même, comme mon ami Francis l’a dit avant moi, il y en a marre des peigne-cul racistes qui se décomplexent à bon compte sur la toile en galvaudant les principes humanistes dans le respect desquels j’ai été éduqué.

    Non, messieurs-dames, nous ne partageons pas la même vision de la France et de l’Humanité. Vous ne serez toujours que des larves sans consistance, réjouies de vous vautrer dans la fange infecte de votre nationalisme imbécile et criminel et de vos haines étriquées. Et je serai toujours aux côtés de ceux qui vous combattront et vous écraseront sous leurs semelles.

    No pasaran !

    De l’objection de conscience

    dimanche 25 novembre 2012, par Marc Leblanc

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    Louis Lecoin

    Vous connaissez certainement Louis Lecoin. Peut-il en être autrement ? Vous savez bien, ce vieux monsieur disparu en 1971, célèbre militant pacifiste et anarchiste, qui arracha à De Gaulle le statut des objecteurs de conscience. Pas n’importe comment, notez. Ce fut après une grève de la faim, en 1962, qui aurait pu lui coûter la vie. Il avait 74 ans et une putain de sacré volonté. A l’image de sa vie d’insoumission à l’armée, de refus de la guerre, du port des armes. L’union pacifiste de France, c’est lui. Un grand monsieur.

    Et il en fallait du courage au début du XXième siècle pour refuser l’armée, pour être objecteur de conscience. Lui, la guerre de 14-18, il s’en est tiré avec 5 ans de prison militaire pour insoumission, en 1917. Imaginez ! Et toute sa vie, il fut fidèle à ce combat.

    Alors, quand j’en entends certains prétendre qu’il faudrait aménager une clause de conscience pour permettre aux maires que cela heurte de ne pas célébrer le mariage de deux personnes du même sexe, laissez-moi vous dire que je trouve cela plus que pitoyable. Honteux !

    Regardez-les, ces Goasguen, ces Bompard qui viennent nous servir leur pauvre petite conscience effarouchée. Pauvres chochottes ! Mais même dans un étron de Louis Lecoin on pourrait trouver plus de grandeur d’âme et de noblesse que dans leurs petits esprits étriqués.

    Bompard, c’est l’actuel Comte d’Orange, donc. Vous connaissez certainement cette riante bourgade vauclusienne lovée au pied de la colline St-Eutrope, célèbre pour ses Chorégies, son arc de triomphe et son théâtre antique romains, sa caserne de la Légion étrangère et sa Base Aérienne et qui fût jadis le calvaire d’un nombre incalculable de vacanciers en transhumance par la légendaire Nationale 7.
    C’est pas un mauvais endroit pour y vivre. La vieille ville a du charme, on y trouve d’excellents restaurants, des hôtels sympathiques et des terrasses ombragées où il fait bon siroter sa boisson préférée lorsque le soleil devient assommant. C’est pas Avignon non plus avec sa foule bigarrée qui emplit ses rues quasiment à longueur d’année. Un endroit pas désagréable donc dont l’une des particularité est de s’être donné un maire d’extrême-droite. Forcément, ça fait tout de suite moins envie.
    C’est ce type qui avait refusé de prêter du matériel à la fête d’une école publique, comme ça se fait partout, sous prétexte qu’à la buvette étaient servis des sandwiches halal. Une telle entorse à la laïcité ne pouvait laisser monsieur le Maire indifférent. J’en avais parlé ici.

    C’est aussi ce type qui a accueilli dans sa ville une sorte de congrès du bloc identitaire au début de ce mois. C’est cohérent. C’est enfin le conseil municipal d’Orange qui, sous sa houlette, vous pensez bien, a voté une résolution interdisant les mariages homosexuels sur son territoire. Parce que chez ces gens-là, non seulement on n’aime pas les pédés et les gouines mais en plus on se croit encore au bon vieux temps de la féodalité où chacun faisait sa loi dans son coin. Si ça n’avait pas risqué de paraître un peu brutal, on peut même parier qu’ils les auraient bien condamnés à la roue ou au bûcher sur la place du théâtre antique, ces salopards de gays et de lesbiennes ! Si, si !

    C’est là qu’on mesure le courage qu’il leur faut à ces braves pour faire valoir leur conscience contre l’abomination qui s’annonce. Car j’ai vu comment étaient traités les objecteurs de conscience au moment de l’incorporation, à l’époque où la conscription était encore en vigueur et où, pourtant, un statut leur avait été accordé généreusement. On ne peut pas dire qu’ils étaient chouchoutés. Je me souviens aussi très bien de ce que disaient d’eux certains militaires dégorgeant de testostérone : des fiottes, des lopettes, des tarlouzes… Objecteur = pédé, quoi. Il doit l’ignorer, Bompard, c’est sûr ! Ça va lui plaire.

    Mais bon, on s’en fout un peu. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’on a tendance à oublier qu’un maire qui célèbre un mariage n’agit pas en tant que personne privée et encore moins en tant que propriétaire des lieux et de la charge mais au nom de l’État et donc du peuple français qui lui confère la fonction d’officier d’état civil. En d’autres termes, ses états d’âmes, on s’en cogne. Il est là pour enregistrer la volonté de deux personnes de vivre ensemble, point barre. De la même façon qu’il n’a pas d’autre choix que d’enregistrer un décès ou une naissance même si cela concerne des gens qui lui sont insupportables. C’est la loi et elle est la même dans toutes les communes.

    Notre bon président l’a peut-être un peu oublié. Mais il est vrai qu’il oublie pas mal de choses, hélas ! Pourtant, si ce concept devait être retenu, je pense que tout un chacun sera bientôt en droit de faire valoir une clause de conscience chaque fois qu’une loi lui déplaît. Par les temps qui s’annoncent, je parie que ça ne risquera pas de manquer.

    Mieux vaudrait commencer à y réfléchir dès à présent !…

    En attendant ce jour, rendons hommage au courage et à la constance de Louis Lecoin qui fut, lui, un vrai objecteur de conscience et un vrai grand citoyen du monde, tellement loin de la médiocrité ambiante actuelle.

    Post-scriptum :
    Une fois de plus, notre excellent maître Eolas aborde le sujet avec brio en soulevant un point de principe fondamental qui remet les pendules à l’heure : la liberté de conscience (et non la clause de conscience). Bonne lecture.

    A en croire le gouvernement, refuser de ratifier le traité budgétaire aurait été une catastrophe. Et quelle catastrophe ! Cette si belle Europe, le phare de la démocratie, tout de même, aurait ainsi été réduite à néant, sa superbe monnaie jetée aux oubliettes de l’histoire et une crise sans précédent aurait anéanti à jamais les pays du vieux continent.

    Ne sont-ils pas mignons nos Hollande, Eyrault, Cahuzac, Guigou et autres Fabius à vouloir aujourd’hui nous vendre comme seule issue à la crise, comme seul remède au prétendu déclin du pays, un traité qu’ils vouaient aux gémonies, naguère — il n’y a pas si longtemps, l’affaire de quelques mois tout au plus — et qui serait devenu bien plus présentable depuis que notre admirable président, de ses petits poings rageurs frappés avec autorité sur la table, aurait obtenu un début de semblant de commencement d’éventuel pacte de croissance ? Enfin peut-être. Enfin, faut voir, c’est pas sûr parce que, Angela, elle est pas trop chaude pour ce qui est de sortir de la merde ces salauds de fainéants du Sud !

    Bah oui, c’est beau l’Europe, la fraternité entre ses peuples qui n’hésitent jamais à ressortir leurs vieilles badernes pour mieux se mépriser les uns les autres. Les Grecs ? Des voleurs et des tricheurs qui n’ont que ce qu’ils méritent. Les Ritals et les Portos ? Pareils ! Quant aux Espagnols, n’en parlons même pas ! Mais à part ça, on s’aime tellement que ça en serait indécent d’en faire une démonstration. Parole !

    Et puis, pour Merkel, faut pas pousser le cochonnet trop loin, non plus : les exigences démocratiques doivent être compatibles avec le marché. Autrement dit, les intérêts des rentiers avant ceux de la populace. Danke schönn !

    Donc, grâce à Hollande, ce fameux traité qui, il y a encore à peine 6 mois instaurait une austérité à perpétuité, un carcan tel qu’il interdisait toute politique sociale, ce fabuleux traité est maintenant devenu la quintessence de l’ambition sociale et économique de la gauche moderne qui se doit d’être à la fois sociale et libérale. Un must ! Le nec plus ultra de l’oxymore politique, ma chèèèèèère Vâââlérie, n’est-ce pas ? Enfin, la gauche… C’est ce qu’ils disent dans les journaux parce que eux, c’est bien connu, ils savent tout mieux que nous. Ça là, ce machin qui est au gouvernement du pays, ce serait la gauche, les autres n’étant que des extrémistes.

    Et il est content, Hollande. Pas besoin de la droite pour voter le traité. C’est sûr, ça aurait été la honte pour un gouvernement qui se dit « de gauche » mais c’est pas glorieux quand même car, en réalité, c’est cette mouvance prétendument de gauche qui a voté avec la droite. On savait qu’ils nous feraient le coup mais on reste toujours ébahis par cette faculté des socialistes à renier leur parole. Mais quel bel enfumage digne du sarkozysme ! Quel bel exercice de trahison !…
    Il y a quand même eu 282 députés dits « de gauche » pour approuver le traité : 264 socialistes, 12 radicaux de gauche, 3 écolos, 1 apparenté front de gauche martiniquais. 282 noms (oui, je sais ça fait seulement 280) qu’il va falloir retenir pour pas se tromper à nouveau aux prochaines échéances électorales.

    Et tout cela, à un moment où près de 70 % des Français déclarent qu’ils voteraient contre Maastricht si le référendum avait lieu aujourd’hui. Et cela après avoir fait campagne en prétendant vouloir renégocier le traité, ce qui n’a pas été fait malgré ce qu’en dit Eyrault.
    Mensonge et trahison. Une nouvelle fois, la décision a été prise sans et contre le peuple sous prétexte qu’il n’y a pas de nouveau transfert de compétence. La belle affaire ! Notre belle classe politique avait surtout peur de se voir une fois de plus désavouée par le peuple prié de supporter sans broncher tout le poids de l’austérité perpétuelle. Car c’est pour notre bien, c’est pour la France. Et ils se foutent de nous en plus ! Le beau mécanisme que voilà, pillage de la ressource publique au seul bénéfice des intérêts particuliers, des rentiers qui iront ensuite s’installer à l’étranger pour mieux jouir de leur magot. Vive la France !

    Elle est vraiment brillante, notre classe politique. Tous ces bourgeois qui se partagent le pouvoir sur notre dos et qui n’hésitent pas à nous imposer les pires sacrifices alors qu’eux mêmes n’en souffriront pas. Les mêmes qui dans quelques mois se coucheront à nouveau devant le MEDEF pour mieux anéantir ce qu’il reste du droit du Travail, ce carcan qui bride tant la compétitivité de nos entreprises. On nous le vend si bien ce progrès fabuleux ! Droite, gauche ? Elle est où la différence ? Il est où le changement ? L’égalité devant le mariage et l’adoption ? Oui, c’est bien, c’est une affaire de justice mais ça ne changera rien au quotidien de millions de gens malgré ce que certains voudraient faire croire dans le débat débile actuel. Tandis que ce traité et ses conséquences, là où il aurait fallu rompre avec la logique libérale pour changer réellement cette politique suicidaire, les voilà d’accord pour nous emprisonner davantage.

    Mais, finalement, on aura au moins une satisfaction : les emplois dans la police (le maintien de l’ordre) ne risquent pas de diminuer. Au contraire, comme en Espagne ou en Grèce, il va en falloir pour calmer les mécontents, d’ici quelques mois. Et puis, on pourra toujours verser une petite larme de bonheur devant les mines ravis de nos chers dirigeants se congratulant d’autosatisfaction devant les cendres de la démocratie : Baroso, Merkel, Flanby, etc. A gerber !

    C’est vrai, c’était pas si mal trouvé finalement, Flanby, le courageux capitaine de pédalo qui a si bien su nous mettre !… Trop fort !

    Quand même, je crois qu’elles peuvent se frotter les mains, les Marine, Marion et consort. Il est en train de leur préparer le terrain, notre bon Hollande, notamment dans le Vaucluse.

    On parie ?

    Avignon, scènes sublimes

    Le bonheur théâtre

    dimanche 29 juillet 2012, par Marc Leblanc

    On a beau habiter à proximité du Saint des Saints, ce n’est pas pour autant qu’on est des festivaliers aguerris. Au contraire, je dirais que pendant très longtemps, chez nous, la grande préoccupation du mois de juillet a été de n’avoir pas à aller jusqu’en Avignon pour quelque raison que ce soit. Surtout éviter d’y mettre les pieds et de se retrouver noyés dans la fournaise et la foule compacte et hétéroclite des touristes et des amateurs de théâtre. Souvent les mêmes d’ailleurs.

    Il n’y a guère qu’à l’adolescence que, avec quelques congénères, nous nous empressions de nous y rendre, moins pour nous enfermer dans quelque salle devant une improbable scène que pour nous offrir le spectacle gratuit et en plein air de toutes ces belles filles, léger et court vêtues, offrant aux esthètes que nous étions alors (et que nous sommes demeurés, encore très souvent, heureusement !), la vision enchanteresse de leurs courbes sublimes et de leurs sourires étourdissants. J’avoue que, aujourd’hui encore, l’un des attraits du festival d’Avignon est la beauté joyeusement exposée de cette jeunesse superbe et pleine de vie. Que celui qui prétend n’avoir pas succombé aux charmes d’une mignonnette lui tendant le tract d’un spectacle en devenir, avec grâce et sourire, soit sur le champ brûlé vif pour mensonge éhonté ! Bien sûr, je précise, pour éviter d’être taxé d’intolérance par certains amis aux orientations sexuelles différentes des miennes, qu’ils peuvent à loisir changer le genre de la cible. Les faits sont là : Avignon durant l’été et surtout le mois de juillet est le temple de la jeunesse et de la beauté !

    Et le théâtre dans tout ça ? Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi mais j’ai longtemps trouvé ce genre de spectacle inaccessible, voire hermétique. Je veux parler du spectacle vivant, celui qu’on regarde depuis une salle et non pas celui qu’on nous distille à la télévision. Pourtant, j’avoue aussi avoir été séduit et captivé par des émissions comme le Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli qui, sans être véritablement du théâtre, étaient des téléfilms aux décors souvent rudimentaires qui s’en rapprochaient beaucoup. Et aux textes magnifiques.

    Il a fallu que j’aille vivre en plein cœur d’Avignon, à une certaine époque, pour commencer timidement à m’intéresser vraiment au vrai théâtre, un peu puis un peu plus, plus tard, quand j’ai participé à la vie d’une MJC. De fait, le théâtre est un univers insolite capable de vous emporter dans un tourbillon de mots et d’images par la simple force des textes et du jeu des comédiens. Lorsque l’alchimie fonctionne, on vibre tout entier, on ressent avec les tripes les émotions transmises par ces gens qui ne sont plus eux mais des personnages réels, vivants, ne s’adressant qu’à soi. On est parmi eux, on vit leur vie et on baigne dans leurs mots. Le spectacle, alors, nous appartient à nous seuls. Il est nôtre. Que le comédien soit seul en scène ou parmi une troupe plus ou moins nombreuse, la magie opère toujours de la même façon même si chaque fois elle est différente. Bien sûr, il arrive qu’elle n’opère pas, qu’il manque à la pièce ce souffle qui déclenche le rêve et qui n’est pas forcément le même pour chacun. Tant pis ! Il restera quand même une certaine reconnaissance envers ces comédiens qui ont essayé de nous transmettre quelque chose. Rien n’est jamais perdu dans le théâtre. Il y a toujours au moins la foi des comédiens dans l’œuvre qu’ils défendent. Peut-être ont-ils été mauvais ce soir ou moins bons que d’ordinaire. Sûrement le seront-ils à nouveau un autre soir pour d’autres spectateurs plus chanceux. Je n’ai jamais détesté une pièce. Au pire, elle m’a laissé indifférent.

    Avignon, c’est une orgie de théâtre. Il paraît que, cette année, il y avait près de 1200 spectacles présentés, partout en ville et autour d’Avignon, dans les lieux parfois les plus improbables. Comment faire un tri parmi tous ces prétendants ? C’est impossible. Même la lecture des quotidiens locaux ne donne qu’une vision partielle de ces spectacles parmi lesquels on peut trouver d’authentiques pépites sur lesquelles, tous, nous rêvons de tomber. En fait, il existe une multitude de spectacles réjouissants qui, chacun à sa façon, nous offre un de ces instants de bonheur dont nous savons nous contenter, juste pour l’amour de ces scènes généreuses et des textes qu’on nous y offre et pour ces sièges très souvent affreusement inconfortables qui sont la preuve de notre abnégation inconditionnelle.

    Et je ne parle là que du festival Off. Car il paraît qu’il y a un festival In, très officiel, qui jouit du privilège de la fameuse cour d’honneur du Palais des Papes et qui, il faut bien le dire, laisse le plus souvent de marbre… Comme si cet honneur d’être reconnu dans ce lieu unique, hanté par le fantôme de Jean Vilar, rendait la tâche presque impossible à ceux qui prétendent assumer cet héritage. Comme si, cette quasi-obligation de présenter des pièces pourtant archi-jouées depuis des lustres mais dans des mises en scènes estampillées modernes, différentes, innovantes et tutti quanti instaurait un horizon le plus souvent inatteignable, dans un rituel convenu.

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    Affiche M. Guérin

    Le vrai théâtre populaire si cher à Vilar semble donc bien être ce Off bouillonnant comme un chaudron plein d’idées, de vie et de joie de vivre. Tout n’est sûrement pas intéressant, tout ne vaut pas le prix qu’on nous en demande, je présume, mais Avignon mérite bien sa réputation de ville de théâtre tant elle devient un véritable bouillon de culture… populaire.

    Il faut reconnaître, tout de même, que pour qui veut faire une cure bénéfique de théâtre, il vaut mieux prévoir un petit budget pas forcément négligeable. Et aussi s’organiser et prévoir.

    Le prix des places oscille en général entre 15 et 20 € (tarif normal). Des fois plus, des fois moins. Il existe des possibilités de réductions, notamment avec la carte du Off. Le problème est aussi que, au fur et à mesure que le festival avance (entre le 7 et le 28 juillet, cette année) et, avec lui, le bouche à oreille, il devient difficile d’accéder à certains spectacles sans réserver parfois longtemps à l’avance. Cela devient même une gageure quand on n’a que le samedi et le dimanche pour étancher sa soif de découverte même en y allant à l’aveuglette !

    Nous aurons tout de même réussi à voir quelques spectacles de qualité, cette année. Au théâtre du Chêne Noir : « Bibi ou les mémoires d’un singe savant » de Henri-Frédéric Blanc avec Damien Rémy ou « le Pays des Galéjeurs », par la Compagnie des Carboni, opérette d’après Scotto, Carb, Alibert et Sarvil. A l’Attila Théâtre : M. Guérin de et par Fabien Waltefaugle, histoire d’un mec gentiment névrosé façon Elie Sémoun et limite psychopathe façon Albert Dupontel. Avec beaucoup de plaisir à la clé.

    Et beaucoup de regrets de n’avoir pu aller voir « Invisibles » de Nasser Djemaï au Chêne Noir ou « Ma Marseillaise » de Darina Al Joundi au Théâtre des Halles, pour ne citer que ceux-là. Du moins, nous restera-t-il, à nous autres qui vivons près de la cité bénie, le plaisir d’aller à la rencontre des théâtres permanents qui, tout au long de l’année, nous offrent de riches spectacles dont j’essaie parfois de vous parler. Car, par bonheur, Avignon ne vit pas seulement dans la chaleur étouffante de juillet et sait réserver de belles découvertes à qui se donne la peine de s’y intéresser.

    Législatives 2012

    Fronts et affronts

    vendredi 15 juin 2012, par Marc Leblanc

    On a peut-être le « front républicain » à SOS-Racisme mais il semble être un peu bas et il n’est pas certain qu’il y ait un cerveau capable d’un brin de réflexion derrière car, à vouloir appliquer partout la même règle sans se préoccuper des réalités locales, on en finirait presque par oublier que le racisme et l’intolérance ont effectivement été promus au rang de politique gouvernementale pendant ces cinq dernières années. Et qui c’est qui gouvernait, hein ? Ce serait pas des fois l’UMP avec ses glorieux alliés comme l’impayable « Nouveau » Centre ?

    Dans un récent communiqué intitulé Élections législatives : les candidats de la honte, l’association déclare :

    La candidate PS Catherine Arkilovitch qui, en refusant le désistement républicain en faveur du candidat de l’UMP, est responsable de la triangulaire qui se déroulera dans la 3ème circonscription du Vaucluse. Cette situation, qui risque de voir Marion Maréchal Le Pen entrer à l’Assemblée nationale, est d’autant plus inacceptable dans une circonscription où la victoire du FN a été érigée en symbole par Jean-Marie Le Pen.

    et finit sa diatribe par cet appel d’une rare bêtise :

    SOS Racisme appelle l’ensemble des électeurs de ces circonscriptions à voter en faveur du candidat républicain le mieux placé à l’issue du premier tour.

    Et là, on s’interroge : il est où le candidat républicain dans la 3° du Vaucluse ? Vite, un nom.

    Sûr, c’est pas la tite fifille Le Pen, on est bien d’accord. Mais on ne voudrait pas nous faire croire que c’est Jean-Michel Ferrand, quand même ? Le candidat UMP de la fameuse droite populaire ? Le même machin qui, dans les Bouches-du-Rhône, se désiste en faveur du FN pour faire battre le socialiste Vauzelle ou, comme la pitoyable Morano qui se trouve des valeurs communes avec le FN et appelle ses électeurs à voter pour elle. Voilà qui est clair !

    En fait, ici, il n’y a qu’une candidate républicaine. Elle est socialiste et s’appelle Catherine Arkilovitch. Elle défend crânement sa chance face aux deux résidus pétainistes qui se la jouent plus peuple l’un que l’autre pour faire croire qu’ils en sont. Et, bien sûr, elle a été lâchée par son parti et son suppléant (un certain Roland Davau — un nom à retenir pour éviter des votes inutiles à l’avenir) et par le reste de la gauche, y compris Roger Martin, le candidat du Front de Gauche.

    Ce dernier prétendait il y a peu fonder la légitimité de sa candidature (de gauche) sur ses longues années de combat contre le FN et ses thèses. Personne ne songe d’ailleurs à contester cet engagement. Sauf que M. Martin comme, hélas, beaucoup trop de ténors de la gauche, semble avoir de gros problèmes de vue. Comment des militants communistes osent-ils nous demander de voter pour un facho plutôt que pour l’autre ? Comment M. Martin ose-t-il nous appeler à voter Ferrand alors que la candidate socialiste se maintient et mène la bataille ?

    Elle n’a aucune chance de gagner ? Qui le dit ? Les urnes n’ont pas encore parlé. Et puis, je croyais que la dignité, en démocratie, c’était de mener son combat jusqu’au bout en restant fidèle à ses idéaux. C’est cela l’idéal de M. Martin ? Tromper ses électeurs en les faisant voter pour la pire des droites ? Ou bien se venge-t-il mesquinement de Madame Arkilovitch qui a osé contester la légitimité de sa candidature et l’a battu ? Si c’est ça, le geste mérite d’être salué tant il est beau ! J’ai soudain mal à mon bulletin de vote du 1er tour…

    Appeler à voter Ferrand, c’est baisser les bras. C’est envoyer une bouée de sauvetage au vieux crocodile en perdition. Marion Le Pen risque d’entrer à l’Assemblée ? Et alors ? Oui elle risque mais elle n’y est pas encore. Et si les électeurs de gauche ne sont pas aussi stupides que les leaders locaux, on se préoccuperait moins de voir la Le Pen s’asseoir dans l"hémicycle que de voir Catherine Arkilovitch gagner. Car tant qu’on n’a pas tout tenté, tout espoir n’est pas perdu.

    Hélas, ce qui risque de se passer maintenant, c’est que cette bataille soit effectivement perdue sans aucun profit pour la République. Et cela nous le devrons à la frilosité d’une partie de la gauche qui confond stratégie de bazar et dignité.

    Cela m’avait un peu irrité quand je l’avais lu mais je finis pas donner raison au maire de Bédarrides, Joël Sérafini : on a bien la gauche la plus bête du monde dans le Vaucluse.

    Alors, on l’aura compris : La méchante diatribe de SOS-Racisme est indigne. Elle est là la honte, sur ceux qui ont écrit ces lignes d’une bêtise affligeante. JAMAIS je ne voterai pour l’UMP dans le Vaucluse, même si cela doit permettre au FN d’être élu, car d’ici peu, on aura droit à des alliances entre ces partis. Et qui seront encore les dindons de la farce ? la gauche et le peuple et la République !

    Je voterai donc pour ceux qui se battent encore et ne se résignent pas. Quoi qu’il advienne dimanche, comme Serge Paumier dans Médiapart, je dis : Chapeau, Madame Arkilovitch. Bravo et merci.

    Législatives 2012

    Quel enthousiasme !

    vendredi 8 juin 2012, par Marc Leblanc

    On sent bien qu’il en faudrait peu pour que ces élections tournent à l’hystérie collective… Mais non, je plaisante. La mayonnaise a du mal à prendre, hélas ! Comme si, depuis l’instauration du quinquennat, les législatives avaient perdu tout intérêt en ne devant être que la confirmation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, c’est pas faute pour certains de se donner beaucoup de mal pour mettre de l’ambiance.

    Tenez, par exemple, Maryse Joissains, vous connaissez ? Non ? Il paraît qu’elle est maire d’Aix-en-Provence. Si, si ! Mais bon, c’est pas leur faute non plus, aux Aixois. Ils ne savaient sûrement pas à qui ils avaient à faire. Alors donc, la Maryse, c’est celle qui a voulu faire son intéressante en attaquant l’élection de Hollande devant le Conseil constitutionnel quatre jours après celle-ci, alors que le délai légal n’est que de 48 heures et que seuls les candidats ont cette possibilité. En fait, c’était juste histoire de faire parler d’elle en essayant d’être encore plus ridicule que ses copains de l’UMP. L’animatrice du club des Sarkozettes du Sud — pendant méridional de l’inénarrable Morano pour la zone nord, c’est dire si la concurrence est terrible ! — en avait gros sur la patate que son Nico se soit fait bananer, alors elle nous a resservi à sa façon le fameux couplet du pov’ Sarko qu’était seul contre tous, victime de tant de calomnies, que même Bernard Thibault de la CGT à « illégalement » appelé à voter contre lui. Rendez-vous compte : si même la CGT dit du mal de Sarko, où va la France, ma pov’ dame, je vous demande un peu ? Pour Maryse pas de doute, l’élection de Hollande fait de la France une république bananière. Elle est mignonne, non, la Maryse ? On pensait que, avec Hortefeux, Dati, Wauquiez, Estrosi, Ciotti, Lefèbvre ou Morano (liste non exhaustive), on avait tout vu et tout entendu question bêtise insondable. C’était compter sans Joissains. Y a encore un cas, là. Décidément, l’UMP a des ressources inépuisables dans ce domaine. Il est temps de passer à autre chose car on sent qu’ils sont arrivés au bout du bout, ces braves gens. D’éructations en mensonges bien lourds, il n’y a plus rien pour lui donner de l’élan à l’UMP. Sauf un bon coup de pied au cul pour l’éjecter.

    Un autre animateur frénétique de la campagne : Morin et son Nouveau Centre. Honnêtement, j’ai beau chercher où se planque sa nouveauté, je trouve que ça sent surtout le moisi. Comme ces vieilles lingeries qui n’ont pas servi depuis longtemps, enfermée dans une armoire et restée telles qu’au premier jour. Rassis genre vieille rengaine. C’est vrai, le centre, question originalité, ça reste un peu étriqué. Ça te vous la joue d’importance en agitant ses petits bras musclés et pchitt ! ça finit toujours par se coucher devant la droite, si possible dure quand ce n’est pas l’extrême-droite comme dans le Vaucluse. Ils ont bonne mine les centristes à toujours vouloir faire croire qu’ils ne sont pas de droite alors qu’ils n’hésitent jamais à s’allier avec les plus pourris. En fait, le centre, c’est plutôt du nombrilisme élevé au rang de principe politique. Et comme chacun sait, au niveau du nombril, souvent, c’est tout mou. Et puis franchement, qui peut bien encore prendre Morin et ses potes au sérieux après sa stupéfiante campagne de la présidentielle ? « Monsieur 0 %» disaient les mauvaises langues. Là aussi, encore pchitt ! Mais bon, je reconnais qu’il fallait oser, pour quelqu’un qui ne représente rien, vouloir aller à la baston même si l’issue était connue d’avance. Comme pour Borloo. Pareil. La touche sociale du sarkozysme qu’il disait ! Tu parles ! Des fois, on se demande où il va chercher tout ça, ce clown.

    Bien sûr, on a aussi le FN qui en fait des tonnes pour épater la galerie. Je reconnais qu’il a de quoi bomber le torse, vu ses scores. Pour un peu, on croirait que le pouvoir lui revient de droit. Suffit d’écouter la Marine jubiler : Sarko voulait lui faire l’intérieur, le voilà hors course. Mais là aussi, sur le fond pas de changement. Toujours la même obsession : l’étranger et tout ce qui peut lui ressembler de près ou de loin. Surtout de loin. D’ailleurs, on ne dit plus « les Français d’abord », au FN, mais « les nôtres d’abord ! » La nuance est de taille surtout quand la Marine affirme que la plupart des gens qui crient « Vive Mélenchon », à Hénin-Beaumont, sont des Maghrébins. A l’UMP, on les appelle « musulmans d’apparence ». Mais c’est la même ignominie qui sous-tend le même discours raciste. Faut s’appeler Guaino pour trouver que le FN est devenu un parti politique comme les autres. Au moins aussi républicain que l’UMP dont certains candidats clament à pleins poumons qu’ils ont les mêmes valeurs que le FN et qu’ils préfèrent celui-ci à la gauche. On notera d’ailleurs à ce propos que la droite ne parle de la République que quand elle est sûre de gagner, comme en 2002. Bien contente alors que des cons de gauche vote pour elle au nom du sacro-saint front républicain. Mais quand ça va mal, alors, le front républicain, elle s’assoit dessus. Faut dire que, entre-temps, il y a eu Sarko dont l’héritage est plus pétainiste que gaulliste. Certes, c’est toujours un uniforme mais pas franchement la même dignité. Finalement, il aura même réussi à rendre Chirac sympa. Mais ça n’empêchera pas le sortant du coin, Jean-Michel Ferrand — dit Gomina — de se faire quelques cheveux blancs car si un duel avec Marion Le Pen-Maréchal semble plus que probable, la toute nouvelle dignité républicaine du FN pourrait bien inspirer à des électeurs de gauche qu’il est préférable d’affaiblir durablement les sarkozystes, le FN ne représentant pas un danger majeur à l’Assemblée. Pure spéculation, dira-t-on. Sans doute. Mais qui sait dire aujourd’hui où est la peste et où est le choléra après cinq ans de Sarkozy ?

    Bien sûr, il est très regrettable, dans ces conditions, que la gauche n’ait pas su s’unir davantage. Ici, plusieurs personnalités sont montées au créneau pour dénoncer le boulevard que cela offrait à l’UMP et au FN. Admettons. Mais quoi ? Une union suppose des constats communs auxquels on souhaite apporter des solutions communes, un projet politique construit ensemble. Or, ce projet n’existe tout simplement pas. Le PS et le Front de Gauche ont peut-être parfois les mêmes constats mais ils y apportent des réponses radicalement différentes. Du reste, le discours du PS ne laisse pas d’inquiéter quand on y regarde de plus près. Il a tout de même permis, par son abstention, l’adoption du projet de loi permettant la ratification du pacte de stabilité renforcée à la fin du quinquennat de Sarko. Une belle façon de ne pas injurier l’avenir. Il a beau jeu aujourd’hui d’exiger un pacte de croissance alors que tout le monde prête à ce mot un sens différent et que ledit pacte risque de se faire attendre.
    Je n’oublie pas non plus que François Hollande a été, comme de nombreux socialistes, un artisan de cette Europe que les Français ont rejeté sans ambiguïté. Je ne m’attends pas à ce qu’il la remette profondément en cause. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut rechercher l’audace. Au contraire, je m’interroge sur le sens réel de certaines mesures comme la baisse des émoluments du Président et des ministres. L’exemplarité, nous dit-on. D’accord. Est-ce pour mieux nous faire accepter en juillet prochain la baisse de nos salaires, à nous salariés et fonctionnaires, ainsi que le prône toute l’oligarchie européenne et le pacte de stabilité renforcée au travers des réformes structurelles vantées par l’Allemagne et que les syndicats CFDT, FO et CGC sont déjà tout disposés à gober ?

    Franchement, je ne suis pas très enclin à pleurer une union plus qu’hypothétique. En fait un marché de dupes. Il y a aujourd’hui plus qu’une simple différence d’appréciation entre le PS et le reste de la gauche (excepté EELV qui sait bien où sont ses intérêts). C’est une vraie divergence de conception de la société. Il est d’ailleurs assez piquant de voir que le parti qui se prétend socialiste est celui qui en a quasiment tout oublié.

    Le PS obtiendra peut-être la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle tant les politiques conduites par les sociaux-démocrates en Europe peinent à se démarquer de celles des droites ultralibérales. J’espère que le Front de Gauche obtiendra pour sa part suffisamment de sièges pour peser sur la prochaine mandature. Parce ce pour moi il n’y a pas photo, la gauche, elle est là :


    J.-L. Mélenchon - Discours de Courrières par lepartidegauche

    Alors, advienne que pourra !

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