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[Blogue] Hôpital : la politique de Sarkozy et Bachelot tue !

Communiqué du Mouvement "ENSEMBLE POUR UNE SANTE SOLIDAIRE"

mercredi 7 janvier 2009

J’ai reçu ce communiqué le 29 décembre dernier, par Facebook où j’ai un compte. Bah oui ! Aussi... Mais je dois dire que je ne suis pas très assidu.

Passons, là n’est pas le sujet.

Il (le communiqué) est malheureusement toujours d’actualité puisque cette politique de la santé publique basée sur une logique exclusivement comptable, logique idéologique complètement libérale, ne sera remise en cause que par une prise de conscience collective de ses dangers.
Si la casse de l’hôpital public a été engagée bien avant que le furoncle n’accède au pouvoir, les mesures prises ces dernières années ne vont pas dans le sens de l’amélioration. C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais lisez plutôt :

Un petit garçon est mort le soir de Noël. Un homme de 53 ans ce week-end.
Erreur « humaine » dans le premier cas.
Trop de temps pour trouver une place libre dans un service compétent, pour le second.

Deux morts qui n’auraient pas dû être. Nous partageons la peine et la colère de ces deux familles, qui aujourd’hui doivent affronter à la fois le désespoir et le sentiment d’injustice.

Nous pensons aux soignants aussi. Des femmes et des hommes dont le métier est de sauver des vies, et qui n’y arrivent plus. Ou qui, à force de fatigue, commettent une erreur. Fatale.

Alors que, au cours des 50 dernières années, la médecine a repoussé les limites de la science, aujourd’hui nous pleurons un enfant et un homme qui ne sont pas les victimes de l’impuissance médicale face à la maladie.
Cet enfant et cet homme sont les victimes d’une politique délibérée d’un gouvernement qui casse l’hôpital public, pour créer une pénurie médicale. Cette pénurie obligera les Français à accepter la privatisation dont ils ne veulent pas.

Les arguments d’économies, de « rentabilité », de « réorganisation » ne trompent plus personne, quand l’Etat qui démantèle l’hôpital public arrive à trouver en quelques jours, dans des « caisses vides » des milliards pour renflouer les banques victimes de leur folie des grandeurs.

Pendant ce temps, Roselyne Bachelot pérorait chez Drucker ce dimanche [1], ne s’inquiétant que de l’éventuelle « récupération d’un drame aussi épouvantable » tandis que le secrétaire de l’UMP, lui, « mettait en garde » contre une récupération « politicienne » de cette « affaire ».

Voici ce que nous écrivions le 15 décembre :
« Nous rappelons au Chef de l’Etat et au gouvernement que les mesures et réformes qu’ils décident et mettent en place sont des choix politiques. Leurs choix.

Faut-il attendre que, demain, des malades privés de soins meurent, comme aux USA, du fait de décisions gouvernementales (fermetures hospitalières, déremboursements, forfaits, franchises etc…) visant à favoriser les actionnaires de cette belle source de profits qu’est la santé, pour que le mot, « responsabilité » prenne alors tout son sens ?

Faudra-t-il que cette réalité heurte de plein fouet tous ceux qui ont encouragé ou laissé faire, par intérêt personnel ou par désintérêt de ce qui ne les concerne pas directement, pour qu’ils mesurent la gravité de leur faute morale ? »

Aujourd’hui Mme Bachelot juge « incompréhensible » qu’il ait fallu plusieurs heures pour trouver un lit à un malade…

Et nous, nous jugeons inacceptable, que la ministre de la santé s’obstine dans une politique qui fait de plus en plus la preuve de son inefficacité et de sa dangerosité. Nous jugeons indécent qu’elle refuse d’endosser la moindre responsabilité en cas de problème ou de drame. Nous jugeons immoral qu’elle fasse semblant de ne pas comprendre que c’est SA politique qui est dangereuse.

Deux morts, c’est déjà trop. N’attendons pas qu’il y en ait d’autres pour obliger le gouvernement à arrêter de casser l’hôpital public et la sécurité sociale.

Pour le Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
Bruno-Pascal CHEVALIER - 06 89 18 01 77
Cécile MOUTTE - 06 10 73 83 99


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Depuis, un autre enfant est mort.

Je ne sais plus quel peigne-cul de ce gouvernement soutenait qu’on pouvait faire aussi bien avec moins de moyens. Peut-être ce bon Darcos en parlant de l’Éducation Nationale. Peu importe, la logique est la même pour l’hôpital public : tenter de soigner une population en constante augmentation et vieillissante avec moins de personnels, moins de structures. Au passage, on se souviendra avec attendrissement que nos amis socialistes avaient donné un joli coup de pouce lors de l’instauration des 35 heures, grâce au casse-tête qu’est devenu, depuis, la gestion des effectifs dans un hôpital où le terme "création d’emploi" est banni de fait, pour cause de restrictions budgétaires. La droite a eu beau jeu de dénoncer les méfaits de la réduction du temps de travail quand il s’agissait surtout de l’incurie de nos politiques à trouver des financements dignes de la mission de l’hôpital. Maintenant, ce sont les effectifs qu’elle réduit. C’est logique.
Comme il est logique que dans les groupements public-privé auxquels on assiste ici ou là, sous couvert de synergie, sous le beau nom de « Pôle Santé », les structures privées se voient confié les soins les plus rémunérateurs tandis que l’hôpital public pratique les plus lourds, les plus chers et les moins... « rentables ».
Comme il est logique aussi que certains fonds de pension étrangers, flairant les juteux profits, s’intéressent aux grands groupes de la santé privée.

Que la santé coûte cher, c’est un fait. Mais qu’elle soit vouée aux déficits systématiques, il n’y a que dans le credo formaté de nos dirigeants que cela soit une certitude. Là comme ailleurs (l’éducation, par exemple), il y a du pognon à ramasser. Tout dépend de la manière de s’y prendre.

L’hôpital public - qu’il soit général ou spécialisé (psychiatrique) - est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Comme l’ensemble de la politique sociale, proche du zéro absolu. Facile de venir faire ensuite de belles déclarations à la télé pour s’indigner de la mort d’un enfant, ici, d’un vagabond (vous savez, ces « SDF » ?), là, quand, par ailleurs, on fait tout pour démolir les mécanismes de solidarité. Pas d’argent pour les uns et des milliards pour d’autres. Logique mais criminel.

Notes

[128 décembre 2008, ndr

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