Accueil > Blogue > La gifle !

[Blogue] La gifle !

samedi 2 février 2008

Un enseignant est poursuivi devant le tribunal d’Avesnes sur Helpe pour avoir nous dit-on giflé un élève de 6° de 11 ans qui l’avait traité de connard. De fait ce professeur de technologie d’un collège de Berlaimont, dans le Nord, a été placé en garde à vue pendant 24 heures. Il comparaîtra en mars pour “violence aggravée sur mineur”.

A en croire l’AFP, l’enseignant mis en cause, avance que lundi matin, il aurait poussé par terre les affaires d’un élève âgé de 11 ans qui refusait de ranger une table en désordre au fond de la classe. L’élève lui aurait demandé une explication et le professeur l’aurait poussé contre la porte du fond. L’enfant, le regardant dans les yeux, aurait alors soufflé “connard” à l’adresse de l’enseignant. Qui l’a alors giflé.

Source : http://jprosen.blog.lemonde.fr/

Bon, j’avoue que si un instit’ ou un prof ou qui que ce soit d’ailleurs s’était permis de gifler mon lardon, au demeurant un brin espiègle, je n’aurais probablement pas fait le voyage pour lui remettre une médaille. Ceci d’autant plus que je n’ai jamais levé la main sur mes 2 canailles.

Il faut dire aussi que j’aurais été extrêmement surpris d’apprendre que l’un d’eux ait pu manquer de respect à quelqu’un. Ce n’est pas ainsi que nous les avons élevés mais sait-on jamais ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant qui pense qu’on lui a manqué de respect à lui ? On ne peut évidemment jurer de rien.

Alors oui, décidément, gifler un enfant est certainement un acte répréhensible de la part d’un adulte qui devrait savoir se maitriser mieux que ça. Tout comme, à l’inverse, il n’est pas acceptable qu’un élève manque de respect à son prof (ou à qui que ce soit d’ailleurs).

Bien sûr, un enseignant n’est jamais qu’un être humain sujet à la lassitude et à l’exaspération. Ne serait son statut particulier de pédagogue, on peut aussi comprendre que parfois il ait des envies de "meurtre", comme tout un chacun. Que celui qui n’a jamais eu envie d’écorcher vif sa progéniture me jette la première pierre. De là à passer à l’acte, non !

Dans le contexte particulier d’une classe qui réunit des enfants d’origines diverses, éduqués selon des principes qui peuvent être extrêmement différents, il est fort possible qu’un enfant habituellement poli se lache un peu sous l’influence de quelques camarades moins inhibés. Après tout, l’enfance, c’est aussi la transgression pour jauger les limites de l’interdit. Pour le coup, celui-là a gagné le pompon !

Reste que dans ce cas, une sanction disciplinaire avec explication aux parents me paraitrait amplement suffisante. Et nécessaire. Personnellement, j’en aurais remis une couche une fois rentré à la maison.

Là où je m’interroge, c’est sur la rapidité avec laquelle cet enseignant s’est retrouvé mis en garde à vue avec une plainte pour "violence aggravée sur mineur". Fichtre, je veux bien qu’il ait commis une faute, que frapper un enfant est inacceptable, mais tout de même !

Il est vrai que le papa du minot est gendarme. Ceci explique sans doute en partie cela. Je me demande si la justice aurait fait pareillement diligence si le paternel avait été un péquin lambda. M’est avis que non. Et pour dire le fond de ma pensée, je pense même que si le père de Rachid ou de Mohammed s’était déplacé dans un poste de police ou une gendarmerie pour déposer plainte contre un enseignant à la main trop leste, il aurait eu plus de difficultés que ça pour entamer une procédure.

Toutefois, on nous dit :

”Le procureur de la République assume la poursuite devant le tribunal correctionnel. Pour lui, l’enseignant serait allé au-delà d’une simple gifle. Il aurait plaqué violemment l’enfant au mur, l’aurait tiré dans la salle de classe devant les élèves. Il parle d’alcool et laisse entendre que les faits sont reconnus par l’enseignant.

En fait, cette histoire, d’une insondable stupidité, n’est sans doute pas aussi simple et limpide qu’on a bien voulu la rapporter. Le côté sensationnel de la chose explique sans doute ce manque de retenue médiatique dans une société qui ne sait plus trop comment regarder ses enfants, forcément fautifs du laxisme supposé de leurs parents.

Le professeur se dit choqué par le traitement qui lui a été infligé. Mais l’enfant ?

Attendons donc le 27 mars et ce qu’en dira la justice.

Blogue | Suivre la vie du site RSS 2.0