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[Blogue] Qu’elle est verte ma Provence

mercredi 25 juin 2008

Ça fait quoi ? 3 jours que le temps a viré au beau et déjà on transpire à grosses gouttes sous nos casques et dans nos blousons. J’ai même ressorti pour l’occasion mon demi-jet Nolan N41 et mon blouson Spidi ventilé mais rien n’y fait. Le thermomètre s’envole et ça dégouline !

Il faut dire que depuis le mois d’avril, le monde semblait tourner à l’envers. Soleil au Nord, pluie au Sud. Tant mieux pour les copains du Septentrion hexagonal. A franchement parler, j’étais pas trop jaloux même si j’ai un peu réduit les sorties avec Frida. A certains de mes fidèles lecteurs qui ne manqueront pas de me qualifier de motard d’opérette, je servirai cette excuse qui vaut ce qu’elle vaut : Arriver en clientèle harnaché comme un spationaute, ça le fait pas trop. Sans être un adepte du costard-cravate, j’aime bien m’éviter les contorsions qui président à l’enfilage et au retrait des vêtements de pluie motards.

Sans compter que la fameuse réflexion "Roah ! T’es un vrai motard, toi ! Tu roules même quand y pleut !" m’a toujours fait un peu marrer. Comme si c’était un plaisir de rouler sous la flotte. Alors quand elle est programmée, pas d’hésitation. Je prends la caisse. En plus, maintenant, j’en ai une climatisée. Si ! Le pied !...

Bon, on se laisse aller et c’était pas vraiment pour parler de moto sous la pluie que j’avais pris la plume ce soir. J’en étais où ? Ah oui...

Donc, depuis avril, il a beaucoup plu sur nos contrées. Au point que je me suis demandé si l’Ouvèze allait sagement rester dans ses digues. Mais non. Elle est montée, montée, montée, montée et pof ! Ça s’arrêtait le temps d’évacuer vers la réserve à PCB. Pardon, le Rhône.

L'Ouvèze en amont de Bédarrides L'Ouvèze en aval de Bédarrides

Égoïstement, je me disais aussi que c’était toujours ça d’économisé pour arroser le jardin. C’est pas que ce soit Versailles ou Vaux-le-Vicomte mais quand même. Pour y faire pousser trois fleurs et deux plans de fraisiers, faut vraiment y croire. Mébon... N’empêche, ça lui a fait du bien et à notre compte en banque aussi par la même occasion.

Je me suis rendu compte également que le pays était devenu luxuriant. J’exagère à peine et je m’explique.

D’ordinaire, l’été arrive comme un coup de massue entre la mi-mai et la première semaine de juin. J’ai bien connu des années où la chaleur débarquait vers le 14 juillet mais la plupart du temps c’est dans ces eaux-là, si je puis (puits) dire. Résultat, vers fin juin, les réserves de flotte sont bien entamées et la nature prend des airs de savane. Et l’Ouvèze ressemble plus à un oued africain qu’au St-Laurent.

Or, cette année, c’est un vrai plaisir de traverser des paysages verdoyants comme on en trouve en montagne ou dans le Nord. Le vert est partout, l’herbe est haute, tendre. Jusqu’aux canisses qui nous font un festival de plumeaux pas encore jaunis par le soleil.

Le comble du bonheur, c’est de pénétrer sous la voute des allées de platanes qui, chez nous, précèdent ou encerclent la plupart des villages voire des villes (par exemple, Bédarrides, mais aussi Aubignan, Malaucène, Carpentras, Orange, etc.). Car l’ombre est réellement un trésor, ici, et nos anciens la chérissaient.

Mais cette année, elle paraît plus fournie, plus sombre, plus accueillante. Les arbres ont cru plus vite et plus généreusement que ces dernières années. Le vert de leurs feuilles est aussi plus tendre, souvent. Ils se sont régalés de pluie pour notre plus grande joie.

Bédarrides - Le Pont roman Route de Courhézon

Hormis pour le rosé et le pastis que l’on boit très frais sur la terrasse, à l’ombre du grand pin d’Alep, le soir à la fraiche, l’été n’est pas ma saison préférée. Trop chaud. Soleil trop cuisant. Un reste d’héritage génétique Chti. Pour moi, la plus belle et la plus agréable saison sera toujours l’automne qui, en Provence, prolonge l’été jusqu’à fin octobre par une succession de journées ensoleillées mais douces. Sans parler des couleurs qui m’émerveillent chaque année comme au premier jour.

Cette année, l’été est arrivé pile-poil à son solstice, laissant à un printemps remarquablement humide le temps d’enchanter la nature. Le résultat est éblouissant. Il est rare de voir la Provence aussi verdoyante à l’approche de juillet. Je ne sais pas si ça durera. Certains prédisent un été pluvieux. Peut-être l’ont-ils lu dans les entrailles d’un thon rouge de Méditerranée ou d’un barbeau du Rhône. Si c’est ça, n’en déplaise aux estivants qui viendront jouer aux sardines huilées le long de nos plages, ça sera pas plus mal. On a vraiment besoin d’eau et on s’en plaindra pas.

La Seille Route de Courhézon

Égoïste ? Bah oui. Et j’assume.

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