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[Blogue] Le bijoutier et le voleur

dimanche 22 septembre 2013

Maître Eolas, dans ce billet, apporte sur cette lamentable affaire l’éclairage, comme toujours, pertinent et argumenté du juriste et rappelle quelques principes de droit dont, de toute évidence, beaucoup de ceux qui se sont pris à hurler avec la meute n’ont cure. Un élément qui ne trompe d’ailleurs jamais : Estrosi et Ciotti, les deux peigne-culs azuréens, sont du nombre au côté de papa Le Pen dans un bouquet fleurant à merveille la fosse septique. Autant dire que l’intelligence et la réflexion ne sont pas à chercher de ce côté.

Il est assez surprenant de constater l’écho donné à cette affaire et surtout aux soutiens désintéressés, cela va de soi, que tous ces courageux anonymes ont apporté au bijoutier meurtrier, sur fesse-bouc ou sur la place Masséna de Nice (ou pas loin de là mais on s’en fout). De bien mauvaises langues prétendent que certains de ces « soutiens » auraient été achetés pour faire un peu plus massif. C’est dire si les intentions des promoteurs sont pures.

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’un commerçant ou un particulier met hors d’état de nuire plus ou moins définitivement son agresseur provoquant le même déferlement de commentaires, le plus souvent haineux et simplistes (pléonasme ?), sous prétexte que la justice lui demande des comptes. Ce qui est pourtant son rôle et, osons le dire, la moindre des choses puisqu’il y a eu mort d’homme dans le cas présent. Je ne pense pas me tromper en affirmant que même avec de « simples » coups et blessures, ce serait aussi le cas.

La logique et la raison voudraient donc qu’on laisse la police et la justice faire leur boulot et livrer leurs conclusions. A quoi sert, dans ce genre d’affaire, de s’enflammer et de prendre partie avant même d’en connaître tous les détails, à supposer que ceux-ci seront consciencieusement étalés sur la voie publique ? Sauf à vouloir démontrer et dénoncer le laxisme ambiant dû à cette gauche qui préfère les malfaiteurs aux victimes, bien sûr. Sauf que là, en l’occurrence, la loi encadre assez clairement la procédure et que ce serait une bien curieuse façon de concevoir la justice que de s’en remettre au fameux « bon sens populaire » illustré par tous ces « soutiens » désintéressés.

Surtout que, même s’il s’est peu exprimé là dessus, à ma connaissance, il n’est pas certain que le bijoutier soit très demandeur de ce genre de soutiens. Après tout, il se retrouve seul désormais à supporter le poids de son acte et il risque de voir les rangs de ses « soutiens » se clairsemer rapidement, dès lors que l’intérêt médiatique sera passé. Seuls resteront peut-être ceux qui sont plus préoccupés par son humanité que par la prétendue exemplarité de son acte. Des gauchistes, certainement...

C’est vrai que c’est un drame ce qu’il s’est passé. Certes, le mort n’est pas une victime très présentable, le genre pas très bien fini, un nuisible sans doute, dont son entourage devait craindre qu’il ne tombe un jour sur un os. Voilà, c’est fait ! Il a amené l’enfer chez cet homme qui a commis à son tour l’irréparable. C’est simple. C’est tragique.

Bien sûr, on peut se livrer à toutes les leçons de morale qu’on voudra. Pas beau voler, surtout sous la contrainte d’un arme et sous les coups. Pas beau faire justice soi-même. Pas beau tuer même sous le coup de l’humiliation et de la colère. C’est vrai, tout ça n’est pas très joli. Mais ce serait bien aussi, maintenant, qu’on foute la paix à ces gens dont la vie est à jamais saccagée.

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