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[Blogue] La faute à personne, comme toujours

samedi 23 février 2013

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Heureusement qu’il y a Findus !

C’est fou ce qu’on peut faire avec du cheval roumain quand on y pense ! Mais dans le fond, le problème dans cette histoire, ce n’est pas tant ces pauvres bêtes que ce qu’elle révèle de cupidité et de malhonnêteté dans un système censé nous nourrir.

Les Roumains non plus, d’ailleurs, ne sont pas en cause. Certains, rien qu’à entendre ce mot avaient dressé l’oreille, prêts à nous asséner leurs sentences définitives sur ce peuple. Raté ! Ce sont bien de bons Français (et quelques autres fiers Européens occidentaux) qui ont cru malin de déguiser les canassons de Roumanie en vache de réforme. Au tiers du prix de la bête à cornes (sans corne, d’ailleurs, regardez dans les prés), c’était une affaire. Vivent le marché unique et la concurrence libre et non faussée !

On fait donc mine de découvrir le désormais fameux minerai et les pratiques d’une industrie en fin de compte ni plus dégueulasse ni moins pourrie que les autres. Juste une machine à pognon avec plein de chartes éthiques et blabla Qualité façon ISO 9000 et tout ça qui font super-propres, et plein de règlements sanitaires super-épatants mais sans personne pour s’assurer de leur respect, vu que l’État a dépecé ses services de contrôle. Faut pas désespérer ces valeureux chefs d’entreprises qui donnent du boulot aux culs-terreux avec ces normes handicapantes. C’est même Cahuzac qui le dit, un ministre de référence qui sait tout de la finance mais rien de la lutte des classes.

Alors, on aura peut-être des étiquettes pour dire quelle viande on mange, foi de Hollande, mais, pour pas nous effrayer encore davantage, elles ne nous diront pas ce que nos bestioles ont mangé. Faut pas exagérer non plus. A quoi servirait de connaître la présence d’OGM, d’hormones, d’acide lactique, de Javel ou autres trucs sympas ? Ça nous avancerait à rien, pardi, sinon à nous angoisser ! Et c’est Bruxelles qui le dit. Et on sait que quand Bruxelles fait les gros yeux, Hollande se pisse dessus comme Sarko avant lui.

Dans le genre, c’est cette même industrie de transformation de la viande qui nous avait fourgué les farines animales. Ça avait donné le scandale de la vache folle et tout ça. Mais comme c’était pitié de perdre tant de bonne marchandise, grâce aux fines analyses de Bruxelles, on va de nouveau pouvoir s’en servir pour nourrir les poissons et les autres bestioles. Mais attention, promis juré, il n’y aura plus de mélanges hasardeux pour transformer nos herbivores en cannibales. Nenni. On sera juste plus sévères, intransigeants. Comme avant la première fois, quoi, mais là grâce à la traçabilité, promis, ça va saigner avec les tricheurs. Puisqu’on nous le dit, hein ?

Pour Spanghero et sa viande de cheval pas très ragoutante, j’ai une vague idée de qui va payer le gros de l’addition : il y a quelque chose comme 250 pèlerins qui n’ont rien demandé à personne mais qui risquent fort d’aller pointer chez Paul Emploi. Possible aussi que le patron pas trop honnête se fasse tirer les oreilles et y laisse des plumes. Admettons.

Pour les farines animales, par contre, je vois pas bien qui rendra des comptes quand on découvrira que les mêmes causes produisant les mêmes effets, on se retrouve avec la même catastrophe sanitaire. Car il n’y a aucune raison pour que la cupidité fasse place à la raison et à la prudence. Comme souvent dans ces cas-là, les politiciens se retrancheront derrière leur dévouement à l’intérêt commun et leur absence d’expertise sur les sujets concernés et les experts diront, eux, que c’était imprévisible. Et, s’il y a des victimes, tout le monde exprimera sa douleur et sa compassion pour bien montrer son humanité.

Voyez l’amiante. La France a été l’un des derniers pays occidentaux à l’interdire malgré sa nocivité reconnue depuis près d’un siècle. Encore aujourd’hui, de nombreux ouvriers contraints à travailler avec cette merde et mal protégés contre elle paient de leur vie la cupidité de leurs patrons et le manque de discernement de la classe politique. Pire, la justice traine les pieds pour reconnaitre les préjudices de ces malheureux, simplement parce que, en France, le Parquet est aux ordres du gouvernement et que ces préjudices se chiffreraient à des milliards d’euros que les capitalistes refusent de payer.

Voyez le nucléaire. La grande industrie nationale qui craque de tous les côtés mais procure tant de profits à quelques grands investisseurs nationaux. Interdiction absolue de douter. Le nucléaire nous donne tant d’emplois et apporte la prospérité à tant de petites villes où sont installées des centrales. Ce serait pitié d’y renoncer, irresponsable, même ! Mais qui rendra compte si, comme ce n’est malheureusement pas du tout impossible, un accident vient à mettre une région en péril et contraint ses habitants à l’évacuation ? On parle de 35 milliards d’euros. La belle affaire ! Tout une région abandonnée pour plusieurs siècles et tous ces gens qui avaient confiance réduits à l’état d’expatriés après avoir tout perdu. Au nom de l’intérêt national. Qui rendra compte ?

Comme toujours, ce sera la faute à pas de chance. On pouvait pas savoir. On avait pourtant tout prévu. Et puis, c’était pour notre bien. Comme tant de choses aujourd’hui qui mettent tant de gens sur la paille sans que jamais un seul politicien ni aucun patron ne se sente concerné. Et pour cause : ils ont le pouvoir.

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