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Législatives 2012

[Blogue] Fronts et affronts

vendredi 15 juin 2012

On a peut-être le « front républicain » à SOS-Racisme mais il semble être un peu bas et il n’est pas certain qu’il y ait un cerveau capable d’un brin de réflexion derrière car, à vouloir appliquer partout la même règle sans se préoccuper des réalités locales, on en finirait presque par oublier que le racisme et l’intolérance ont effectivement été promus au rang de politique gouvernementale pendant ces cinq dernières années. Et qui c’est qui gouvernait, hein ? Ce serait pas des fois l’UMP avec ses glorieux alliés comme l’impayable « Nouveau » Centre ?

Dans un récent communiqué intitulé Élections législatives : les candidats de la honte, l’association déclare :

La candidate PS Catherine Arkilovitch qui, en refusant le désistement républicain en faveur du candidat de l’UMP, est responsable de la triangulaire qui se déroulera dans la 3ème circonscription du Vaucluse. Cette situation, qui risque de voir Marion Maréchal Le Pen entrer à l’Assemblée nationale, est d’autant plus inacceptable dans une circonscription où la victoire du FN a été érigée en symbole par Jean-Marie Le Pen.

et finit sa diatribe par cet appel d’une rare bêtise :

SOS Racisme appelle l’ensemble des électeurs de ces circonscriptions à voter en faveur du candidat républicain le mieux placé à l’issue du premier tour.

Et là, on s’interroge : il est où le candidat républicain dans la 3° du Vaucluse ? Vite, un nom.

Sûr, c’est pas la tite fifille Le Pen, on est bien d’accord. Mais on ne voudrait pas nous faire croire que c’est Jean-Michel Ferrand, quand même ? Le candidat UMP de la fameuse droite populaire ? Le même machin qui, dans les Bouches-du-Rhône, se désiste en faveur du FN pour faire battre le socialiste Vauzelle ou, comme la pitoyable Morano qui se trouve des valeurs communes avec le FN et appelle ses électeurs à voter pour elle. Voilà qui est clair !

En fait, ici, il n’y a qu’une candidate républicaine. Elle est socialiste et s’appelle Catherine Arkilovitch. Elle défend crânement sa chance face aux deux résidus pétainistes qui se la jouent plus peuple l’un que l’autre pour faire croire qu’ils en sont. Et, bien sûr, elle a été lâchée par son parti et son suppléant (un certain Roland Davau — un nom à retenir pour éviter des votes inutiles à l’avenir) et par le reste de la gauche, y compris Roger Martin, le candidat du Front de Gauche.

Ce dernier prétendait il y a peu fonder la légitimité de sa candidature (de gauche) sur ses longues années de combat contre le FN et ses thèses. Personne ne songe d’ailleurs à contester cet engagement. Sauf que M. Martin comme, hélas, beaucoup trop de ténors de la gauche, semble avoir de gros problèmes de vue. Comment des militants communistes osent-ils nous demander de voter pour un facho plutôt que pour l’autre ? Comment M. Martin ose-t-il nous appeler à voter Ferrand alors que la candidate socialiste se maintient et mène la bataille ?

Elle n’a aucune chance de gagner ? Qui le dit ? Les urnes n’ont pas encore parlé. Et puis, je croyais que la dignité, en démocratie, c’était de mener son combat jusqu’au bout en restant fidèle à ses idéaux. C’est cela l’idéal de M. Martin ? Tromper ses électeurs en les faisant voter pour la pire des droites ? Ou bien se venge-t-il mesquinement de Madame Arkilovitch qui a osé contester la légitimité de sa candidature et l’a battu ? Si c’est ça, le geste mérite d’être salué tant il est beau ! J’ai soudain mal à mon bulletin de vote du 1er tour...

Appeler à voter Ferrand, c’est baisser les bras. C’est envoyer une bouée de sauvetage au vieux crocodile en perdition. Marion Le Pen risque d’entrer à l’Assemblée ? Et alors ? Oui elle risque mais elle n’y est pas encore. Et si les électeurs de gauche ne sont pas aussi stupides que les leaders locaux, on se préoccuperait moins de voir la Le Pen s’asseoir dans l"hémicycle que de voir Catherine Arkilovitch gagner. Car tant qu’on n’a pas tout tenté, tout espoir n’est pas perdu.

Hélas, ce qui risque de se passer maintenant, c’est que cette bataille soit effectivement perdue sans aucun profit pour la République. Et cela nous le devrons à la frilosité d’une partie de la gauche qui confond stratégie de bazar et dignité.

Cela m’avait un peu irrité quand je l’avais lu mais je finis pas donner raison au maire de Bédarrides, Joël Sérafini : on a bien la gauche la plus bête du monde dans le Vaucluse.

Alors, on l’aura compris : La méchante diatribe de SOS-Racisme est indigne. Elle est là la honte, sur ceux qui ont écrit ces lignes d’une bêtise affligeante.
JAMAIS je ne voterai pour l’UMP dans le Vaucluse, même si cela doit permettre au FN d’être élu, car d’ici peu, on aura droit à des alliances entre ces partis. Et qui seront encore les dindons de la farce ? la gauche et le peuple et la République !

Je voterai donc pour ceux qui se battent encore et ne se résignent pas. Quoi qu’il advienne dimanche, comme Serge Paumier dans Médiapart, je dis : Chapeau, Madame Arkilovitch. Bravo et merci.

Vos commentaires

  • ?
    Le 10/07/12

    Quand je pense à la dose de bon sens à laquelle l’auteur de cet article a dû renoncer donner à son argumentation l’impression de tenir debout, ... j’en ai le vertige

  • @Ficanas84
    Le 11/07/12

    Ah, le bon sens ! Comme il est commode de l’invoquer pour ne pas avoir à argumenter, justement. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était dans la bouche d’un ponte quelconque de l’UMP qui comptait sur le bon sens des électeurs pour que soit réélu son Sarko chéri. Le bon sens populaire, bien sûr, car c’est souvent comme ça qu’il est, le bon sens : po-pu-laire !
    Donc, dans le cas qui nous occupe, le bon sens aurait été de voter pour le choléra pour soi-disant faire obstacle à la peste ?
    Et bien moi, c’est cette hypocrisie-là qui me donne le vertige. Et ce bon sens-là me fait gerber ! Parole !

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