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[Blogue] Prometheus

Film de Ridley Scott (2012)

samedi 9 juin 2012

Quand on y pense, ça fout les chocottes ! A en croire les auteurs de science-fiction, c’est fou le nombre de machins qui se baladent dans l’univers avec pour unique obsession de pulvériser la Terre. Pourtant, ce n’est qu’une toute petite planète perdue en bordure de galaxie. N’empêche, il y a des trucs qui sont prêts à traverser l’univers entier pour venir s’écraser ici, sur nos pieds. Des comètes, des astéroïdes et des extra-terrestres plus hideux et méchants les uns que les autres. Y a qu’à voir « Men in black ». Et dans « Stargate » (une série américaine à rallonge), ils sont tellement nombreux qu’il a fallu scinder la série en plusieurs parties distinctes pour qu’on s’emmêle pas les pinceaux.

Ridley Scott, c’est pas n’importe qui. On pense à Blade Runner et à Alien (le 8ème passager), à Thelma & Louise et à 1492 ou, plus récemment, à Gladiator. Si chacun de ses films, à de rares exceptions près, fait aujourd’hui figure de chef-d’œuvre ou presque, c’est bien sûr que les histoires qu’il nous raconte sont extraordinaires mais aussi et surtout que sa façon de nous les raconter nous captive et nous subjugue.

Question science-fiction, Scott a tout de même réussi à nous caser deux films-cultes, deux légendes incontestables : « Blade Runner » en 1982, qui fut pourtant un échec au cinéma mais a dû son succès à la télévision et surtout « Alien, le huitième passger », en 1979, incontestablement le film d’horreur et de science-fiction le plus abouti qui, dans ce genre, sera repris plusieurs fois sans que jamais, par la suite, la force de l’angoisse qu’il distillait ne soit jamais égalée. Pour qui aime ces histoires improbables (du moins, on le souhaite), Alien est sans nul doute la référence.

C’est d’ailleurs de cette satanée bestiole que Scott revient nous parler avec « Prometheus. » Les Québécois appellent ce genre de films « antépisode ». Nous autres, qui sommes bien plus intelligents, nous utilisons le mot anglo-saxon « préquelle » (présuite) qui désigne donc une sorte de suite qui se passerait avant le film de référence bien que tournée après. Vous suivez ? Comme les deux trilogies de la « Guerre des Étoiles ».

Promotheus, c’est donc la genèse de la saga de la bébête que tout le monde croit pouvoir contrôler et qui finit immanquablement par boulotter ceux qu’elle croise sur son chemin. Le genre mante religieuse mais en plus morfale et plus sanguinaire. C’est pas qu’elle soit méchante, c’est juste qu’elle a toujours faim et qu’elle doit se reproduire à tout prix. Avec une obsession latente : aller sur Terre pour ripailler. Jusque-là, il n’y avait que le lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver, si vous préférez) qui réussissait à venir à bout de la vilaine bête même si elle remettait ça immanquablement au film suivant.

Dans Prometheus, la belle Sigourney-Ripley n’est pas encore née ou alors à peine. On a juste des savants qui trouvent la trace d’une possible origine extra-terrestre de l’humanité et qui partent en voyage vers une lointaine planète. Et là, forcément, ce qu’ils trouvent les étonne un peu.

Quand on a déjà vu la saga des Alien, on sait obligatoirement qu’il y a des choses à ne pas faire, à ne pas toucher. On sait que le mieux est de foutre le camp fissa ou de tout faire péter. Et encore, c’est pas la solution la plus sûre pour avoir la paix. Donc, quand on voit ces braves gens du Prometheus refaire les mêmes bêtises pour la cinquième fois, on a du mal à tenir en place. Le pire, c’est que la civilisation supérieure dont serait issue l’humanité s’est elle-même faite avoir par la bestiole qu’elle a créée pour, semble-t-il, l’envoyer... sur Terre. Sympa les créateurs.

Mais si l’argument est sensiblement le même, l’ambiance est différente. Moins noire, moins désespérée. encore que la fin nous laisse très dubitatif. Les images sont belles, les effets spéciaux superbes (même en 2D) et les personnages pas si rudimentaires que ça. Notamment l’androïde joué par Michael Fassbender. Noomi Rapace remplace Sigourney dans un rôle un peu moins artilleur mais tout aussi déterminé et plus mystique. On évoque là la place de l’humanité dans l’univers, la relation à Dieu, bref des questions pas simples mais pas assénées avec lourdeur.

Bref, si cette fois-ci, l’effet de surprise est absent et si la plupart des situations sont prévisibles compte tenu des antécédents, Prometheus ouvre peut-être une nouvelle page de la saga. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle sur le plan de la qualité, d’ailleurs. Malgré tout, c’est un film qui se laisse regarder sans déplaisir, au contraire. Encore une belle histoire illustrée avec talent par Ridley scott.

Ici la critique de Culturopoing

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