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[Blogue] Pour que demain soit un autre jour

samedi 5 mai 2012

J’offre ce cadeau à ceux qui croient qu’ils trouveront le salut en baisant les pieds de leurs maîtres et en reniant ceux qui les défendent vraiment, à ceux qui parlent de leurs racines sans rien savoir des aspirations de leurs ancêtres ou en faisant mine de les avoir oubliées, à ceux qui préfèrent justifier leurs souffrances par la haine de l’autre et l’intolérance, à ceux qui préfèrent s’aveugler face aux entreprises de destruction de leurs droits et de leur dignité, à ceux qui pensent que le repli sur soi leur permettra de passer à travers les gouttes et que la solidarité et la fraternité ne servent à rien, à ceux qui depuis plus de trente ans n’ont jamais levé le petit doigt pour défendre leur honneur et leurs emplois et ont laissé à d’autres le soin d’agir, à ceux qui les ont regardé sans broncher se faire tailler en pièce tandis qu’ils espéraient sauver leurs misérables petites vies et qui viennent aujourd’hui pleurnicher leur souffrance en votant pour les idées brunes redevenues compatibles avec l’abjection pétainiste.

Je leur dis réveillez-vous ! La France n’est pas ce tas d’immondices nauséabondes sur lequel trônent les volailles prétentieuses et imbéciles de la droite prétendument populaire mais à coup sûr fasciste qui voudraient vous y confiner et qui vous réduisent en esclavage tout en vous endormant et en désignant à votre vindicte ceux qui refusent la fatalité. Réveillez-vous ! Ceux que vous croyez devoir mépriser éprouvent les mêmes souffrances que vous et il en est parmi eux qui ne courbent pas l’échine et qui se battent. Secouez-vous !

Souvenez-vous que ces droits, dont on veut vous priver aujourd’hui et sur lesquels vous vous lamentez, sont les fruits de combats menés jadis par d’aussi misérables que vous, peut-être même plus encore, et qu’ils les ont payés chers. Ne vous laissez pas endormir par les récupérations honteuses de la droite sarkozyenne et lepéniste qui fait mine de pleurer Raymond Aubrac et les martyrs des Glières et du Vercors en foulant au pied leurs idéaux bien plus élevés que leurs minables combines d’enrichissement dont vous serez toujours les dindons.

Souvenez-vous que ce drapeau tricolore dans lequel ils se drapent aujourd’hui n’était pas celui des maîtres et qu’il a rougi du sang d’un peuple qui aspirait à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, à un monde meilleur et au progrès social. Un peuple qui est aussi tombé sous les balles de cette même bourgeoisie qui vous méprise toujours et n’hésitera jamais à vous saigner pour défendre ses privilèges et son pouvoir.

Ressaisissez-vous ! Ceux qui se battent pour leur honneur, leur bonheur et leurs droits peuvent perdre mais ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu.

Ne lâchons rien ! Demain, après-demain encore, il va falloir nous battre contre les libéraux pour préserver le progrès social et la justice sociale. Ne nous résignons pas ! Ne renonçons pas !

Demain, boutons Sarkozy dehors ! Redevenons le peuple français, celui qui a su jadis éclairer le monde, à l’opposé de celui de Pétain, de la délation et de la collaboration, complice du nazisme. Soyons ce peuple qui se bat dans l’honneur et ne baisse jamais la tête !

Ne vous trompez pas d’adversaires !

Ma France
 
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France
 
Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
 
Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France
 
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France
 
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France
 
Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France
 
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France
 
Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France
 
Jean Ferrat - 1969
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