Accueil > Blogue > Si mini, si minable

Présidentielle 2012

[Blogue] Si mini, si minable

lundi 5 mars 2012

Ce qu’il y a de bien avec Sarko, c’est qu’il est tout en finesse. A Bayonne, ce sont des « voyous » qui l’ont conspué en empêchant les « braves gens » de venir à sa rencontre. Ils sont d’ailleurs minoritaires, les « voyous » qui le sifflent, d’après lui, mais en tout cas visiblement plus nombreux que les « braves gens ». C’est dire si ça se bousculait pour venir voir et complimenter le grand homme !

Donc, si on ne veut plus de Sarko, on est des voyous. C’est toujours bon à savoir. Personnellement, vu comme ça, j’aime bien être un voyou, moi !

Il nous la joue outré, offusqué, le furoncle de la République. Après cinq ans passés à s’essuyer les pieds sur la majorité d’entre nous, à vouloir nous dresser les uns contre les autres à grands coups de déclarations et de lois à l’emporte-pièce, il est comme surpris de voir que tout le monde ne veuille pas les lui baiser, ses pieds. Quelle ingratitude, après tout le mal qu’il s’est donné à démolir la société française ! Vraiment ! Parce que, si on le siffle, Sarko, c’est sûrement pas à cause de sa politique à lui que tout le monde ne peut qu’admirer. Non, c’est un coup monté de Hollande ! Et un peu des assassins séparatistes basques.

Tout en finesse !

Sarko, ce serait donc un intouchable. Surtout pas critiquer. Surtout pas ! Car lui seul sait. Au point de vouloir faire voter en moins de 2 mois tous les trucs géniaux qu’avec ses copains et pines, Cameron, Merkel, Monti, Rajoy et compagnie, ils veulent voir appliquer à tous les peuples européens : la saignée. Et là, ça ne le dérange pas, l’infaillible Sarko de procéder à un véritable coup d’état pour imposer ses vues, lui qui pourtant ne jure plus que par le référendum, paraît-il. Il est vrai que dans ce cas comme dans celui de sa relation au « peuple », il sait faire la distinction entre les bons et les mauvais.

Et il ne doute de rien, ce mec : plus les ficelles sont grosses et plus il se complait à les agiter. Il est le Président protecteur qui sauve les emplois des Français. Lejaby : 98 emplois miraculeusement sauvés par un obligé du grand copain PD-G de LVMH. Comme ça, le truc complètement désintéressé ! C’est dingue, un tel niveau de générosité et de conscience nationale. Bien sûr, on est bien contents pour ces travailleuses et on espère pour elles que, une fois l’élection passée et la fumée dissipée, on ne les enverra pas se faire voir à Pôle-Emploi avec un autographe de Nic, Président ou plus Président. Et on évitera soigneusement de parler des environ 125 autres femmes de chez Lejaby, à Rilleux-La-Pape, qui restent sur le carreau et dont personne n’a que faire. Faut dire aussi qu’elles étaient pas au bon endroit, là où était l’archange-président lorsqu’il a posé son regard magique sur les élues de sa condescendance. C’est vraiment pas de pot !

Et ce bon copain Proglio, le pédégé d’EDF, qui se découvre une passion soudaine pour le photovoltaïque. Et hop ! Encore 200 emplois sauvés en un claquement de doigts. C’est beau. Surtout quand on sait que, un mois avant, il avait mis le pouce vers le bas pour laisser l’entreprise Photowatt et ses salariés crever. Et puis, soudain, la révélation ! Lui aussi, il a le cœur sur la main. Il allait pas laisser crever tous ces gens alors qu’il est si facile, finalement, si on le veut vraiment, de faire plaisir à Sarko en campagne électorale un geste désintéressé pour les emplois français. Car oui, monsieur, tout ça, toute cette générosité, cette volonté de fer au service de l’emploi, c’est pour la France !

Même Mittal, il se fait dessus quand Sarko fait les gros yeux. Parole ! 17 millions d’euros qu’il va lâcher l’industriel indien, juste parce que Nic lui a demandé poliment. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas 4 ans avant ? Poser la question est sûrement le comble de la mesquinerie. Comme de penser qu’en juin, il risque d’y avoir une belle palanquée de cocus !

Sarko, la France, maintenant, il la veut forte. C’est un malin. Y en a là-dedans, ça paraît pas comme ça ! Il s’est rendu compte, après 5 années passées à les dézinguer, qu’une France faible ne pouvait pas protéger les Français. Forcément, pour un Président-protecteur, ça va pas le faire. Tu parles d’un boulot, toi ? Tant qu’à faire, autant qu’elle soit forte, la France, hein ?
Là où on a un peu du mal, c’est pour comprendre le distinguo entre la « France » et les « Français ». Parce que, normalement, la France, c’est les Français, non ? Qui c’est qui constitue la France sinon les Français ? Faut être Kociusko-Morrizet pour se pâmer en entendant « une déclaration d’amour à la France », sans se poser de questions aussi métaphysiques pour pas se froisser le neurone, peuchère ! Ou alors Morano mais elle c’est parce qu’elle n’en a plus, des neurones. Bref ! Parce qu’on voit pas trop comment la France pourrait être forte si les Français sont exsangues, ma belle.

Comme toujours, Sarko et sa petite clique étalent leur seul savoir faire : nous prendre pour des cons. Et ils font bien. Dans cet exercice là, ils sont plus que crédibles. Ça frise même la perfection. A tel point qu’ils ne font même plus semblant d’y croire eux-mêmes. Ils balancent leurs sornettes persuadés que ça fera mouche à tous les coups. Et ça se voit si bien qu’on sent venir l’élan qui va leur botter les fesses.

Blogue | Suivre la vie du site RSS 2.0