Accueil > Blogue > Rugby

[Blogue] Rugby

dimanche 18 septembre 2011

Quand on habite à Bédarrides, il y a une chose qui ne peut pas vous laisser indifférent, c’est le rugby !

Depuis tout petit (7, 8 ans), j’ai un peu baigné dans l’ambiance des matches des Vert-et-Noir (les couleurs de l’ASB [1]), des victoires glorieuses et des défaites dramatiques, le tout agrémenté de bastons qui débordaient parfois de la pelouse pour atteindre les tribunes et les bords de touche. Disons que, même au rugby, y a des cas pathologiques assez aigus...
Ah ! les matches contre l’ennemi intime sorguais, ou contre Orange ou Châteauneuf ou Châteaurenard ou Cavaillon... « F’était vafement paffionnant », comme dit, l’œil humide, un rescapé de l’époque qui y a laissé beaucoup de dents.

Forcément, j’ai fait l’école de rugby, moi aussi. D’après le paternel, c’était censé m’occuper le jeudi, plutôt que de rester oisif dans les rues du village. Mais cherchez pas dans les annales, ça n’a laissé aucune trace. Vous avez plus de chance d’y trouver mes cousins.

J’ai fait carrière plus tard, un peu au lycée puis surtout en corporatif. J’ai joué en première ligne (le plus souvent pilier) ou en deuxième ligne. Plus rarement à l’aile, n’étant pas spécialement rapide à la course. Et je me suis éclaté. C’était un vrai plaisir de jouer même si, contrairement à d’autres, qui se prenaient pour des stars du XV national, je ne me prenais pas au sérieux. J’admets avoir toujours eu une certaine aversion pour ces gens qui, faute d’avoir été reconnus comme ils le souhaitaient pour leurs talents sportifs s’emploient surtout à vous faire comprendre qu’ils sont bien meilleurs que vous. La belle affaire, vraiment !

Gagner, tout le monde aime ça. C’est d’ailleurs le but du jeu et ce qui en fait la raison d’être. L’énergie et les trésors d’imagination et d’audace qu’on déploie pour prendre l’avantage sur l’adversaire, c’est ça qui fait la beauté de ce sport. Mais ça s’arrête là. Une fois le match terminé, gagné ou perdu, restent le plaisir d’avoir tout donné et le respect de l’adversaire (celui qu’il vous accorde comme celui qu’il vous inspire). Et basta !

D’ailleurs, mon meilleur souvenir est une défaite (4 à 3) et une victoire qui nous a échappé pour 10 malheureux centimètres, toujours les mêmes, les derniers, que l’on a échoué à franchir tout au long du match après s’être fait cueillir à froid. Un match d’avants, sous la pluie, dans la boue, où chaque pas fait avec le ballon, d’un côté comme de l’autre, était ponctué par un maul ou une mêlée.

Je n’aime pas le vocabulaire guerrier que l’on prête au rugby parce que, pour moi, le sport ne peut pas et ne doit pas être la guerre. Mais il faut reconnaitre que c’est un sport d’affrontement extrêmement physique (pour le moins !). Je ne verserai pas dans l’habituel angélisme qui voudrait en donner l’image d’un sport plus noble qu’un autre (car il y a de vrais saloperies aussi au rugby, des coups déloyaux et de vraies agressions) mais dans l’ensemble c’est plutôt un sport où les gens ont bon esprit et se respectent, même s’ils se sont copieusement frictionnés pendant 80 minutes. Et j’aime surtout l’ambiance autour des stades, surtout pour les matches internationaux, incroyablement bon enfant et sympathique, jusque dans les provocations bravaches des uns et des autres. Au point que les sobriquets dont on affuble l’adversaire deviennent pour ce dernier des emblèmes qu’il s’approprie et brandit avec fierté (les fameux « Froggies » pour nous Français).

C’est pourquoi j’ai gardé une petite préférence pour ce sport. Bien sûr, j’ai aussi joué au football en amateur et j’y ai aussi pris du plaisir mais le rugby reste quelque chose de spécial pour moi, comme un premier amour qui ne m’a jamais quitté. Je suis allé très rarement au stade, en fin de compte, et plutôt pour voir jouer le XV au coq, les Bleus, notamment contre l’Irlande (2 fois) — une sacrée bonne équipe, je vous le dis ! — mais j’ai longtemps suivi le tournoi des 5 puis des 6 nations et les Coupes du Monde. Et j’ai vibré aux exploits des Bleus comme j’ai souffert de leurs défaites. Franchement, comme j’ai haï les Bocks et l’arbitre en 1995 (entre autres)...

Même si, aujourd’hui, je suis moins assidu, le rugby reste toujours pour moi le sport de référence, celui qui me fait le plus souffrir physiquement, même comme spectateur (forcément, je ne joue plus), celui qui m’enthousiasme le plus.

Alors, évidemment, une coupe du monde, qui plus est, en Nouvelle-Zélande, LE pays du rugby...

Notes

[1Avenir Sportif Bédarridais, pardi !

Blogue | Suivre la vie du site RSS 2.0