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[Blogue] Chef d’escadrille

mercredi 31 août 2011

Toi, quand les cons voleront, tu seras chef d’escadrille, té !

Dicton provençal, début XXè siècle

Ça faisait un bail.

Pour un peu, on aurait pu croire que, depuis que le furoncle l’a bombardé sous-ministre, — et passé le spasme éjaculatoire que lui a provoqué ladite nomination — il avait trouvé un bon gros coussin bien moelleux pour sécher et ronronner de plaisir au pied de son maître tout en lui léchant les orteils de temps à autre. Mais non. Ce genre de gugusse, pour exister, faut que ça donne l’impression de réfléchir et, surtout, ça doit le faire savoir. Et comme il ne viendrait à l’esprit de personne de lui demander un quelconque avis, sauf quand il s’agit de récurer les latrines de la « pensée politique de droite », histoire de l’envoyer jouer dans son bac à sable pour l’éloigner un peu, l’exercice est assez délicat pour lui, on le comprend bien. La probabilité d’entendre Frédéric Lefèbvre proférer de lui-même une idée à peu près sensée est encore plus infime que celle de rencontrer une colonie de manchots empereurs au milieu du Sahara. Ou alors c’est qu’on lui a écrit son texte mais, même dans ce cas, c’est assez peu probant. Il est vrai que notre monde politique, en ces temps de disette intellectuelle, souffre assez nettement d’une carence de talents. N’est pas Malraux qui veut.

Il avait bien tenté, ce pauvre Freddy, de nous la jouer fin lettré, avec le résultat que l’on sait, mais rien n’y a fait. A vouloir imiter son saint patron, il s’est un peu pris les pieds dans le tapis rouge de la littérature. Ce monde est vraiment cruel. Faut dire qu’à l’UMP, ils en avaient fait un porte-parole, quand même. Parole ! Je vous jure. Mais bon, c’est l’UMP, aussi, hein ? On peut pas trop dire, non plus, vu pour qui ça a été créé, le truc.

Alors donc, sa dernière en date au Freddy, c’est que si en France on n’arrive pas à résorber le chômage, en gros, c’est à cause qu’on fait trop de gosses. Farpaitement, môssieu ! Patron, vous m’remettez ça, c’est ma tournée !

Comme il n’a pas encore fini sa phrase, à l’heure où nous mettons sous presse, on ne sait pas trop vers quoi il voulait orienter sa fabuleuse analyse mais il y a fort à parier que ça doit valoir son pesant de lisier.

On a quelques pistes :

  1. c’est les immigrés et les étrangers qui nous bouffent notre pain et nos allocs avec leurs ribambelles de chiards ! Patron, la même, steuplé...
  2. c’est les prolos qui baisent trop à cause des RTT, vu qu’y z’ont pas les moyens de faire aut’ chose. A bas les RTT !. Laisse la bouteille, va !
  3. et c’est les chômeurs qui font pareil à cause des indemnités somptuaires au lieu de chercher du boulot. Le cancer de l’assistanat, quoi ! Allez, un p’tit dernier pour la route...

En fait, ça n’a pas vraiment d’importance, c’est jamais que du Lefèbvre : une flatulence nauséabonde mais qui dure pas. Juste un truc comme pour nous dire : « Voyez, je suis toujours là et toujours aussi con ». Ça, personne n’en doutait mais ça lui fait plaisir, au bougre. Et à nous, quand même, ça nous donne l’occasion de reprendre espoir en constatant qu’il reste encore de la marge avant de toucher le fond du néant de la pensée.

Et dire que ce type est (sous-)ministre de la République...

A part Guéant et Estrosi, est-il possible de trouver plus con ? Qui a dit Morano ? Et...? Dati ? Oui, aussi. Hortefeux ? Ah bravo, y en a qui suivent ! Bon, y a du monde, c’est vrai !

C’est sûr que lui, il passera pas par la salle de briefing, le jour où il décollera à la tête de son escadrille !

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