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[Blogue] Bouilloires nucléaires - 1ère partie : l’électricité, c’est quoi ?

samedi 17 septembre 2011

C’est bien, l’électricité. Personne ne songe à dire le contraire ou à peu près. C’est bien parce que c’est utile, ça facilite bien des choses dans notre vie quotidienne et son utilisation est propre, enfin, en général.
Construire une installation électrique est assez simple : des fils de cuivre ou d’aluminium, des interrupteurs pour la lumière, des prises pour brancher les appareils et des trucs pour couper le courant en cas de pépin (disjoncteurs ou fusibles) et hop ! En gros, c’est à peu près tout.

Après, on appuie sur un petit levier et la lumière est ! Ou bien on branche son appareil, par exemple la télé, et zou : la tronche de ravi à J-P. Pernaud apparaît dans le poste. Le rêve !

C’est tellement simple et facile qu’on en abuse un peu aussi. On laisse des appareils en veille sinon faudrait se farder leur réglage à chaque utilisation. On oublie d’éteindre la lumière, on laisse tourner l’ordinateur, que sais-je encore ? Peut-être de moins en moins, malgré tout, vu les hausses de tarif qu’on nous promet au nom de la concurrence libre et non faussée.

Bon, bien sûr, le problème de l’électricité, c’est qu’on ne la voit pas. Tu regardes ta prise de courant : rien ! Que dalle ! Si t’y mets les doigts, ça va te secouer très fort et te faire très mal mais tu l’auras pas vu pour autant. Incroyable, pas vrai ?

Évidemment, pour utiliser l’électricité, il faut d’abord la produire, bien sûr. Et ça, c’est souvent moins propre que son utilisation. Il faut aussi fabriquer les équipements qui permettent de la produire, de la transporter et de la gérer — sans même parler des appareils d’utilisation — et, ça non plus, ce n’est pas vraiment très propre. Mais enfin, grâce à l’électricité, notre confort s’est incontestablement amélioré.
Quand on regarde simplement nos équipements domestiques, on ne peut que constater que tout est devenu plus facile. Sans doute conviendrait-il, cependant, de ne pas se laisser griser et de faire attention à notre manière de l’utiliser. Dans le choix de nos équipements, bien sûr, mais aussi par nos habitudes. Rationaliser un peu tout ça pour éviter le gaspillage. Il est vrai que les usages de l’électricité se diversifient et que, si les appareils deviennent en général unitairement moins gourmands — encore que ce ne soit pas systématiquement vrai —, leur multiplication entraine une augmentation constante de la consommation. Et comme l’électricité est aussi un juteux marché, elle suscite bien des convoitises.

L’électricité, bien sûr, vous savez ce que c’est : en gros, des électrons qui se baladent dans un métal sous l’action d’une réaction chimique, comme dans les piles, ou d’un champ magnétique, comme dans les génératrices ou les alternateurs. Ça sort d’un côté et ça revient par un autre. Et au passage, ça fait briller les ampoules, tourner les CD et les machines à laver ou bien ça fait du froid. Ou du chaud, c’est selon. D’ailleurs, la chaleur, c’est ce que l’électricité sait faire de mieux naturellement. Elle ne se fait pas prier pour en produire même quand on ne le lui demande pas. A tel point que pour la transporter sans transformer les câbles en radiateurs ou en cuisinières, y a intérêt à bien choisir la matière et la section. C’est d’ailleurs pour ça que ça me fait un peu sourire quand je lis que « le chauffage électrique est son utilisation la plus imbécile » (Interview de Bernard Laponche - Télérama n°3205). Mais bon, lui le monsieur, c’est une tronche, il paraît, un ingénieur qui vous cause d’entropie comme qui rigole. Alors, s’il le dit, pas vrai ?

Pour la produire, le plus simple encore, c’est de faire tourner un aimant devant des bobines ou l’inverse. Et hop, ça donne du courant. Fastoche ! On appelle ça, une génératrice ou un alternateur, vous le saviez certainement.
Et pour faire tourner l’aimant, le plus simple aussi c’est encore d’utiliser des hélices. Si, si ! Des hélices sur lesquelles on projette de l’eau ou de la vapeur d’eau ou du gaz enflammé ou de l’air. C’est comme ça dans les barrages et les centrales.
Ou alors on utilise un vrai moteur — diésel ou à gaz — comme dans les groupes électrogènes.

Question rendement de production, faut pas s’attendre à des miracles. Pour 1 kWh d’électricité, la plupart du temps il faut à peu près le double dans n’importe quelle autre énergie. Pas fameux !
Par contre, la plupart des appareils électriques, notamment les moteurs, ont d’excellents rendements. De l’ordre de 98 % pour les moteurs (pour 1000 Watts de puissance électrique, ils restituent 980 Watts de puissance mécanique). C’est ce qui est un peu trompeur, d’ailleurs, surtout quand on vante l’efficacité et la propreté de la voiture électrique, par exemple. Oui, c’est vrai, transformer l’énergie électrique en une autre énergie, mécanique notamment, est exceptionnellement efficace. mais l’inverse n’est malheureusement pas vrai, tout au moins pour le dispositif qui transforme l’énergie-source (l’eau, le vent, le pétrole...) en énergie mécanique (en général, la turbine, donc). Car, les générateurs électriques tournants ont, quant à eux, les mêmes rendements que les moteurs.

Comme quoi, comme je le disais en introduction, l’électricité c’est vraiment bien et ça a plein d’avantages, en particulier en termes de mise en œuvre.

« Même l’électricité nucléaire », vous demandez-vous ?

Nous y voilà, donc !

Et bien, hormis le fait que ça n’existe pas, on va en causer dans un prochain billet.

Patience...

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