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[Blogue] On rigole pas avec "l’inflation" de Rachida, svp !

mardi 2 novembre 2010

Vous noterez que je suis resté d’une discrétion de violette sur le sujet.

Bien qu’assez friand de ce genre de grivoiseries, j’ai laissé à d’autres le soin de répandre et de commenter, abondamment, le fameux lapsus de dame Rachida, avec toute la délicatesse qui accompagne — cela va sans dire — ce genre de rigolade. Oh, un lapsus pas bien grave en soi, il faut bien l’admettre, mais qui, venant d’une personne qui s’est plus souvent illustrée par son soucis de « paraître » et par ses interventions douteuses que par sa compétence et son art du dialogue, ne manque effectivement pas de piquant. Une sorte de « bien fait pour elle » assez comique, en fait, non ?

Et puis, s’il est vrai que cette petite péripétie n’ajoutera ni n’enlèvera rien à la gloire plutôt terne de l’ex-Garde-des-Sceaux (à champagne, comme le disait le Canard Enchaîné), le mieux est encore de la laisser croupir dans son insignifiance. Elle est une sorte de non-référence, en somme, même dans sa médiocrité, comme il y en a malheureusement quelques-unes dans notre personnel politique actuel. Non, non, je n’ai pas fait allusion à la Morano ni à l’Estrosi. Ça se voit tant que ça ?

C’était compter sans les adeptes du bien gras. Apparemment, pour certains, l’hilarité n’aurait pu être à son comble sans qu’ils se sentent obligés d’y ajouter une petite louche personnelle. Tel ce monsieur de Bourg-de-Péage, dans la Drôme, qui aurait abreuvé la douce Rachida de demandes pour le moins insistantes afin qu’elle lui fasse une démonstration sur le tas de sa notion « d’inflation ». On imagine d’ici les crises de rire à pleurer que provoquait chez lui la rédaction de ses innocentes suppliques. C’est le Dauphiné du 28 octobre qui relate l’affaire.

D’aucuns auraient jugé qu’une seule demande suffisait à leur fantasme bonheur. Mais pas celui-ci qui a, semble-t-il, chaussé d’épaisses semelles de plomb pour mieux souligner la légèreté de son propos. On a beau être en droit de penser de cette dame qu’elle n’est pas une lumière, cela n’a strictement rien à voir avec ses pratiques sexuelles et on peut aussi comprendre que son sens de l’humour — déjà pas bien évident — atteigne ses limites.

Là où la chose devient franchement grotesque, c’est que sur plainte de notre Rachida, le bonhomme s’est retrouvé en garde-à-vue. Grotesque et même inquiétant. Ainsi donc, une plaisanterie, pas très fine, même lourdingue, voire sexiste et donc stupide, mais une plaisanterie quand même, à l’endroit d’une personnalité vous conduit tout droit dans les geôles de la République aussi sûrement que jadis un libelle pouvait vous envoyer à la Bastille. Ouah ! Et on appelle ça la Justice ! Il y a eu un flic, puis un juge puis un autre juge pour décider que ÇA, ça valait une GARDE-A-VUE, une PERQUISITION et la SAISIE d’un ordinateur ! Hallucinant !

Rachida Dati prétend qu’elle se serait sentie menacée. Par des courriels pas très finauds ? Mouais ! Peut-être essaie-t-elle surtout de justifier a posteriori le zèle de la machine qu’elle a mis en branle. Et pour le coup, là, il y a inflation de dérives arbitraires !
J’en entends déjà quelques-uns penser très fort qu’il l’a bien cherché. Et alors ? Un simple rappel à la loi ne suffisait pas ? Ça mérite une garde-à-vue, ça ?

Mais au fait ! Et si, en donnant à cette affaire ridicule un prolongement démesuré, les juges concernés avaient voulu se venger de la politique menée naguère par Rachida Dati, et de son peu d’égard pour la magistrature, en la ridiculisant un peu plus aux yeux du public ? Voilà qui serait sans doute efficace, à coup sûr, mais, au prix de la liberté de cet homme, serait encore plus mesquin.

Je pense personnellement que s’il y a une menace, et pas des moindres, c’est pourtant bien cette façon de vouloir faire la justice au mépris de la justice, cette conception méprisable et méprisante qui veut qu’un insignifiant péquin lambda soit traité tel un dangereux criminel sans la moindre retenue, sans le moindre souci d’adapter l’action à la cause. Cela va sûrement améliorer le taux d’élucidation des affaires mais cela va bien plus sûrement encore embellir l’image de la justice française.

Maître Eolas le dit bien sûr encore mieux que moi.

Qui a dit « République bananière » ?

Pauvre France !

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