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[Blogue] Déchéance

mardi 10 août 2010

Quand un ministre de l’Intérieur se fend d’une déclaration à la presse, on s’attend à ce que ce soit pour féliciter la police d’avoir mis hors d’état de nuire un de ces gros bonnets de la pègre, trafiquant de drogue et d’êtres humains, ou un grand profiteur, bref pour avoir mené à terme une enquête minutieuse mettant en lumière quelque trafic, des fraudes lourdes ou des systèmes de prévarication. Non pas que la violence quotidienne à laquelle sont confrontés certains de nos concitoyens soit sans importance mais parce que, bien souvent, elle se nourrit des réseaux de ces gros bonnets difficilement atteignables et qui profitent des misères et des difficultés économiques pour étendre leur emprise sur une partie de la société.
Mais c’est pas facile la vie d’un ministre de l’Intérieur. Des fois, même quand on vous apporte l’affaire encore toute chaude, tout juste démoulée et qu’il resterait plus qu’à bomber le torse et monter sur ses ergots pour tirer la couverture à soi, pas de chance, c’est pas la bonne affaire : on va pas enterrer un bon copain, pas vrai ?

Alors, on se rabat sur le menu fretin, sur les minables dont les nuisances sont forcément plus visibles aux yeux des petites gens puisqu’ils en subissent directement les conséquences. Des fois aussi, on a ses marottes. C’est bien commode les marottes, ça permet d’occuper le terrain et de faire croire qu’on se préoccupe du bien-être du peuple.

Notre cher ami Hortefeux a trouvé la sienne le jour béni entre tous où un flic nantais – de par sa fonction forcément intègre et impartial – a verbalisé une femme de religion musulmane conduisant sa voiture vêtue à la Belphégor (elle, pas la voiture. Faut suivre un peu !) bien que le code de la route ne prévoit rien pour ce cas d’espèce. En tirant le fil de la pelote – un vrai travail d’investigation qu’il convient de saluer – on remontera ainsi jusqu’au mari que l’on découvre « polygame de fait », une notion créée tout spécialement pour l’occasion. De là à penser qu’il fraude avec les alloc, il n’y a qu’un pas et l’affaire est entendue.
Du miel pour notre Brice qui ronge son frein dans l’ombre de l’Empereur Nicolas 1er le Petit, lequel se complait à dire qu’il a tué le job de ministre de l’Intérieur pour 10 ans. Et on sait, depuis qu’il a été condamné en première instance pour injure raciste, que notre premier flic d’Auvergne fait une fixation toute particulière sur les Arabes musulmans.

Bingo ! Voilà que le boucher halal – le mari de Belphégor et l’amant de ses copines du même club – est accusé de violences sur une ancienne compagne. C’est vrai que ça valait une conférence de presse pour dire que l’homme est « présumé coupable » (puisqu’il est mis en examen, n’est-ce pas ?), bien que pas encore jugé (s’il l’est jamais) et que, dans certain cas, Briçounet souhaite que la déchéance de la nationalité française soit possible. On notera au passage que si le quidam est ici « présumé coupable », il en va autrement des amis du ministre qui, eux, restent « présumés innocents » de tout un tas de choses pas très reluisantes malgré des indices que de fort mauvais esprits trouvent pourtant assez convaincants. Mais on ne joue pas non plus dans la même cour. Faut pas mélanger les torchons et les serviettes sinon où irait le monde, je vous demande un peu, ma bonne dame ?
Évidemment, la fraude aux organismes sociaux, la polygamie, surtout « de fait », et la violence faite aux femmes devraient entrer dans cette catégorie de méfaits indignes du drapeau. C’est qu’il est intraitable, le bougnat de bazar, surtout avec les Arabes musulmans qui viennent bouffer le pain des vrais Français. Jean-Marie, ils sont en train de te piller !

D’ailleurs, pour dire s’il a vraiment trouvé sa marotte, ce pauvre gars, il va plus loin que le petit philosophe des bacs à ordure qui lui sert de guide spirituel. Le furoncle de la République, pour sa part, ne souhaitait la déchéance de nationalité que pour les agressions et les crimes perpétrés sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Déjà pas si mal, non ? Comme si la loi ne suffisait pas à punir ces actes. Comme si les autres citoyens de ce pays ne méritaient pas la même indignation !
Parce que, on s’en doute bien, perdre la nationalité française est une menace lourde de nature à faire rentrer n’importe quel délinquant dans le droit chemin. Juré ! Que n’y avait-on pas pensé avant ?

Évidemment, des âmes sensibles et angéliques (forcément !) se sont émues de ce discours pourtant moderne et novateur quoique un poil brutal : inconstitutionnel ! Et l’égalité des citoyens devant la loi ?

A lire les commentaires de quelques experts... du commentaire sur les sites Internet de certains journaux, la solution serait pourtant simple : on change la Constitution en supprimant tout ce qui entrave la marche en avant du petit timonier et on en profite au passage pour faire un référendum. Et là, ça clora le bec de tous ces doux rêveurs que la sécurité des vrais Français laisse de marbre ! C’est qu’ils en ont dans la tête, ces gens-là, même si ça paraît pas. Pardi ! C’est tellement évident.

Du coup, le chœur des chantres de la sécurité entonne l’air de la vertu nationale outragée et souligne la partition du soliste. Ainsi, Thierry Mariani, député du Vaucluse, sera, en septembre, le rapporteur d’une loi du même tonneau. Promis-juré, cela n’a rien à voir avec Sarko : la preuve, il y réfléchissait depuis début juillet. Et, en plus, il s’agira simplement de remettre en service des dispositions qui étaient en vigueur avant 1998, ce qu’on appelait alors « la double peine », abrogées parce que contrevenant au principe d’égalité des citoyens devant la loi. Pas sûr d’ailleurs qu’en mélangeant le code de la nationalité avec le code pénal, on rende service à ce dernier. Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Si tout ceci n’a guère de chance de se révéler efficace, comme toutes les déclarations guerrières de Sarko depuis huit ans, il s’agit surtout de se faire mousser.
Bien sûr, le brillant Christian Estrosi, député-maire de Nice, ne pouvait rester coi. Ce mec-là, dès qu’il y a une connerie à brailler, on peut être sûr qu’il va prendre un porte-voix. « Français ou voyou, il faut choisir ». Il veut semer la panique sur la riviéra, lou ravi de Nizza, ou quoi ? Et d’apporter son soutien à un troisième larron, Eric Ciotti, lui aussi député des Alpes-Maritimes, qui veut rien moins que jeter en taule les parents d’enfants délinquants. Que cela taille en pièce un principe fondamental de notre Droit n’émeut guère la bande de zozos. Pour pêcher l’électeur frontiste, plus l’appât est gros et moche, mieux c’est.

Il n’est d’ailleurs pas vraiment surprenant que ce soient ces trois-là qui s’y collent : d’une façon générale, le Midi est un bastion du Front National et pour être élu ici, quand on est de droite, mieux vaut se montrer conciliant avec ses électeurs. Le pari est pourtant risqué pour Sarko qui prépare sa campagne pour 2012 car ce n’est plus le vieux Le Pen qu’il aura sur sa route mais sa fille que d’aucuns jugent bien moins répugnante. De plus, il n’est pas dit que l’électeur de droite moyen se montre enthousiaste face à son bilan, tous sujets confondus, pas plus que face à ce voisinage nauséabond.

Mais faut-il que ce pays aille mal pour que ce pouvoir usé et incapable nous ressorte la vieille rengaine de la stigmatisation et du bouc-émissaire ?

Stigmatisation des gens du voyage, après les émeutes de Saint-Aignan, auxquels on amalgame au passage les parias de l’Europe, les Roms, en pensant plus spécialement à ceux de Roumanie, donc des étrangers, alors que ceux de France (Gitans et autres Manouches) sont pourtant, comme les commerçants forains, majoritairement des Français, parfois même depuis plus de 400 ans. Mais les nomades ont toujours eu mauvaise presse chez les sédentaires. Ce sont des cibles faciles. Quel merveilleux prétexte pour les montrer du doigt, tous ensemble, que la bonne occasion offerte par la violence imbécile de quelques-uns d’entre eux (d’ailleurs sédentarisés), motivée par la mort d’un des leurs, présenté comme un délinquant. Donc indéfendable. Tant pis, si les Roms (ceux de Roumanie) n’y sont pour rien. Ils sont étrangers et ils puent. A croire que Sarkosy a gardé de ses origines hongroises la haute opinion que les gens du coin (Roumanie, Hongrie, Bulgarie) professent de cette minorité, indésirable depuis la nuit des temps et souvent persécutée comme telle. Pour les autres, on instille ce poison qui fait d’eux des Français de seconde main, par nature nuisibles. On justifie donc le refus de certaines municipalités de les accueillir, comme la loi l’exige pourtant de celles de plus de 5000 habitants. Ou bien, quand elles veulent bien créer les aires d’accueil, le fait de les aménager loin de la ville ou près de la déchetterie ! Parfois les deux.

Stigmatisation des étrangers auxquels on attribue la responsabilité de la délinquance. Là encore, suite aux émeutes de Grenoble générées par la mort d’un braqueur. Autres violences imbéciles avec tirs à balles réelles sur la police. Indéfendable. Inadmissible.
C’est pourtant évident, à écouter les déclarations imbéciles du ravi de Nice : il n’y a pas de délinquant français. Forcément, s’il y a des délinquants, c’est donc qu’ils sont étrangers et qu’ils viennent piller le butin des délinquants vrais français. Mais s’ils sont Français, c’est que ça doit pas faire longtemps. Donc ils sont pas encore vraiment Français. Bref, c’est compliqué ! D’ailleurs, il n’y a qu’à demander aux immigrants italiens ou polonais du début du XXième siècle. Y avait pas pire comme délinquants. Y en avait plein les prisons. C’est bien un signe, ça, que les étrangers sont nuisibles. D’ailleurs, qu’ils soient Tziganes ou Arabes, ils roulent tous avec des grosses bagnoles. Ça aussi, c’est un signe. Quand on a pas la peau claire et le bon vieux type aryen, on n’a rien à faire au volant d’une Audi ou d’une Béhème. Et ne venez surtout pas parler de crise, d’exclusion et de toutes ces conneries. Ça n’a rien à voir. C’est gens-là sont mauvais et pis c’est tout !

Il y a dans l’actuelle majorité, hélas, tout un courant qui s’abreuve à la politique glorieuse menée jadis par Pétain et le gouvernement de Vichy. Le seul d’ailleurs à avoir instauré de façon systématique la déchéance de nationalité : à l’égard des Juifs. Certes, aujourd’hui, il n’y a ni étoile jaune ni camps d’extermination à la clé mais l’idée de diviser les Français sur la base d’un mérite illusoire et de leurs origines est tout simplement répugnante et indigne.

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Ca fait peur !

Ce ne sont pas les dernières déclarations évidemment fielleuses et pitoyable du pitbull Lefèbvre, à l’endroit de Michel Rocard et de quelques autres personnalités, qui y changeront quelque chose : Sarkosy et ses sbires sont dangereux. Pour préserver, espèrent-ils, le pouvoir qu’ils ont acquis des urnes, ils ouvrent la boite de Pandore au risque de faire exploser la société française. Mais qu’importe ! Cela leur donnera l’occasion d’accentuer leur répression. Un bon Français est un Français qui ferme sa gueule et se laisse manger la laine sur le dos.
Mais eux, ils ne nous respectent pas. Ils ne respectent ni la France ni les Français. Seuls leurs intérêts immédiats comptent. S’il y a une faute lourde, comme le prétend l’autre demeuré, c’est bien la leur : ils déshonorent ce pays et méprisent ses citoyens tout en les asservissant aux intérêts particuliers de leurs amis. C’est petit. C’est indigne. Et c’est peut-être ça la déchéance. Celle d’une nation toute entière à la merci de quelques tristes sires.

Putain, encore deux ans ! Ça va être long !

Vos commentaires

  • ydikoi
    Le 11/08/10

    tu as écrit ton billet un chouilla trop tôt, puisque ce matin, hortefeux récidivait et confirmait sa lecture très personnelle du droit français, en réaffirmant la "présomption de culpabilité" (dans le figaro, je crois bien).

    et puis, puisque tu ne touittes pas, tu auras laissé passer cette perle : http://twitter.com/Maitre_Eolas/status/20798319374, confirmée par le même : http://twitter.com/Maitre_Eolas/status/20799472550

    drôle de société, décidemment

  • @Ficanas84
    Le 11/08/10

    Pour Hortefeux le Simple, j’ai vu ça sur LeMonde.fr.

    Pour Maitre Eolas, j’ai pas bien compris la succession de messages, pardon, de touites. Par contre, j’ai bien compris que la justice en Sarkosye était une vraie merde. C’est d’ailleurs Maitre Eolas qui me l’a enseigné personnellement sur son blogue.

    Et décidément non : cette société n’est pas drôle !

  • ydikoi
    Le 11/08/10

    Eolas twittait en direct du tribunal, un des dossiers passé avant le sien concernait ce français menacé d’expulsion … "erreur du parquet"

  • Dge
    Le 14/08/10

    Ce qui demeure étonnant est qu’il soit toujours malvenu de mettre un nom ou un visage ou de désigner une ville, un quartier responsable d’un délit...
    En restant sur le terrain, je dirais que j’ai grandi avec l’immigration portuguaise et "on se foutait sur la gueule joyeusement", mais, et c’est à mon sens aussi pour cela que l’on a du mal avec l’immigration musulmane, on se retrouvait dans un lieu commun au moins une fois par semaine, à savoir, la messe du samedi après’m !
    Ainsi petit à petit on a laissé nos cailloux de coté en se prêtant nos vélos ; bref on s’est causé mais il a fallu une amorce..J’ai peur que cette amorce piétine à etre trouver.
    Je déplore cette situation sociale mais j’évite moi citoyen, de désigner un"bouc émissaire" responsable de "tout" ; comme cela est pratiqué par notre gouvernement et peut etre comprendre qu’il n’y a malheureusement pas de solution visible à l’horizon...
    Enfin peut etre avez vous raison "Ils" sont responsable de l’ambiance générale
    mais j’y crois pas, l’affaire semble plus complexe, l’individualité citoyenne (?) et sectarisme communautaire...

  • loup garou
    Le 15/08/10

    j’ai grandi dans une cité au milieu des portos, youpins, espingouins, yougo, ritals, crouilles et tout autres noms d’oiseaux.
    tous les soirs d’été, les parents descendaient jouer au boules sur le terrain au milieu de la cité et tout le monde surveillait tout le monde.
    le garde champêtre, quand nous faisions une bêtises nous ramenait a la maison par une oreille et a coups de pied dans le cul. et en rentrant on se prenait une trampe en plus.

    maintenant, les parents sont devant la télé, les enfants sont devant la télé, et quand un condé t’en ramène un tu essaies de mettre une trampe au condé....

    tout se perd ma bonne dame....

    mébon, faudrait arrêter de demander au instit et au policier de faire l’éducation de nos enfants.
    les instits sont la pour enseigner, les policiers pour réprimer. les parents pour éduquer. si personne ne remplis sont rôle, on ouvre des boulevards à Brice, Marine et Nicolas.

  • @Ficanas84
    Le 17/08/10

    Je ne suis pas assez calé en sociologie ou en ethnologie pour discerner à coup sûr les raisons qui pourraient expliquer les conflits entre gens d’origines différentes ni les comportements délictueux. L’Histoire est certainement aussi une matière pertinente pour en expliquer certains. Il reste toujours des traces plus ou moins conscientes, en chacun de nous, d’événements passés qui influencent encore nos perceptions actuelles, même si nous n’en avons jamais été les acteurs.

    J’ai, moi aussi, grandi auprès d’immigrants espagnols ou italiens ou autres. Pas très original, même dans un petit village où venaient beaucoup de travailleurs agricoles saisonniers. Et donc, les problèmes de voisinage étaient légion. Mon père nous racontait aussi quelques fois les « batailles rangées » entre les enfants de mineurs français et ceux des immigrants polonais dans son Nord natal. Pour finir, en fin de compte, sous les mêmes balles allemandes lorsque tous ces « voyous », français et polonais, allaient titiller l’occupant d’un peu trop près. Tous étaient à la même enseigne face à l’envahisseur. Bien souvent, c’est vrai, le respect, voire l’amitié, viennent après la provocation, la fanfaronnade et les ecchymoses.

    Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a pas de problèmes de violence et de délinquance, évidemment, ni que ces phénomènes ne se concentrent pas davantage en certains lieux plutôt que dans d’autres. Mais, je pense, du moins, que ces lieux et leurs populations ont souvent des points communs : la pauvreté, le chômage et l’exclusion. C’est rarement en ces lieux que viennent s’installer les élites étrangères, le plus souvent occidentalisées, d’ailleurs. Les immigrants y viennent avec les lambeaux de leur pays et les bribes de leur culture qu’ils essaient de faire perdurer pour ne pas perdre ce qu’il leur reste d’identité propre. Que cela ne facilite pas la vie entre voisins est certainement vrai mais ce qui différencie notablement les immigrations italiennes, portugaises, espagnoles ou polonaises de celles des africains du nord et d’ailleurs, c’est que ces derniers proviennent d’anciennes colonies avec tout ce que cela suppose de préjugés accumulés après des siècles de colonisation. Des deux côté, d’ailleurs.

    La religion joue peut-être aussi un rôle. Elle ne facilite pas les échanges, sans doute, et renforce encore les préjugés.

    La carence des parents en termes d’éducation des enfants n’est pas à mon avis un élément déterminant. Les immigrants italiens ne versaient pas toujours dans le laxisme à l’égard de leurs enfants, ce qui n’empêchaient pas ces derniers de peupler les prisons marseillaises. Et cela ne concerne d’ailleurs pas seulement des familles d’origine étrangère ou tziganes.

    Quoi qu’il en soit, et quand bien même toutes ces parcelles de vérité se juxtaposeraient pour donner l’image d’un monde infernal, on ne joue pas avec les principes du pacte républicain. Même si certains s’en affranchissent, ce n’est pas dans leurs origines que l’on doit chercher les raisons de leur délinquance. Et s’ils sont délinquants, l’arsenal législatif est amplement suffisant pour les réprimer. Un Français délinquant reste un Français et sera puni par la loi républicaine.

    S’attaquer aux fonctionnaires de l’Etat, gendarmes, policiers, enseignants ou autres, est inadmissible. Mais couvrir les dérapages de certains membres des forces de l’ordre, voire même les susciter par des dispositions imbéciles, n’est pas plus acceptable. Laisser ses enfants divaguer n’est pas le meilleur moyen de les éduquer mais foutre en taule les parents de ces enfants ou les priver des prestations sociales n’est certainement pas le meilleur moyen de les aider à changer de méthode. Et ce n’est pas parce que mon cousin est un voyou que toute ma famille doit être montrée du doigt.

    Ce n’est pas par la vindicte qu’on assurera notre sécurité mais par l’humanité et la fermeté y compris dans le respect de nos valeurs communes. On peut gloser tant et plus sur les choix de notre personnel politique. C’est normal. C’est le débat démocratique. Ce qui est inexcusable, c’est de verser dans le populisme et vouloir dresser les citoyens les uns contre les autres en se servant des écarts de quelques-uns pour stigmatiser des groupes entiers. Et surtout pour allumer des contre-feux pour détourner l’attention de problèmes encore bien plus aigus ou tout aussi peu reluisants.

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