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[Blogue] Allez les Bleus (version...bleue) !

lundi 21 juin 2010

On ne tire pas sur une ambulance, dit-on. Et on a bien raison.

Bien sûr, le spectacle donné par l’équipe de France de football et son entourage n’a pas vraiment de quoi nous réjouir, qu’on aime ce sport ou pas. Encore que, dans ce dernier cas, la raillerie serait à peu près compréhensible si, toute tentation chauvine mise à part, elle n’éclaboussait indirectement ceux de nos concitoyens qui, sans verser dans les excès auxquels il nous est donné d’assister trop souvent, se contentent d’y puiser un plaisir simple et sans prétention. Le football est le sport populaire par excellence et l’équipe de France se devrait d’être un modèle.

Certes, on le sait depuis quelques années, la génération actuelle de footballeurs « de haut niveau » qui a constitué les différentes versions de cette équipe de France, ressemble à beaucoup de choses, peut-être même à une armée mexicaine, mais assez peu à une équipe qui aurait la prétention de jouer les premiers rôles. Le problème, évidemment, c’est qu’après sa déculottée face au Mexique, justement, il vaudrait mieux réviser son répertoire de railleries de journalistes sportifs.
Aye ! Aye ! Aye ! Caramba ! Que viva Mexico !

Ce n’est pas nouveau : il y a en France quasiment autant de sélectionneurs que de supporteurs des Bleus et aucun sélectionneur en titre n’a échappé aux critiques enflammées, surtout lorsque l’équipe de France ne faisait pas montre d’une inspiration digne des dieux de l’Olympe. Même Aymé Jacquet s’est retrouvé quelques fois cloué au pilori jusqu’à ce que son équipe décroche la couronne mondiale. Depuis, lui et ses protégés sont des références même pour vendre des lunettes de vue ou des assurances obsèques. C’est dire !

Les oiseaux de mauvais augure, en raison même de leur constance méritoire dans l’annonce des catastrophes à venir, ont forcément raison un jour. Ce jour est donc arrivé pour Raymond Doménech et les Bleus. Oublié l’exploit inespéré de 2006, place à la curée.

Il est vrai que le premier doit avoir un don particulier pour se rendre antipathique et les seconds celui de pouvoir s’endormir eux-mêmes à défaut de leurs adversaires. Il y a belle lurette que cette équipe ne fait plus rêver grand monde. C’est une chose d’avoir des joueurs de talent, et même parfois de grand talent, qui font les beaux jours de grands clubs étrangers (le plus souvent), c’en est une autre que de trouver l’alchimie qui fait les équipes de génie. La nôtre n’est que la juxtaposition de joueurs plus ou moins doués pour jouer au ballon mais... pas ensemble.

En définitive, nous espérons une équipe de rois, dominatrice, impressionnante et talentueuse, capable de venir à bout de n’importe quel adversaire et nous n’avons qu’un ensemble plutôt médiocre qui ne fait peur qu’à lui-même et à ses supporteurs.

Peut-être est-ce là le résultat d’un système où de jeunes gens un peu doués se retrouvent portés au pinacle, avec des revenus mirobolants, alors qu’ils sont incapables de penser aux autres ; des enfants gâtés sans conscience collective.

Pourtant, cette Coupe du Monde ne semble pas être d’un niveau exceptionnel. Ne seraient les comportements ridicules de notre équipe et de certains de ses joueurs, sélectionneur compris, elle ne détonnerait pas dans une compétition où à peu près tous les supposés ténors prennent l’eau, chacun à leur tour. Notre équipe est certainement mauvaise mais finalement guère plus que les autres favorites. N’est-ce pas messieurs les Italiens ?
Amélioration du niveau général ? Usure des équipes nationales habituées à jouer les premiers rôles et soumises à la loi des clubs ? Sûrement un peu de tout cela.

Reste que porter le maillot national n’est pas une simple formalité. C’est un honneur dont il faut se montrer digne car il n’est pas donné à tout le monde de le revêtir. Combien de joueurs amateurs ou de petits clubs professionnels se sentiraient pousser des ailes si, une seule fois dans leur vie, ils pouvaient porter le maillot tricolore ? Alors, quand on a ce privilège, il serait indigne de tomber sans se battre vraiment.

Il paraît que les équipes de France ne sont jamais meilleures que lorsqu’elles ne sont pas favorites, qu’elles sont au pied du mur. C’est vrai aussi en rugby. Parfois. Souvent, disons. On garde aussi le souvenir de ces Bleus qui chutaient à deux doigts du podium après des parcours de légende. Pour un peu, on chérirait davantage les rêves qu’ils nous ont fait miroiter que ce fameux trophée de 1998. C’est que ces aventures-là sont restées exemplaires et ont écrit les grandes heures du sport français.

Alors, aujourd’hui, il semble bien que l’équipe de France ne puisse descendre encore plus bas qu’elle n’est déjà. Du moins, on espère que ces joueurs ne seront pas tentés de prouver le contraire. Elle n’a donc pas d’autre solution, pour laver l’affront qu’elle s’est infligée à elle-même et à nous-mêmes, que de produire un match de rêve. Éliminée ou pas, l’heure est venue de sortir le grand jeu et d’être plus, bien plus, que la somme de onze talents individuels : une équipe enfin !

Allez les Bleus !

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