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[Blogue] Allez les Bleus (version US)

Avatar

mardi 2 février 2010

Déjà, une planète avec un nom pareil, Pandora, personnellement, je me serais méfié. Normalement, tu devrais te demander ce qu’il va te tomber sur le coin de la trogne. Mais bon ! On peut pas être un salaud de méchant et connaître la mythologie, pas vrai ? Sinon, il n’y aurait plus de film.

Ensuite, l’histoire : plutôt une resucée d’un autre mythe, celui du bon sauvage. Les Amérindiens de « Danse avec les loups », « Little Big Man », « le soldat bleu », etc. Des gens formidables qui vivent en totale harmonie avec la nature, se baignent dans des rivières cristallines, font mumuse avec des sortes de ptérodactyles hyper-cool, montent sur des canassons qui boivent le nectar des fleurs, communiquent avec les bestioles et les arbres grâce à une sorte de câble USB qu’ils ont dans les cheveux, et tout et tout. Sauf que là, ils sont bleus et mesurent 3 mètres de haut. De quoi apprendre la modestie même à une tige de 190 cm, hauteur déjà respectable chez les sapiens. Ça, c’est les gentils.

Les méchants, ils sont super-graves méchants. Et plus ils sont galonnés, plus ils sont méchants et bornés. Vous imaginez le colonel : l’ordure intégrale. Les autres bidasses, c’est du tout-venant de l’imagerie militaire commune : un cerveau au stade végétatif pour ce qui est de réfléchir par soi-même mais super dégourdis pour ce qui est d’appuyer sur une détente. Pas un fond trop méchant mais bien cons quand même. A quelques exceptions près, bien sûr. Ça roule des mécaniques en riant grassement, ce qui est un signe précurseur de la branlée finale.

Après, il y a le représentant des « actionnaires ». Le genre con borné, lui aussi, bien sûr, digne d’être embauché chez les Marines mais qui a choisi la carrière du gestionnaire. Moins risqué. Avec sa fameuse tirade : « Les actionnaires, ce qu’ils craignent encore plus qu’une mauvaise campagne de presse, c’est un bilan négatif ». Oulà ! On donne dans la subversion et la dénonciation du capitalisme, là ! Si avec des raisonnements pareils, on n’a pas envie de le voir scalpé par les gentils Bleus, comme son copain colonel...

Il y a aussi les doux rêveurs, embauchés pour comprendre les Bleus, subjugués par ce peuple et qui peu à peu prennent fait et cause pour lui. Réglé comme du papier à musique. Là, on trouve Sigourney Weaver, la même que dans la tétralogie « Alien » mais plutôt genre « Gorilles dans la brume ». C’est à dire un microscope à la place de la sulfateuse.

Et puis, il y a le héros, arrivé là un peu par erreur comme sous-Marines, vu qu’il est paraplégique, et qui finit comme chef de guerre des Bleus avec l’aide des rêveurs.

Donc, un scénario quand même plus que prévisible.

Mais il y a les images. Superbes. Des paysages d’une beauté extraordinaire. Les Na’vi (les Bleus), longilignes, graciles, très beaux, eux aussi. Et puis la 3D qui offre une incroyable impression de profondeur, de relief, de réalité alors que tout cela n’est « que » de l’image de synthèse. Le film, c’est d’abord cette succession d’effets spéciaux qui nous conduisent dans un rêve éveillé.

James Cameron disait, lors de sa tournée promotionnelle, que le cinéma devait redevenir un spectacle destiné à faire rêver les spectateurs. Ou quelque chose d’approchant. C’est indéniablement le cas d’« Avatar ». Mission accomplie. Ce film est un pur joyau.

Et le rêve, finalement, il est double : c’est aussi cette idée de pouvoir changer de corps pour s’adapter à l’atmosphère de la planète et approcher les autochtones, qui sont du genre méfiants. J’y vois aussi comme une allégorie : l’invalide qui redevient valide grâce à cet autre corps, cet avatar, et se reconstruit une nouvelle destinée. N’est-ce pas le rêve de tout handicapé que de retrouver l’intégralité de ses fonctions pour revivre « normalement », comme les autres ?

Bref, voilà un excellent divertissement, fort bien réalisé, un beau film d’aventure (dommage qu’il faille toujours des images de guerre et de mort) et d’amour. La fin est l’aboutissement du rêve, à la limite du surnaturel mais on se dit que c’est aussi bien. Parce qu’on voudrait qu’il en soit ainsi pour tous ceux dont le corps n’a pas toutes ses capacités. Si seulement c’était possible...

Alors, si ce n’est déjà fait, allez voir Avatar. Ce film mérite son succès et ça vaut vraiment le coup de faire la queue.

Et pis c’est tout !

Vos commentaires

  • Frédéric
    Le 03/02/10

    Moi tout pareil que Marco, au final j’ai quand même bien aimé, au point d’en décliner un jeu de rôle pour permettre d’explorer un peu plus le monde de Pandora… Cela dit j’ai de grosses réserves sur la 3D. Je l’ai vu une première fois à Paris en VO, dans une très grande salle, en 2D : soufflé par la beauté des couleurs et des images. De retour en province, j’y retourne avec mes proches… déjà, que VF évidemment, on a même fait la route exprès pour aller dans une autre ville où il était censé être projeté correctement, mais c’était un bug du programme – heureusement, les dialogues n’ont rien d’exceptionnel, ce qui limite un peu la casse. Du coup on l’a quand même vu en 3D. Je fais peut-être partie des 10% de la population qui a du mal avec la stéréoscopie (encore que je l’ai pratiquée un peu quand j’étais apprenti photographe), mais surtout, en comparaison des images 2D, c’était d’un terne ! Où étaient ces belles couleurs, la liberté de poser son regard où on veut, la lumière extraordinaire de Pandora ? Du coup j’ai passé la moitié du film sans les lunettes, préférant voir flou mais beau, c’est un comble !
    Tout le monde s’extasie sur la 3D, nouvelle révolution, bla bla, pour moi c’est encore loin d’être mûr. Peut-être quand ce sera de la vraie 3D, mais pour l’instant la simple stéréoscopie ne me convient pas. Ce qui était le mieux fait, c’était la pub pour les bonbons avant le film… Bref, je recommande aussi chaudement d’aller voir Avatar, mais pas forcément en relief.

  • France
    Le 25/02/10

    J’ai adoré aussi. Juste regretté que les bleus et leurs animaux de compagnie ressemblent finalement à ce qu’on trouve chez nous. Mais des gros vers cramoisis ou des silhouettes à la Barbapapa, ça l’aurait moins fait, forcément... fallait qu’on les trouve séduisants quand même...

    Cependant, en ce qui concerne les paysages, la flore, les îles flottantes, ça, c’est très réussi : plein de couleurs, des formes inédites, beaucoup d’imagination et ça contribue au rêve et à l’impression de jamais vu.

    Paraît que la destruction de l’arbre maison est une allégorie de l’attaque des tours jumelles... ça m’a pas frappé mais si c’est le réalisateur qui le dit, wy not.

    Le 3D, moi, ça m’a bluffé. Mais je sors pas beaucoup, j’ai dû voir un film en 3D y a quelques lustres alors forcément, j’ai trouvé ça top.
    A voir et même à revoir une fois...

    Et pis c’est tout. Donc.

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