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[Blogue] J’ai testé pour vous : le téléphone au volant.

vendredi 24 juillet 2009

Je dispose depuis 2 semaines de nouvelles prothèses auditives. Si !
Jusque-là, je sais que personne n’en n’a rien à faire si ce n’est l’infime espoir que je les comprenne mieux du premier coup afin de leur éviter de fastidieuses répétitions. Merci, ça fait plaisir de se savoir soutenu !

Alors, il est vrai que ces nouveaux appareils améliorent sensiblement mes performances auditives mais c’est pas non plus la panacée et pour les redites va falloir vous faire une raison : c’est pas demain la veille que je vous les épargnerai. Gniark !

Non. L’un des intérêts de ces nouveaux trucs, c’est que grâce à des interfaces ad hoc, je peux les accorder avec différents appareils. Par exemple, je peux leur associer des récepteurs FM afin de bénéficier des boucles magnétiques qu’on trouve maintenant dans certains cinémas et qui permettent de recevoir le son du film directement dans les prothèses. Je ne les ai pas encore mais c’est la deuxième fois en quinze jours que je vais au ciné — ce qui ne m’était pas arrivé depuis au moins 6 ou 7 ans — et je dois dire que si je comprends mieux les dialogues, je pense que ces accessoires me seront très utiles.
Grâce à une interface « bluetooth », je peux les accorder à un émetteur du même métal que je peux relier indifféremment à ma chaine hifi, passablement poussiéreuse, vous vous en doutez, ou à mon décodeur satellite ou encore à mon lecteur dvd.

Si ça change la vie ? Euh, je mentirais si je répondais non. C’est tout bonnement extraordinaire même si, évidemment, ce n’est pas parfait, parfait. Mais, putain, j’en pleurerais tellement c’est bon !

Mais trêve de flux lacrymal !

Je peux aussi accorder cette interface à mes téléphones cellulaires. Et ça aussi, c’est un progrès considérable. Mais stop ! Inutile de vous précipiter sur votre gms ou iphone ou je ne sais trop quoi pour m’appeler et vérifier, je reste un usager très modéré de ces machins qui ne me semblent toujours pas aussi indispensables. Tout juste bien commodes quand ils sont nécessaires.
Mais je plaisante : appelez-moi, ça me fera toujours plus plaisir si c’est vous que mon chef ! Et puis maintenant que je peux répondre dans la plupart des cas, plutôt que de rappeler après avoir pris connaissance de votre message, mon forfait ne s’en portera que mieux. Bah oui !

Or donc, hier matin, j’avais dû mettre en route le binz afin de rappeler un client dès le saut du lit. Je sais que ça impressionnera certains, cette conscience professionnelle, mais c’est véridique. Pourtant, je me soigne, mais bon.
Dans la foulée, j’ai pris ma caisse pour aller bosser, le système toujours en fonction, ce qui n’était pas vraiment délibéré. Juste un oubli. Car le téléphone au volant, pour moi, c’est comme la religion : une grosse connerie.

Ben, je confirme ! Mon téléphone (pro) peut rester des heures sans sonner mais pour une raison que j’ignore, il va le faire quasi-systématiquement quand je me douche ou mange ou suis en train de chier (pardon pour cette précision mais mes selles sont belles, merci) ou, évidemment, en voiture (ou à moto). Et là, ça n’a pas raté.
J’ai hésité. Je le redis, téléphoner en conduisant me paraît être un manque total de respect envers les autres usagers par le risque que l’on prend. Mais tout de même, j’ai voulu vérifier et j’ai donc décroché.

Une fois la conversation terminée, j’ai analysé mon comportement. Mon cerveau s’est mis en mode veille automatique [1]. J’ai dû parcourir un à deux kilomètres en ligne droite, traversant une zone d’activité, donc très fréquentée. Je ne me souviens de rien sauf d’avoir aperçu, à un moment donné, une voiture, venant en sens inverse, s’apprêtant à faire un tourne-à-gauche sur la voie centrale. D’ordinaire, je lève le pied en pareil cas. On sait jamais. Là, rien ! Je n’ai même pas interprété le danger éventuel.

Alors, je sais bien ce qu’on va me dire : c’est peu comme expérience pour se faire une opinion. C’est vrai. Les plus charitables me gratifieront d’appréciations pas très amènes sur mes facultés mentales qui font que mon cas est sans doute désespérant et même désespéré. Les habitués de l’exercice me diront que je suis un ayatollah car, eux, n’ont jamais eu de problèmes.
Tout cela est sans doute vrai. Et je n’ai pas eu de problème non plus. Mais je pense que je le dois au fait que d’autres ont été plus attentifs que moi. Et je pense que c’est généralement le cas. Ceux qui pratiquent ce genre de chose ne peuvent se donner bonne conscience et nier la dangerosité du procédé que parce que les autres usagers apportent à la route l’attention qu’eux-mêmes ne lui accordent pas. Il suffirait qu’ils tombent sur une personne un peu trop jalouse de sa priorité ou trop pressée, pour que la cata passe à deux doigts... Ou pas !

J’admets volontiers que cette « expérience » est imbécile. J’ai longtemps fondé mon allergie au téléphone en conduisant sur le simple bon sens, sur cette conviction que quand on conduit on se doit de rester vigilant en toute circonstance — si ce n’est pour soi, au moins pour les autres — mais aussi sur l’observation du comportement désordonné de ceux qui le pratiquent. Je sais maintenant que, téléphone tenu à la main ou « kit main libre », téléphoner est un risque important. Je frémis d’autant plus lorsque je vois des motards ou des scootards le faire. C’est de la pure inconscience.

Mais quand je vois le nombre de gens qui téléphonent au volant de leur voiture, je me dis qu’il y a encore du boulot pour éradiquer la connerie.

Notes

[1Je prierais mes honorables lecteurs de m’épargner leurs grasses plaisanteries de café du commerce sur l’aspect pérenne de ce mode dans mon fonctionnement cérébral. D’avance merci.

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